Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois éditeur
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]». Краткое содержание книги:
Aragorn et Gandalf se rendirent alors auprès du Gardien des Maisons de Guérison, et ils lui recommandèrent de ne pas renvoyer Faramir et Éowyn, mais de leur prodiguer des soins pendant plusieurs jours encore.
« La dame Éowyn, dit Aragorn, voudra bientôt se lever et partir ; mais elle ne le devrait pas, s’il y a moyen de la retenir, avant au moins dix jours. »
« Quant à Faramir, dit Gandalf, il faudra bientôt lui apprendre la mort de son père. Mais le récit complet de la folie de Denethor ne devrait pas lui être conté avant qu’il soit tout à fait guéri, et prêt à assumer ses responsabilités. Veillez à ce que Beregond et le perian, qui étaient présents, ne lui en parlent pas pour le moment ! »
« Et l’autre perian, Meriadoc, qui est sous ma garde, que dois-je faire de lui ? » demanda le Gardien.
« Il est probable qu’il soit sur pied demain, pour un court moment, dit Aragorn. Laissez-le faire, s’il le désire. Il pourra marcher un peu en compagnie de ses amis. »
« C’est une espèce remarquable, dit le Gardien, hochant la tête. D’une trempe exceptionnelle, ce me semble. »
Une foule nombreuse s’était déjà massée aux portes des Maisons pour voir Aragorn, et elle le suivit ; et quand il eut enfin soupé, des hommes vinrent à lui, le suppliant de guérir un proche ou un ami dont la vie était en péril à cause de quelque mal ou blessure, ou qui était sous l’emprise de l’Ombre Noire. Et Aragorn se leva et sortit, et il fit venir les fils d’Elrond, et ils œuvrèrent jusqu’à tard dans la nuit. Et partout dans la Cité, les gens disaient : « Le Roi est bel et bien revenu. » Et ils le surnommèrent la Pierre-elfe, du fait de la pierre verte qu’il portait ; ainsi il advint que le nom pressenti pour lui à sa naissance lui fut attribué par son propre peuple.
Et quand il ne put œuvrer davantage, il s’enveloppa dans sa cape et se glissa hors de la Cité, et il regagna sa tente juste avant l’aube et dormit pour quelques heures. Et au matin, la bannière de Dol Amroth, nef blanche comme un cygne sur une eau bleue, flottait au sommet de la Tour ; et les hommes, levant la tête, se demandèrent si la venue du Roi n’avait été qu’un rêve.
9Le dernier débat
Le matin se leva au lendemain de la bataille, beau, avec quelques nuages et un vent qui tournait à l’ouest. Legolas et Gimli se levèrent de bonne heure, et ils demandèrent la permission de monter dans la Cité ; car ils étaient impatients de revoir Merry et Pippin.
« Il est bon de savoir qu’ils sont encore en vie, dit Gimli ; car ils nous ont donné beaucoup de peine lors de la traversée du Rohan, et je ne voudrais pas voir tous ces efforts gaspillés. »
L’Elfe et le Nain entrèrent côte à côte à Minas Tirith, et les gens de la ville s’étonnèrent de voir pareils compagnons marcher ensemble ; car le visage de Legolas était d’une beauté sans égale chez les Hommes, et il chantait une chanson elfe de sa voix claire dans le matin ; mais Gimli allait avec raideur à son côté, caressant sa barbe et regardant autour de lui, les yeux écarquillés.
