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Le Dico des dictionnaires

Электронная книга - «Le Dico des dictionnaires». Краткое содержание книги:

C’est en dirigeant un laboratoire du CNRS consacré aux mots et aux dictionnaires que Jean Pruvost a contracté une dicopathie incurable. Chaque foyer possède au moins un exemplaire de ce condensé d’érudition, inlassablement mis à jour par l’usage et codifié par l’Académie. Ivre des mots, ce dicolâtre vit, lui, entouré de 10 000 dictionnaires.
Créateur d’une Journée annuelle des dictionnaires qui réunit depuis vingt ans des linguistes du monde entier, il se livre à un passionnant effeuillage de l’objet de toutes ses convoitises dont il goûte jusqu’à l’odeur… On découvre l’histoire passionnante de ce best-seller méconnu et mille anecdotes. Comment, au XIXe siècle, la « fesse » a-t-elle été jugée si indigne qu’elle a disparu de certaines éditions ? Pourquoi trouvait-on la définition d’« un » automobile ou d’« une » cyclone avant que Littré ne change d’avis pour ce dernier mot ? Le « sexe féminin », « sexe imbécile » selon Furetière, n’y était guère mieux traité que l’« étudiante », cette « jeune fille de condition modeste et de mœurs légères ». Et que dire de ce collégien qui a rageusement biffé la mention des 30 000 mots annoncée sur la page de garde de son dictionnaire pour les remplacer par 28 943, selon son décompte ?
De Furetière et Vaugelas au Robert en passant par le Littré, la saga des Larousse ou le Dictionnaire de l’Académie, Jean Pruvost nous fait partager son addiction pour les mots de la langue française, leur histoire et leurs secrets.
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Rien de neuf ne sera ensuite à signaler avant la préface du millésime 1981, où l’on insiste sur le fait que le Petit Larousse représente la « collaboration de linguistes et de spécialistes des différents secteurs de la connaissance ». Il n’est toujours pas question de francophonie, mais l’éditeur rappelle cependant dans la conclusion que « le Petit Larousse, tout à la fois unique et multiforme », s’est efforcé « au cours de sa longue histoire de rendre compte avec fidélité de l’évolution de la langue et du monde ».

C’est en réalité dans la préface du millésime 1989 — révolutionnaire à double titre, dans le cadre de sa refonte et dans celui, conjoncturel, de la commémoration nationale de la Révolution française dont il est fait largement état — qu’apparaît la première remarque ostensible à l’égard de la francophonie, avec un paragraphe décisif : « Une part très importante a été faite par ailleurs à la francophonie hors de France (Belgique, Suisse, pays d’Afrique, Québec, Louisiane) ainsi qu’aux vocabulaires français régionaux. »

On ne se contente d’ailleurs pas de signaler l’importance de la francophonie dans la préface, on lui donne ses lettres de noblesse scientifiques à l’aide d’un beau commentaire explicatif dans l’ours consacré à la présentation des rédacteurs. En y reprenant le même ordre d’importance accordée, de la Belgique et de la Suisse frontalières à l’Afrique, outre-Méditerranée, et au Québec, outre-Atlantique, on rend en effet hommage aux spécialistes auxquels il est fait appel. « Les belgicismes ont bénéficié de la contribution de Jean-Marie Klinkenberg, professeur à l’université de Liège ; les helvétismes ont été sélectionnés à partir d’une importante liste établie par Pierre Knecht, Violaine Spichiger et Dominique Destraz, du Centre de dialectologie de Neufchâtel ; les québécismes ont été traités en fonction des recommandations de l’Office de la langue française du gouvernement du Québec, avec l’amical concours de Jean-Claude Corbeil ; pour le domaine africain, l’Inventaire du français d’Afrique établi par l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (A.U.P.E.L.F.) a fourni une abondante et précieuse documentation. »

On ne saurait mieux mettre en relief, en termes éditoriaux, le sérieux de rigueur pour le traitement de la francophonie : il y a là un tournant dans la lexicographie. Le dictionnaire archétypique français est désormais lié à la francophonie qui s’installe dans la culture française. À la langue illustre et impériale, jusqu’ici rayonnante à partir de son territoire, succède désormais une langue ouverte qui accepte de partager sa gloire, en faisant état d’autres usages, ayant acquis leur légitimité hors de l’Hexagone.

