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Blood Wedding [Robe de marié]

Электронная книга - «Blood Wedding [Robe de marié]». Краткое содержание книги:

Sophie Duguet - young, successful, and happily married - thought at first she was becoming absentminded when she started misplacing her mail and forgetting where she'd parked her car the night before. But then, as her husband and colleagues pointed out with increasing frustration, she began forgetting things she'd said and done, too. And when she was detained by the police for shoplifting, a crime she didn't remember committing, the confusion and blackouts that had begun to plague her took on a more sinister cast. Her marriage started to come apart at the seams.
Now Sophie is in much deeper water: The young boy she nannies is dead while in her care, a tragedy of which she has no memory. Afraid for her sanity and of what the police will do to her when the body is discovered, Sophie goes on the run, changing her identity and appearance to evade the law. Forced to lead a very different kind of life, one on the margins of society, Sophie wonders where everything went wrong.
Still, with a new name and a new life, she hopes that she'll be able to put her demons to rest for good. It soon becomes clear, however, that the real nightmare has only just begun.
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— Mais… tu les as…!

— Non ! Ce que j’ai, c’est un faisceau de circonstances, tout ça ne tient que sur une hypothèse de départ absolument minuscule et qui ne pèsera pas lourd devant trois meurtres, dont celui d’un enfant de six ans !

— OK. Pour le moment du moins… Autre chose : comment peux-tu être certaine que ce type, c’est bien TON Frantz ?

— Il m’a connue par une agence matrimoniale où je me suis inscrite sous le nom de Marianne Leblanc (celui qui figurait sur l’acte de naissance que j’ai acheté). Il ne m’a jamais connue que sous ce nom.

— Et alors…?

— Alors explique-moi pourquoi, quand je me suis ouvert les veines et qu’il s’est mis à hurler, il m’a appelée « Sophie » ???

— Évidemment… Mais… POURQUOI t’ouvrir les veines ?????????

— Papa ! J’ai réussi une seule fois à m’enfuir : il m’a rattrapée à la gare. À partir de ce jour, il est toujours resté avec moi. Quand il sortait, il fermait à clé. Pendant plusieurs jours, j’ai réussi à ne rien prendre de ce qu’il me donnait : mes migraines, mes angoisses se sont estompées… D’ailleurs, je n’avais pas d’autre solution. Il fallait que je trouve une porte de sortie : dans un hôpital, il ne pouvait pas me surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre…

— Ça aurait pu mal tourner…

— Impossible ! Ce que j’ai fait était spectaculaire mais véniel. On ne meurt pas comme ça… Ensuite, il ne m’aurait jamais laissé mourir. Il veut me tuer lui-même. C’est ça qu’il veut.

— …

— Tu es là ?

— Oui, oui, je suis là… En fait, j’essaie de réfléchir mais avant tout, j’ai de la colère, mon cœur ! Je sens monter en moi de la colère, c’est terrible.

— Moi aussi, mais avec lui, la colère, ça ne marche pas. Avec lui, il faut tout autre chose.

— Quoi ??

— …

—  !!! QUOI ??

— Il est intelligent, il faut de la ruse…

—  ??? Que vas-tu faire maintenant ?

— Je ne sais pas encore mais dans tous les cas : y retourner.

— Attends ! C’est DINGUE !! Je ne te laisse pas y retourner : PAS QUESTION !

— Je savais que tu dirais ça…

— Je ne te laisse pas repartir avec lui, point barre !

— Je vais encore me retrouver seule ?

— Quoi ?

— Je te demande si je vais encore une fois me retrouver seule ! En clair : ton aide s’arrête là ? Tout ce que tu m’offres, c’est ta compassion et ta colère ? TU SAIS CE QUE J’AI VÉCU ???? Est-ce que tu réalises ??? Vincent est mort, papa ! Il a tué Vincent ! Il a tué ma vie, il a tué… tout !! Je vais être seule à nouveau ?

— Écoute, souris verte…

— Ne me fais pas chier avec ta souris verte ! JE SUIS LÀ !! Tu m’aides, oui ou merde ??

— …

— …

— Je t’aime. Je t’aide.

— Oh, papa, je suis si fatiguée…

— Reste un peu ici, repose-toi.

— Je dois repartir. Et c’est à ça que tu vas m’aider. OK ?

— Bien sûr… mais reste quand même une sacrée question…

—  ??

— Pourquoi il fait tout ça ? Tu le connais ? Tu l’as connu ?

