Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Современная русская и зарубежная проза » Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

Электронная книга - «Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi». Краткое содержание книги:

Hortense est à Londres et c'est toujours hyper compliqué entre elle et Gary.
Mais dans le monde de la mode, elle se débrouille pour avancer.
Hortense n'a aucun scrupule, a un but, et y arrive systématiquement.
Et puis Gary est assez sexy avec sa musique et sa détermination.
Joséphine est à Paris.
Elle fait la bonne mère de famille, soutient son HDR, peine à se remettre à l'écriture...
Et a une vie sentimentale proche du néant.
Zoé, la petite dernière, grandit et s'épanouit tandis que Shirley, outre Manche, se sent vieille, inutile et refuse d'aimer.
Philippe et Alexandre sont aussi à Londres et méditent sur la vacuité de l'existence.
Marcel et Josiane cohabitent avec un surdoué, c'est pas évident mais assez marrant.
Et la méchante Henriette est maintenue en vie par son avarice et sa perversité.
1 ... 56 57 58 59 60 61 62 63 64 ... 205
Перейти на страницу:

— Josiane ? C’est Joséphine…

— Salut Jo ! Je suis en cuisine…

— Je te dérange ?

— Non, mais sois rapide… Ma sauce est sur le point de tourner. Vous venez toujours ? Ne me dis pas que vous annulez ?

— Non, non, on vient. Ce n’est pas pour ça que je t’appelais…

— Il est arrivé un malheur aux filles ?

— Mais non… C’est juste que je voulais t’entretenir de quelque chose dont je ne pourrai pas te parler tout à l’heure devant tout le monde…

— Alors, attends, je baisse mon feu…

Josiane mit le feu tout doux, tout doux et reprit l’appareil. Elle se cala les hanches contre le plan de travail et écouta.

— Voilà…, commença Joséphine, hier, dans le journal, à la rubrique « Personnalités de demain », j’ai lu l’histoire de deux enfants hyper-doués comme Junior…

— Comme Junior ? Tout pareil ?

— Tout pareil. L’un, c’est un garçon. Il habite Singapour et, depuis l’âge de neuf ans, il crée des logiciels pour iPhone, des logiciels hypercompliqués que personne n’a inventés avant lui… Il paraît qu’à deux ans, il était déjà imbattable en informatique et il connaissait toutes les bases de la programmation. Il parle six langues et il continue de mettre au point des dizaines de jeux, d’applications, d’animations qu’il propose ensuite aux gens d’Apple…

— Pas possible !

— Et l’autre, Josiane, écoute, l’autre… c’est une petite fille qui a publié son premier livre à sept ans, trois cents pages de nouvelles, de poèmes, de considérations personnelles sur le monde, la politique, la religion, les médias. Elle tape quatre-vingts à cent douze mots-minute, elle lit deux à trois livres par jour et enseigne la littérature… Tu m’entends, ma Josiane, elle donne des cours de littérature, des conférences destinées aux adultes moyennant trois cents dollars les cinquante minutes ! Son père a construit un studio dans la cave de leur maison où elle enregistre des émissions qui sont ensuite vendues à des chaînes de télé locales. Elle vit en Amérique. Le père est ingénieur, la mère, qui a grandi en Chine pendant la révolution culturelle, a été vaccinée contre toute forme d’apprentissage en groupe et fait elle-même la classe à sa fille. Elle assure que ce n’est pas elle qui pousse sa fille, mais la gamine qui choisit de travailler chaque soir jusqu’à minuit ! Tu te rends compte ? Ça veut dire que tu n’es pas la seule à avoir enfanté un génie ! Pas la seule ! Ça change tout…

— T’as lu tout ça où ? demanda Josiane qui soupçonnait Joséphine de lui raconter de beaux mensonges en ce jour de Noël.

— Dans Courrier International… C’est Hortense. Elle achète tous les journaux en quête d’une idée pour ses vitrines. Les vitrines de chez Harrods… T’es pas au courant ? Je te raconterai… Il est encore dans les kiosques. Cours l’acheter, découpe l’article et arrête d’angoisser. Ton Junior, il est juste dans la moyenne des petits génies. Il est normal !

