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L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]

Электронная книга - «L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]». Краткое содержание книги:

Paris ne s'est pas fait en un jour, et la France ne s'est pas faite toute seule ! Les plaques de nos rues et les socles de nos statues portent les noms des responsables : ça va de la rue Vercingétorix à la rue Charles de Gaulle.
Et pourtant le nom le plus important est absent de nos places, de nos avenues, de nos boulevards et même de nos impasses : celui de Bérurier. Or, ce sont les Bérurier qui ont vraiment fait la France. Avec leurs mains, leur sang et leur sueur.
Avec leur esprit aussi.
Soucieux de réparer cette criante injustice, j'ai essayé de reconstituer leur trajectoire dans le temps.
Comme le langage, l'Histoire se doit de rester vivante ; c'est pourquoi je me suis attaché à en secouer la poussière, à en « plumeauter » les toiles d'araignée, à en dédorer les tranches, les couronnes et les auréoles et à la saupoudrer d'éclats de rire.
Un petit travail de réfection, quoi !
Il m'a permis de constater qu'on nous avait doré l'Histoire de France avec cette même poudre aux yeux qui sert aussi à nous dorer la pilule !
SAN-ANTONIO
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A chaque mot sorti des lèvres de Bérugnan, la reine, transportée d'un fol espoir, acquiesçait. Et pourtant, quand il se fut tu, elle secoua négativement la tête en signe de dénégation.

— Je ne puis accepter pareil sacrifice. Votre vie, soit ! Votre honneur jamais !

— Entre celui d'un mousquetaire et celui de sa reine, il n'y a pas à hésiter, Majesté ! objecta fermement Bérugnan.

C'était bien dit à lui et Anne d'Autriche le comprit parfaitement. D'ailleurs, à travers son cœur de reine battait conjointement un cœur de femme ; et qui plus est de femme bernée par la vie, environnée de périls, cernée de gens acharnés à sa perte, une femme qui était la proie des complots et la victime désignée de puissances occultes.

Des larmes à peine salées (on est reine ou on ne l'est pas) coulaient sur ses joues blanches d'angoisse et non pas de Castille, comme c'était le cas pour la mère du réputé Saint-Louis.

— Mon cher, mon noble, mon généreux Bérugnan, hoqueta-t-elle. Votre sacrifice ne pourra pas s'inscrire dans l'Histoire puisque, aussi bien, il est secret ; mais du moins demeurera-t-il dans mon cœur jusqu'au dernier jour de mes jours.

— Ainsi soit-il ! conclut Bérugnan qui avait été enfant de chœur dans son jeune âge.

Il s'agenouilla et baisa la robe de la souveraine, laquelle, éperdue de reconnaissance et chavirée par la mâle odeur de cuir et de sueur qui montait de cet homme ainsi que par ce pur accent béarnais qui avait fait le charme d'Henri IV, sentait croître son trouble. Ce frisson qu'elle avait cru être tour à tour de froid, puis de peur et ensuite de reconnaissance, devenait un frisson amoureux. Elle releva le bas de sa robe qui obligeait cet être noble à s'incliner au ras du sol afin qu'il eut moins à se courber. Mais elle le releva de telle façon que Bérugnan oublia soudain toute humilité pour ne plus prêter attention qu'à son vis-à-vis et le regarder dans les yeux.

Ce qui passa par la suite se passa vite et sur un lit. Lorsque deux êtres d'exception subissent cet irrésistible appel des sens, ils ne peuvent lutter contre le feu qui les embrase. Leur embrasement devint un embrassement, puis une étreinte plus étroite.

« Elle fait l'amour comme une reine », se disait Bérugnan au comble du délire en songeant qu'il n'était pas natif de Bourg-la-Reine pour rien !

« C'est un vrai mousquetaire ! » pensait de son côté Anne d'Autriche, qui pour être espagnole n'en était pas moins connaisseuse en la matière !

A la fin, hagards (comme disait Saint-Lazare) ils se désunirent pour le meilleur et pour le pire.

— Mon Dieu, qu'ai-je fait ! se lamenta la malheureuse (mais comblée) souveraine en se voilant la face de ses deux mains restées libres.

— L'amour, Madame ! répondit respectueusement Bérugnan. Ah ! comme il me sera doux de mourir, maintenant et combien indifférent de voir flétrir mon honneur et celui de mes aïeux !