— Non.

— Il a de l’argent, du temps et un acharnement visiblement pathologique… Mais… pourquoi sur TOI ?

— C’est pour ça que je suis là, papa : c’est bien toi qui as récupéré les dossiers de maman ?

—  ???

— Je pense que c’est à ça qu’il faut remonter. Est-ce qu’il a été un patient de maman ? Lui ou quelqu’un de proche de lui ? Je n’en sais rien.

— J’ai deux ou trois trucs, je crois. Dans un carton… Je ne les ai jamais ouverts.

— Alors, je crois que c’est le moment.

Frantz a dormi dans sa voiture de location. La première nuit, quatre heures sur le parking du supermarché, la seconde, quatre heures encore sur le parking de la gare routière. Mille fois il a regretté son choix stratégique, mille fois il a décidé de rebrousser chemin, mais chaque fois il a tenu bon. C’est du sang-froid qu’il faut, rien d’autre. Sophie ne peut aller ailleurs. Elle va venir. Forcément. Elle est une criminelle recherchée, elle n’ira pas à la police, elle va rentrer à la maison ou venir ici, elle n’a aucun autre choix. N’empêche. Rester ici des heures et des heures à regarder à la jumelle une maison où il ne se passe rien, ça vous mine le moral, le doute finit toujours par se frayer un chemin et il faut quatre années de travail et de conviction pour y faire barrage.

À la fin du troisième jour, Frantz fait un aller-retour à la maison. Il prend une douche, se change, dort quatre heures. Il en profite pour prendre ce qui lui manque (Thermos, appareil photo, polaire, couteau suisse, etc.). Aux premières lueurs de l’aube, il est de nouveau à son poste.

La maison d’Auverney est une longue bâtisse à un étage comme on en trouve des tas dans la région. À l’extrémité droite, la buanderie et un appentis où il doit entreposer le mobilier de jardin en hiver. À l’extrémité gauche, celle qui se trouve juste en face de Frantz, le hangar où il gare sa voiture et range son impressionnant matériel de bricolage. C’est un grand bâtiment qui pourrait accueillir deux autres véhicules. Quand il est là et qu’il pense ressortir la voiture, il laisse la porte de droite ouverte.

Il est sorti ce matin en costume. Il doit avoir un rendez-vous. Il a ouvert le hangar en grand et il a retiré sa veste pour amener jusque dans le jardin un petit véhicule-tondeuse, le genre de truc qui sert à tondre l’herbe sur les terrains de golf. La machine doit être en panne parce qu’il a dû la pousser, la tirer et que ce truc à l’air de peser des tonnes. Il a coincé dessus une enveloppe. Sans doute quelqu’un passera-t-il la prendre dans la journée. Frantz a profité de l’ouverture des deux portes pour regarder — et faire quelques photos — l’ensemble du hangar : toute une moitié est occupée par des piles de cartons, des sacs de terreau, des valises fermées par du ruban adhésif. Auverney a quitté la maison vers 9 heures. Il n’a plus reparu depuis. Il est presque 14 heures. Rien ne bouge.

Fiche clinique

Sarah Berg, née Weiss le 22 juillet 1944

Parents déportés et morts à Dachau, date inconnue

Épouse Jonas Berg le 4 décembre 1964

Naissance d’un fils, Frantz, le 13 août 1974

1982 — Diagnostic de psychose maniaco-dépressive (3eforme : mélancolie anxieuse) — Hôpital L. Pasteur

1985 — Hospitalisation clinique du Parc (Dr Jean-Paul Roudier)

1987–1988 — Hospitalisation clinique des Rosiers (Dr Catherine Auverney)

1989 — Hospitalisation clinique Armand-Brussières (Dr Catherine Auverney)

4 juin 1989 — Après un entretien avec le Dr Auverney, Sarah Berg revêt sa robe de mariée et se défenestre du 5e étage. Morte sur le coup.

On a beau être taillé dans le roc, l’attente, ça épuiserait n’importe qui. Voilà maintenant trois jours entiers que Sophie a disparu… Auverney est rentré vers 16 h 30. Il a jeté un œil sur la tondeuse et repris, d’un geste fataliste, l’enveloppe qu’il y avait posée avant de partir.

C’est exactement à ce moment que le téléphone de Frantz a sonné.

Il y a d’abord eu un grand silence. Il a dit : « Marianne…? » Il a entendu comme des sanglots. Il a répété :

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