Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Gainsbourg à rebours - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Gainsbourg à rebours

Электронная книга - «Gainsbourg à rebours». Краткое содержание книги:

Derrière l’interprète de Je t’aime… Moi non plus, qui fit scandale et conquit la planète en 1969, se cache un Gainsbourg plus secret. C’est l’homme intime que révèle Franck Maubert, son histoire et ses goûts. Si, pour Serge Gainsbourg, il y avait les arts majeurs et les arts mineurs, il ne s’est illustré, à son grand regret, que dans la chanson. Il s’ouvrait peu sur son destin de peintre contrarié, qui a persévéré dans cette voie jusqu’en 1957, année où Boris Vian lance sa carrière.
Son admiration pour les chefs-d’œuvre des maîtres suscite l’intérêt d’un jeune critique d’art, Franck Maubert. Leur rencontre les lie en 1985. Gainsbourg a trouvé à qui parler peinture, dandysme, esthétique. Ensemble ils passeront des journées chez lui, rue de Verneuil, visiteront le Louvre, feront la tournée des grands ducs… Ce livre retrace le parcours d’un artiste hors norme, qui a traversé non seulement la chanson, mais aussi l’écriture, la photographie, le cinéma. Il montre la force d’un créateur et d’un poète qui a marqué son époque et influence encore, loin des clichés, la musique d’aujourd’hui.
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ... 19
Перейти на страницу:
Sous le soleil duraille Les souvenirs m’assaillent Aïe ! Aïe ! Aïe ! Il y a des couillonnes Qui parlent d’extraditionne Mais pour moi pas questionne De payer l’additionne.

Des vannes rock sur fond d’imagerie naïve nazie : lui seul pouvait se le permettre.

Revenons, ou plutôt venons-en à L’Homme à tête de chou, album sans concession, où il utilise dans l’intro le talk-over pour la première fois, style qu’il reprendra par la suite et dont il fera même un « label Gainsbourg ». Il n’a pas son pareil pour poser ses mots sur sa musique. Tous les morceaux — paroles et musique — sont chiadés. Alan Hawkshaw dirige les arrangements. Il faudrait tout citer, il est difficile d’en choisir un extrait. Allez, au hasard, de mémoire :

Elle était entre deux macaques Du genre festival à Woodstock Et semblait une guitare rock À deux jacks L’un à son trou d’obus, [l’autre à son trou de balle…

Et encore :

Un soupir au menthol Ma débile mentale Perdue en son exil Physique et cérébral Joue avec le métal De son zip et l’atoll De corail apparaît Elle s’y coca-colle Un doigt qui, en arrêt Au bord de la corolle […]

Et ainsi de suite, à l’infini ou presque…

Ça vaut tous les romans qu’il n’a pas écrits, toutes les toiles qu’il n’a pas peintes. Quel complexe de créateur peut-on avoir quand on a écrit ces vers ? Qui d’autre que lui a eu cette audace ? Il fallait avoir son esprit et sa connaissance littéraires. Qui d’autre dans ce milieu du show-biz ? « Que des blaireaux ! » disait-il.

Un jour, donc, il croise, à deux pas de chez lui, dans la vitrine de la galerie Paul-Facchetti, ce fameux Homme à tête de chou, sculpture de Claude Lalanne. Hypnotisé, il reviendra le voir et le revoir jusqu’au jour où il l’acheta cash. « Au début, il m’a fait la gueule, ensuite il s’est dégelé et m’a raconté son histoire : journaliste à scandale tombé amoureux d’une shampouineuse assez chou pour le tromper avec des rockers. Il la tue à coups d’extincteur, sombre dans la folie et perd la tête qui devient chou… », précise-t-il, au moment de la sortie de l’album. Fort heureusement la critique, unanime, salue la performance de l’artiste. Mais, comme pour Melody, le public boude. Alors qu’aujourd’hui il est entré dans la légende pop-rock avec précisément ce L.P.