« Il y a de bons ouvrages de pierre, ici, dit-il en examinant les murs ; mais il y en a également de moins bons, et les rues pourraient être mieux faites. Quand Aragorn recouvrera son bien, je lui offrirai les services des maîtres maçons de la Montagne, et nous ferons de cette ville un objet de fierté. »
« Elle manque de jardins, dit Legolas. Ses maisons sont sans vie, et il y a ici trop peu de choses qui poussent et se réjouissent. Si Aragorn recouvre son bien, le peuple de la Forêt lui apportera des oiseaux chanteurs et des arbres qui ne meurent point. »
Ils arrivèrent enfin devant le prince Imrahil, et Legolas le regarda et s’inclina ; car c’était là assurément un homme qui avait du sang elfique dans les veines. « Salut à vous, seigneur ! dit-il. Il y a longtemps que les gens de Nimrodel ont quitté les bois de Lórien, mais l’on peut voir encore aujourd’hui que tous n’ont pas quitté le havre d’Amroth pour faire voile vers l’ouest. »
« C’est ce qu’on dit dans la tradition de mon pays, dit le Prince ; mais aucune des belles gens n’a été vue là-bas depuis un nombre incalculable d’années. Et je m’étonne d’en voir une ici en ces temps de malheur et de guerre. Qu’êtes-vous venu chercher ? »
« Je suis l’un des Neuf Compagnons partis d’Imladris avec Mithrandir, dit Legolas ; et avec ce Nain, qui est mon ami, j’ai suivi le seigneur Aragorn. Mais à présent, nous aimerions voir nos amis, Meriadoc et Peregrin, qui sont sous votre garde, nous dit-on. »
« Vous les trouverez aux Maisons de Guérison, et je vous y mènerai », dit Imrahil.
« Il suffira d’envoyer quelqu’un pour nous accompagner, seigneur, dit Legolas. Car Aragorn vous fait parvenir ce message. Il ne souhaite pas être revu dans la Cité pour l’instant. Mais il y a urgence pour que les capitaines se réunissent en conseil, et il vous prie de descendre à ses tentes avec Éomer du Rohan, et ce, dès que possible. Mithrandir s’y trouve déjà. »
« Nous irons », dit Imrahil ; et ils se séparèrent avec des mots courtois.
« Voilà un beau seigneur et un grand meneur d’hommes, dit Legolas. Si le Gondor compte encore de ces gens en ces jours de déclin, sa gloire devait certes être grande au temps de son essor. »
« Et sans doute la bonne maçonnerie est-elle la plus ancienne, et fut-elle édifiée dans la première construction, dit Gimli. Il en va toujours ainsi de ce que les Hommes entreprennent : un gel survient au printemps, ou une flétrissure en été, et ils faillissent à leur promesse. »
« Mais leur semence faillit rarement, dit Legolas. Elle pourrira dans la poussière pour mieux resurgir en des temps et des endroits inattendus. L’œuvre des Hommes continuera au-delà de notre époque, Gimli. »
« Et n’aboutira en fin de compte qu’à des espoirs déçus, je suppose », dit le Nain.
« À cela, les Elfes ne savent pas la réponse », dit Legolas.
Sur ce, le serviteur du Prince arriva pour les accompagner jusqu’aux Maisons de Guérison. Ils trouvèrent leurs amis dans le jardin, et leurs retrouvailles furent des plus joyeuses. Ils se promenèrent et bavardèrent un peu, goûtant pour un court moment la paix et la tranquillité du matin sous le ciel venteux des hauts cercles de la Cité. Puis, quand Merry se fatigua, ils allèrent s’asseoir sur le rempart qui tournait le dos à la pelouse des Maisons de Guérison ; et là, toute la partie sud de l’Anduin miroitait au soleil en s’éloignant, hors de la vue même de Legolas, vers les vastes plaines et les verts horizons du Lebennin et de l’Ithilien du Sud.
Mais pendant que les autres continuaient de parler, Legolas devint silencieux, et il regarda au loin dans le contre-jour ; et il vit alors, remontant le Fleuve, des oiseaux de mer au plumage blanc.
« Regardez ! s’écria-t-il. Des mouettes ! Elles volent loin dans les terres, une merveille à mes yeux et un trouble pour mon cœur. Jamais de ma vie je ne les avais vues avant d’arriver à Pelargir ; et je les entendis là-bas crier dans l’air, tandis que nous allions à cheval vers la bataille des navires. Alors je restai coi, oubliant la guerre en Terre du Milieu, car leurs voix plaintives me parlaient de la Mer. La Mer ! Hélas ! Je ne l’ai pas encore contemplée. Mais au plus profond du cœur des miens réside la nostalgie de la mer, qu’il est périlleux de remuer. Hélas ! pour les mouettes. Plus jamais je ne serai en paix, sous le hêtre ou sous l’orme. »