Dès lors, ce discours, martelé dans chacun des millésimes suivants, aura du côté de la presse d’heureux effets, notamment celui de permettre une pléthore de commentaires à travers le dossier de presse et le relevé annuel des nouvelles entrées dues à la francophonie. Ces entrées qui ne feront plus jamais défaut à partir de 1989 alimenteront évidemment d’inévitables débats sur les choix faits, parfois même des polémiques, autant d’éléments qui seront l’occasion d’une réflexion renouvelée sur la francophonie auprès du grand public.

La pérennisation et le millésime 2000

À l’occasion du millésime 1992, tout en signalant dans la préface que, depuis 1985, « le Petit Larousse fait partie intégrante du patrimoine culturel et sentimental de tous les Français et de tous les amoureux de la langue », on rappelle que, « cette année encore, plus d’un million de lecteurs, en France, en Belgique, en Suisse, au Québec, en Afrique…, achèteront un nouveau Petit Larousse ». Avec, comme on le remarque, des points de suspension qui laissent entendre que la liste n’est pas close.

Pour le millésime 1998, une nouvelle préface correspond à la refonte dont bénéficie le Petit Larousse avec notamment une remarque concernant le fait qu’il s’agit d’un « ouvrage de référence pour tous, à l’écoute des évolutions de notre langue et de notre histoire, à l’heure de la mondialisation ». Un terme qui a pris à la fois du galon et du plomb… On rappelle alors de manière significative et différente, parmi les grands axes de la nouvelle édition, le « nombre important d’ajouts ». Et l’argument vient tout de suite en deuxième position après l’évocation des abréviations et des sigles : lesdits « ajouts » sont là pour rendre compte « de la vitalité de la francophonie, la part relative des parlers francophones (Belgique, Canada et Suisse en particulier) augmentant encore dans l’ouvrage ».

L’ours est de nouveau riche en précisions quant aux différentes collaborations avec notamment pour le domaine africain l’évocation de l’Inventaire du français d’Afrique, établi par l’AUPELF, sans oublier le Haut Conseil de la francophonie.

Millésime 2000 : la déclaration

À l’occasion du millésime 2000, évidemment symboliquement fort, c’est un nouveau discours beaucoup plus chaleureux et engagé qui est tenu dans la préface à propos de la francophonie. Ainsi, on a presque affaire dans le développement consacré à la langue française à une déclaration vibrante qui vaut engagement. Que peut-on y lire en effet ? « La langue française appartient à ceux qui la parlent, l’écrivent et l’enrichissent de par le monde, dans les provinces de France, en Suisse, en Belgique et au Luxembourg, au Québec, aux Antilles, en Afrique noire, dans de nombreux pays arabes… » L’on notera au passage cet oubli enfin comblé, celui des pays arabes francophones.

Et l’auteur, en fait Michel Legrain qui avait assuré quelques années auparavant la fonction de directeur des Dictionnaires Le Robert, de poursuivre sur le même ton éloquent : « Il y a moins un français central qu’une langue française riche de son unité mais aussi de ses variantes régionales. Nous avons consacré à ces variantes, en les indiquant par une marque spécifique, une place réduite mais suffisante pour que chacun, où qu’il soit, ait une relation de complicité avec son Petit Larousse. » Cette relation de complicité qui fait que les Français ne se sentent pas séparés de leurs amis francophones et que les pays francophones hors de France ne se sentent pas ignorés, même s’ils n’occupent pas évidemment le devant de la scène pour un dictionnaire majoritairement vendu en France, restera de fait la marque du Petit Larousse illustré pour le début du XXIe siècle.

Troisième millénaire…

Le troisième millénaire, plus personne n’y songe, mais la formule était ronflante et on la vit circuler, le « premier dictionnaire du troisième millénaire » ! Cela rime bien.

Ainsi, en 2001, témoignage de l’attention soutenue portée par les éditions Larousse à ce vibrant passage consacré à la francophonie, mais aussi de l’attention vigilante des différentes contrées du monde qui tiennent à ne pas être oubliées de la liste, se rajoute donc aux provinces de France, à la Suisse et à la Belgique, au Luxembourg et au Québec, aux Antilles, à l’Afrique noire et à de nombreux pays arabes, tout un continent : l’Océanie. Ce premier millésime du siècle, et du millénaire…, représente aussi l’occasion de voir apparaître un nouveau collaborateur : Claude Poirier, « professeur à l’université Laval » du Québec. En 2002 seront cités tout naturellement l’Office québécois de la langue française et le Trésor de la langue française au Québec, « représenté par Claude Poirier » et Steve Canac-Marquis.

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