— Oh ! ma Jo ! Si tu savais l’espoir que tu me donnes. Que tu es bonne ! J’en suis toute gélifiée…

Josiane et Joséphine étaient devenues très proches depuis la mort d’Iris. Joséphine venait suivre des cours de cuisine chez les Grobz. Elle apprenait à faire des madeleines au citron et au chocolat, un lapin chasseur, un tajine aux pruneaux, des œufs en neige, des fondues de carottes et de poireaux, des cakes salés, des cakes sucrés, des pâtés en croûte et des terrines d’avocat aux crevettes. Parfois, Zoé l’accompagnait et prenait des notes dans son cahier noir. Josiane avait su trouver les mots pour apaiser Joséphine. Elle la serrait contre son cœur, l’installait sur son ample poitrine et la berçait en caressant ses cheveux. Joséphine s’alanguissait et l’entendait dire ça va passer, ma Jo, ça va passer, elle est mieux là où elle est, tu sais, elle ne se supportait plus, c’est elle qui a choisi sa fin, elle est morte heureuse… Joséphine relevait le nez et marmonnait, c’est comme si j’avais une maman, dis, c’est comme ça une maman ? Dis pas de bêtises, bougonnait Josiane, t’es pas ma fille et pis, de maman, moi non plus, j’en ai pas plus eu que de beurre en branche ! Elle lui caressait le front, inventait des petits mots doux, des mots rigolos qui tournoyaient comme des diabolos et Joséphine finissait par hoqueter de rire entre les seins plantureux de Josiane.

— Merci, Jo, merci ! Tu m’enlèves un pieu du cœur… Je recommençais à me siphonner en songeant à Junior… Tu sais pas la dernière ? Il a appris à lire tout seul, il me récite La Bruyère et révise la théorie du temps ! J’en ai un frigo dans le dos…

— Si ça se trouve, vous êtes nombreux à avoir des enfants géniaux… Si ça se trouve, y en a plein dans le monde, mais on les cache parce que, comme toi, les parents ont peur qu’on leur fasse du mal. C’est une nouvelle race d’enfants. Ils ont été programmés pour éclairer le monde… Ce sont nos sauveurs !

— Tu es gentille ! répétait Josiane en laissant couler toutes ses larmes, larmes de joie, larmes de soulagement, larmes d’espoir à l’idée que son petit puisse être normal.

Oh ! pas normal comme tous les autres, mais normal comme une poignée d’autres. Des enfants qu’on ne montre pas du doigt, mais sur lesquels on écrit des articles élogieux dans les journaux.

— Il faut t’y faire, ton enfant n’est pas exceptionnel…

— C’est que c’est dur, tu sais. Je ne me sens plus jamais en sécurité. J’ai peur du regard des autres. Peur qu’on le repère dans l’autobus, peur qu’on me l’enlève pour programmer des ordinateurs, des fusées nucléaires, des guerres chimiques, des attaques balistiques. L’autre jour, dans le métro, il dessinait des portées de solfège et chantonnait en écrivant ses notes. Y a une dame qui a murmuré à son mari vise le gosse, il recopie la Petite Musique de nuit ! Elle devait être prof de musique et elle avait reconnu la partition. Le type lui a répondu en tordant sa bouche pour que je l’entende pas mais t’as raison… doit pas être normal. On s’est dépêchés de descendre et on a fini à pied…

— Tu as eu tort ! Tu aurais dû relever le menton et le brandir comme un trophée. C’est ce qu’aurait fait le père de Mozart ! Tu crois qu’il avait honte de son fils, lui ? Non ! Il le produisait dans toutes les cours d’Europe à quatre ans !

— Ben… va falloir qu’il me souffle du courage, parce que je hisse pas les couleurs !

Elle raccrocha, soulagée et heureuse. Revint surveiller ses casseroles d’un sourcil épilé, mais sûr. Junior était normal, Junior était normal, il avait plein de copains à l’autre bout du monde. Pas très pratique pour les goûters d’enfants, mais bon à se mettre sous la dent quand elle aurait une nouvelle crise d’angoisse…

— Et maintenant, mon fils, nous allons choisir les cadeaux de nos invités, déclara Marcel en sortant de la cave, les bras chargés de bouteilles gouleyantes. J’ai fait un premier tri parmi les bijoux que je réserve à ces dames et j’ai une belle montre pour Gary, Englishman que nous allons recevoir à notre table.

— J’aime bien Gary, déclara Junior en admirant l’éclat de ses mocassins, il est élégant, beau et semble l’ignorer. Toutes les filles doivent être folles de lui. Parfois, papa, j’aimerais être moins dégourdi du cerveau et plus charmant de visage. Le marchand de journaux m’appelle le Peau-Rouge, ça me chagrine…

1 ... 56 57 58 59 60 61 62 63 64 ... 205
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)