Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois éditeur
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]». Краткое содержание книги:
« La Porte est détruite, dit Imrahil, et où trouver de nos jours le savoir-faire pour la reconstruire et la remettre en place ? »
« À Erebor, au Royaume de Dáin, un tel savoir-faire existe, dit Aragorn ; et si tous nos espoirs ne sont pas réduits à néant, j’enverrai Gimli fils de Glóin, en temps voulu, demander l’aide des artisans de la Montagne. Mais des hommes valent mieux que des portes, et aucune ne résistera à l’Ennemi si nos hommes la désertent. »
Le débat des seigneurs se conclut donc par la résolution suivante : le surlendemain matin, ils prendraient la route avec sept mille hommes, s’ils arrivaient à les trouver ; et la plupart iraient à pied, étant donné les terres hostiles où ils devaient se rendre. Quelque deux mille seraient choisis par Aragorn parmi ceux qu’il avait rassemblés à lui dans le Sud ; mais Imrahil en choisirait trois mille cinq cents, et Éomer, cinq cents des Rohirrim laissés sans monture, mais toujours valeureux à la guerre. Lui-même mènerait à cheval cinq cents de ses meilleurs Cavaliers, et il devait y avoir une autre compagnie de cinq cents chevaux, parmi lesquels iraient les fils d’Elrond, avec les Dúnedain et les chevaliers de Dol Amroth : six mille hommes à pied, en tout et pour tout, et un millier à cheval. Mais le gros de la force des Rohirrim encore capable de combattre, quelque trois mille cavaliers sous le commandement d’Elfhelm, devait tenir la Route de l’Ouest contre l’ennemi resté en Anórien. Et de rapides éclaireurs furent aussitôt envoyés en reconnaissance, au nord et à l’est, vers Osgiliath et la route de Minas Morgul.
Et quand ils eurent recensé leurs forces et considéré les déplacements à entreprendre et les routes à emprunter, Imrahil eut un soudain éclat de rire.
« C’est là, assurément, s’écria-t-il, la plus grande farce de toute l’histoire du Gondor : qu’avec sept mille hommes, soit à peine ce qu’était l’avant-garde de son armée au temps de sa suprématie, nous partions à l’assaut des montagnes et de la porte infranchissable du Pays Noir ! Comme un enfant qui menacerait un chevalier en armure avec, en guise d’arc, une ficelle tendue sur une tige de saule ! Si le Seigneur Sombre en sait autant que vous le laissez entendre, Mithrandir, ne va-t-il pas sourire plutôt que de nous craindre et, de son petit doigt, nous écraser comme une mouche qui essaierait de le piquer ? »
« Non, il voudra piéger la mouche et lui prendre son dard, dit Gandalf. Et il est parmi nous des noms qui, à eux seuls, valent plus qu’un millier de chevaliers en armure. Non, il ne sourira pas. »
« Nous non plus, dit Aragorn. Si c’est là une farce, elle est trop amère pour que nous en riions. Non, c’est le dernier coup d’un jeu très risqué, et pour l’un ou l’autre des camps, il mettra fin à la partie. » Puis il dégaina Andúril et brandit sa lame étincelante au soleil. « Tu ne rentreras pas au fourreau tant que la dernière bataille ne sera livrée », dit-il.
10La Porte Noire s’ouvre
Deux jours plus tard, l’armée de l’Ouest était assemblée dans son entier sur le Pelennor. Les troupes d’Orques et d’Orientais étaient ressorties de l’Anórien, mais, harcelées et dispersées par les Rohirrim, elles s’étaient débandées et avaient fui vers Cair Andros sans grande résistance ; cette menace écartée, et de nouvelles forces étant venues du Sud, la Cité ne pouvait être mieux garnie. Selon ce que rapportaient les éclaireurs, les chemins de l’est étaient vides d’ennemis jusqu’au Roi Tombé, à la Croisée des Routes. L’Ouest était prêt pour son dernier coup de dés.
Legolas et Gimli chevaucheraient de nouveau ensemble, en compagnie d’Aragorn et de Gandalf, lesquels iraient à l’avant-garde avec les Dúnedain et les fils d’Elrond. Mais Merry, à sa honte, ne serait pas des leurs.