À chaque disque, Gainsbourg se remet musicalement en question, à l’affût de nouvelles sonorités. Quand il choisit de bosser à Kingston, en Jamaïque, avec les rastas de Bob Marley, ce n’était pas gagné d’avance. Qui, en 1979, dans la France de Giscard, écoutait du reggae ? Aux armes et cætera est enregistré en six jours. « Six jours à 400 à l’heure ! » Pour la promo, il accompagne son album de ce texte : « Et je rêvais de Jamaïque, de sa musique sur laquelle si aisément on peut cracher ce que l’on a, instinctive, animale, pure et contestataire, violente, sensuelle et lancinante, si proche de l’Afrique, si loin du gris anglais et du bleu ciel de Nashville et L.A. […] »

Tempo reggae donc pour La Marseillaise, « chanson la plus sanglante de toute l’histoire », devenue chant universel. Avant d’acquérir le manuscrit original de Rouget de Lisle, un scandale éclate, déclenché par Le Figaro Magazine. Qui crie à l’outrage de l’hymne national, non sans quelques relents antisémites. Puis des paras tenteront de faire annuler son concert à Strasbourg. Voilà le provocateur provoqué. Gainsbourg répond, courageux, sur scène, poing levé. Au-delà de cette Marseillaise sauce reggae, le disque contient des merveilles (Vieille canaille, Lola rastaquouère, Marilou reggae…) et fait danser la nouvelle génération. Gainsbourg a gagné son pari, et ses tournées en France font salle comble.

Arrive maintenant le dernier Gainsbarre, celui des années quatre-vingt. En novembre 1981, il sort Mauvaises nouvelles des étoiles, titre emprunté au dessin de Paul Klee accroché au mur de son salon. Dans Ecce Homo, il prévient :

Eh ouais c’est moi Gainsbarre On me retrouve au hasard Des night-clubs et des bars Américains, c’est bonnard.

Durant cette dernière période, celle où je l’ai rencontré, il est en état de dérision et de provocation permanent. Ce n’est plus Gainsbourg mais bien Gainsbarre. Et chacun sait que, quand Gainsbourg se barre, Gainsbarre se bourre… Il livre deux albums, Love on the Beat (1984) et You’re Under Arrest (1987). Pris à son propre piège, on le voit partout à la télévision, dans la presse, sur les radios ; il occupe les médias.

C’est devenu son passe-temps favori. C’est, plus que jamais, le temps des « 102 » et, toujours, de la Gitane sans filtre (jusqu’à cinq paquets de cigarettes par jour fumées au tiers) et de la provocation systématique. Bref, un peu beauf, avec ses blagues de comptoir et ses drogues autorisées. « Si je pratique la surenchère, c’est parce que je n’ai plus de temps à perdre », s’excuse-t-il. Passons sur les best of que la télé diffuse chaque année (le Pascal en flammes, Whitney Houston offusquée, etc.). Durant ces années-là, il renvoie une certaine image de la France, pays déjà un peu dépassé mais avec ses fulgurances, ses gloires anciennes, un brin de culture tout de même. Ses provocations étaient très françaises en fin de compte, dans ce pays qui sort des années Giscard et espère de Mitterrand.

Dans les années quatre-vingt, il triomphe au Casino de Paris, au Zénith. Il plaît aux nouvelles générations. Jamais Gainsbourg n’a goûté autant aux joies du succès. Devenu populaire, il appartient au patrimoine national. Il le sait. Un après-midi de 1986, il me dira : « Tu sais que tu as devant toi un mythe vivant ? » Que dire ? Un éclat de rire m’avait sauvé. Son public allume des milliers de briquets. Pudeur perdue, il ne retient pas ses larmes et chiale pour un oui, pour un non. Comment lui en vouloir ? C’était sa revanche à lui, le Juif immigré, le peintre raté, le papy des yé-yé… Nostalgie camarade. À la fin, épuisé, il confiait, en privé : « Je suis fragile et désabusé. J’ai tout eu et je n’ai rien. L’idée du bonheur m’est étrangère. Je ne cherche qu’une seule chose, la pureté de mon enfance. »

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ... 19
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)