Le temps qui continue sa route inexorable autour des cadrans d'horloge passait. Ils en eurent brusquement conscience et Anne courut chercher la cassette renfermant les terribles ferrets. Elle prit ces derniers de sa main restée libre et les fourra, après leur avoir décoché un regard de haine au passage, dans le gant de Bérugnan.

— Maintenant, partez, Bel-Amour, fit-elle. Et si, comme je l'espère de toute mon âme, vous vous dirigez vers le nord, prenez ce sauf-conduit qui vous permettra de passer sans encombre les lignes espagnoles. Si vous allez à l'est, prenez-le également, de même que si vous allez au sud puisque les forces de mon père nous enserrent.

Le mousquetaire ne se le fit pas dire quatre fois, ni trois et même deux. Il s'inclina et partit après avoir balayé le parquet de la reine avec son chapeau.

Tout en chevauchant à bride abattue dans la campagne enneigée où les chemins ravinés traçaient sinistrement les méandres sinueux de leurs noires ornières, Bérugnan revivait son exaltante aventure. Vingt-quatre heures de répit suffisaient à un cavalier de sa trempe pour se mettre à l'abri des poursuites. Il jubilait.

— Mon père n'était qu'un imbécile, de me prêcher le courage et l'élévation de pensée. Je vous demande un peu ! Douze ans d'honnêteté m'ont rapporté quoi ? Plus de cent cicatrices et un misérable grade de sergent ! Alors qu'en dix minutes de jugeote j'ai réussi à me faire remettre une fortune et à me farcir la reine de France ! Sans compter que j'ai, en plus, déconsidéré à jamais ce salaud de d'Artagnan aux yeux de la reine. Elle va la saquer tant qu'elle pourra et ça m'étonnerait qu'il fasse une carrière, lui qui est si service-service et qui passait son temps à me houspiller !

Il prit un instant pour laisser souffler son cheval et en profita pour admirer les merveilleux ferrets de diamants qui étincelaient dans la lumière éblouissante de cet été torride.

« Il vaut mieux se servir de son intelligence que de son épée ! » cria-t-il joyeusement.

Il oubliait déjà qu'il s'était servi d'autre chose encore et n'y resongea que le 5 septembre de l'année suivante lorsque, contre toute attente, un Dauphin naquit à la cour de France.

Bérugnan qui menait grande et joyeuse vie dans les Flandres compta les mois écoulés sur ses doigts.

— … et neuf, fit-il, par ma moustache, le compte y est bien !

Il éprouva alors la joie simple et noble du semeur en songeant que s'il avait amputé le Trésor Public de quelques dizaines de milliers d'écus, il avait en revanche offert Louis XIV à la France !

RÉSUMÉ-QUESTIONNAIRE RELATIF A LA DEUXIÈME PARTIE

Q : QUELLE REINE REDEVINT REINE A LA MORT DE SON MARI ?

R : Ça serait pas Henri III, des fois ?

Q : COMMENT S'APPELAIT LE GRAND ENNEMI DE FRANÇOIS Ier ?

R : Léonard de Vinci, sûrement. Parce qu'au prix qu'il a dû lui acheter la Joconde !

Q : LEQUEL DE CHARLES QUINT, D'HENRY VIII ET DE FRANÇOIS Ier EST MORT LE DERNIER ?

R : Dis-moi un peu à quoi que ça rime une question pareille vu qu'ils sont cannés tous les trois !

Q : COMMENT EST MORT HENRI II ?

R : Comme un c… Il avait pas besoin d'aller se battre dans un sournois, surtout contre un Anglais ! Y serait resté gentiment assis sur son trône qu'il vivrait peut-être encore !

Q : QUEL ROI A ORDONNÉ LE MASSACRE DE LA SAINT-BARTHÉLEMY ?

R : Catherine de mes Dix-Six, cette bêtise ! Tu me prends pour un amnésique sans mémoire !

Q : HENRI III A-T-IL EU BEAUCOUP D'ENFANTS ?

R : Oui : avec son bilboquet ! Là, t'es drôlement feinté, hein, San-A ?

Q : PARLE-MOI DE L'ŒUVRE D'HENRI IV.

R : Il a composé la ligne du Culte en revenant de Nantes.

Q : COMMENT S'APPELAIT LA SECONDE FEMME DU BÉARNAIS ?

R : Sully de Médicis ! Tant que tu auras que des questions aussi fastoches à me poser, je suis preneur !

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