« Vous n’êtes pas en état de faire un tel voyage, dit Aragorn. Mais il n’y a aucune raison d’avoir honte. Si dans cette guerre vous ne faites plus rien, vous aurez déjà gagné beaucoup d’honneur. Peregrin sera là pour représenter les Gens du Comté ; et il ne faut pas lui envier sa chance de péril, car bien qu’il ait fait au mieux selon ce que la fortune lui offrait, il lui reste encore à égaler votre exploit. Mais à dire vrai, tous courent à présent le même danger. Il se pourrait que notre rôle soit de trouver une fin cruelle devant la Porte du Mordor, mais si tel est le cas, vous aurez vous aussi un dernier combat à livrer, ici ou en quelque autre lieu où la marée noire vous surprendra. Adieu ! »
Ainsi, démoralisé, Merry resta à observer le rassemblement de l’armée. Bergil était avec lui, tout aussi abattu, car son père devait marcher à la tête d’une compagnie des Hommes de la Cité : il ne pouvait rejoindre la Garde avant que sa cause ne fût jugée. Pippin irait au sein de cette même compagnie en tant que soldat du Gondor. Merry apercevait non loin sa silhouette, courte mais droite, parmi les hautes formes des guerriers de Minas Tirith.
Enfin, les trompettes retentirent et l’armée se mit en mouvement. Troupe après troupe, compagnie après compagnie, ils tournèrent et partirent vers l’est. Et longtemps après qu’il les eut perdus de vue sur la grand-route menant à la Chaussée, Merry demeura là. Le soleil matinal étincela une dernière fois sur la lance et le heaume puis disparut ; mais Merry restait figé, la tête baissée et le cœur lourd, sans amis, seul au monde. Tous ceux qui lui étaient chers étaient partis dans les ténèbres qui pesaient sur le ciel de l’est ; et dans son cœur ne restait presque plus aucun espoir de les revoir jamais.
Comme ravivée par son humeur noire, la douleur revint à son bras ; il se sentait faible et vieux, et la lumière du soleil paraissait ténue. Le contact de la main de Bergil le sortit de sa torpeur.
« Venez, maître Perian ! dit le garçon. Vous êtes encore souffrant, à ce que je vois. Je vais vous aider à rentrer chez les Guérisseurs. Mais n’ayez pas peur ! Ils vont revenir. Les Hommes de Minas Tirith ne seront jamais défaits. Et maintenant, ils ont le Seigneur de la Pierre-elfe, et aussi Beregond de la Garde. »
L’armée fut à Osgiliath avant midi. Là, tous les artisans et ouvriers dont la Cité pouvait se passer étaient à l’œuvre. Certains s’occupaient de renforcer les bacs et les pontons construits par l’ennemi, partiellement détruits lors de sa fuite ; certains amassaient du butin et des provisions, tandis que d’autres, sur la rive orientale au-delà du Fleuve, improvisaient des ouvrages de défense sommaires.
L’avant-garde passa alors à travers les ruines du Vieux Gondor, par-delà le large Fleuve et sur le long chemin droit, tracé à la grande époque pour relier la belle Tour du Soleil à la haute Tour de la Lune, devenue Minas Morgul dans sa vallée maudite. À cinq milles au-delà d’Osgiliath, ils s’arrêtèrent, mettant un terme à leur première journée de marche.
Mais les cavaliers poursuivirent leur route et, avant la tombée du jour, ils atteignirent la Croisée des Routes et le grand anneau d’arbres, où régnait un silence absolu. Aucun signe d’ennemi n’avait été vu, nul cri ni appel n’avait-on entendu, nul trait n’avait sifflé d’entre les rochers ou les broussailles ; pourtant, à mesure qu’ils avançaient, ils sentaient que s’accentuait la vigilance des terres. Arbre et pierre, herbe et feuille étaient aux aguets. Les ténèbres avaient été chassées : loin à l’ouest, le couchant baignait la Vallée de l’Anduin, et les cimes blanches des montagnes s’empourpraient dans l’air bleuté ; mais une ombre et une noirceur planaient sur l’Ephel Dúath.