Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Le Compagnon Du Tour De France
Le Compagnon Du Tour De France - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Compagnon Du Tour De France

Электронная книга - «Le Compagnon Du Tour De France». Краткое содержание книги:

Pierre Huguenin et son p?re sont compagnons. Le Comte de Villepreux les a engag?s pour qu'ils restaurent les boiseries de sa chapelle. Le Comte vit avec deux jeunes femmes: sa fille Yseult, tr?s cultiv?e et ?prise d'id?al, et la Marquise Jos?phine des Fresnays, qui est passionn?e et romantique. Pierre Huguenin quitte le manoir pour aller chercher des ouvriers capables de remplacer son p?re qui a eu un accident le rendant inapte au travail. Il ram?ne son ami nantais, le Corinthien qui abandonne son amie La Savinienne au profit de Jos?phine. Le Comte de Villepreux refuse de voir des roturiers, m?me cultiv?s, entrer dans sa famille. Il exp?die le Corinthien en Italie. Pierre et Yseult doivent, eux aussi, renoncer ? leur amour, bien qu'il soit pur et calme.
1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 67
Перейти на страницу:

– Je l’ai entendu dire, répondit Pierre.

– Et savez-vous qu’on veut m’y emmener?

– Je n’ai pas cru que vous iriez.

En faisant cette réponse, Pierre laissa lire apparemment jusqu’au fond de son âme; car mademoiselle de Villepreux, après un moment de silence, durant lequel elle le considéra attentivement, lui dit avec une douceur ineffable et une émotion profonde: – Je vous remercie, Pierre, de n’avoir pas douté! Puis elle reprit sa course impétueuse, fit deux ou trois fois le tour du parc, et revint devant le château, où son frère l’attendait avec le comte et Joséphine. Pierre réparait un petit banc rustique à trois pas de là. – Tiens, reprend ton cheval, dit Yseult à Raoul en sautant légèrement sur le gazon. Il ne me plaît pas le moins du monde. – Il n’y paraissait guère tout à l’heure, dit le comte; j’ai cru que tu prenais ta course pour le Grand-Désert. – Puisque vous rentrez, maître Pierre, dit Yseult au menuisier qui se retirait, auriez-vous la bonté de dire à Julie, en passant, qu’elle ne s’occupe plus de mon amazone? Je ne sortirai pas demain, ajouta-t-elle en se tournant vers Joséphine, mais d’un ton trop net pour que Pierre, en s’éloignant, ne l’entendît pas.

Elle tint parole, et les prières de sa cousine la trouvèrent inébranlable. Le comte eût désiré qu’elle se montrât moins farouche, et qu’elle ne contrariât pas ses projets de rapprochement avec le voisinage seigneurial. Mais il avait montré devant elle tant d’éloignement et de dédain philosophique pour ces gens-là qu’il lui était bien impossible de se rétracter clairement.

Pierre nageait dans un océan de bonheur. Il ne pouvait pas se dissimuler l’amour qu’il inspirait; mais cet amour était fait de telle sorte qu’il ne pouvait exprimer sa reconnaissance. Rien ne l’autorisait à formuler ses pensées, et d’ailleurs il n’en sentait pas le besoin. Jamais passion ne fut plus absolue, plus dévouée, plus enthousiaste de part et d’autre; et pourtant jamais il n’y eut amour plus contenu, plus muet, plus craintif. Il y avait comme un contrat tacite passé entre eux. Quelqu’un qui aurait entendu les trois ou quatre paroles que Pierre échangeait chaque jour à la dérobée avec Yseult, eût pensé qu’elles étaient le résultat d’une intimité consacrée par des nœuds indissolubles et des promesses formelles. Personne n’eût voulu croire que le mot d’amour n’avait jamais été prononcé entre eux, et que la virginité de leurs sens n’avait pas été effleurée par le plus léger souffle.

Joséphine courut la chasse dans la brillante calèche de la comtesse. Mais lorsque celle-ci vit que, de son rêve d’alliance et de fortune, il ne lui restait que Joséphine sur les bras, et son frère, qui caracolait à la portière en dévorant des yeux la piquante provinciale, elle sentit qu’elle jouait un singulier rôle, et prit de l’humeur contre tout le monde. La comtesse était sèche et nerveuse: forcée d’amener la marquise à son château, de lui en faire les honneurs, et de la présenter à d’autres illustres dames qu’elle avait convoquées pour fêter et caresser l’héritière de Villepreux, elle dissimula si peu son ennui et son dédain que la pauvre Joséphine se sentit mourir de honte et de crainte. Cependant les hommages dont elle fut l’objet de la part des hommes, car la jeunesse et la beauté trouvent toujours grâce et protection du côté de la barbe, lui rendirent quelque assurance; et peu à peu la rusée, amorçant par sa gentillesse riches et pauvres, blondins et grisons, se vengea à outrance des mépris de leurs femelles. On avait préparé un petit bal pour le soir, comptant qu’Yseult, tenant le piano, en serait la reine d’une certaine façon: la dame du lieu voulut renvoyer les violons et abréger la soirée en se disant malade. Mais la faction des hommes l’emporta. Le jeune frère se mit en révolte, et ses compagnons firent serment de ne pas laisser partir les jolies femmes. On grisa tous les cochers, on ôta les roues des voitures; il n’y eut que les équipages des douairières qui furent respectés; encore les vieux époux se firent-ils beaucoup gronder avant de s’arracher à la contemplation des belles épaules de Joséphine.

Elle resta donc au salon avec cinq ou six jeunes femmes de moindres hobereaux, qui s’amusaient pour leur compte et ne songeaient pas à l’humilier. Mais à mesure que la nuit s’avançait, les hommes, en passant de la contredanse au buffet, s’animèrent comme des gens qui ont couru la chasse toute la journée, et prirent des façons tout à fait anglaises, dont Joséphine commença à s’effrayer. Il y avait autour d’elle une lutte entre le désir brutal et un reste de convenance dont la limite était assez mal gardée. Joséphine n’était folle qu’à la superficie. Elle était de ces coquettes de province qui, avec l’amour de l’honnêteté et un fonds de sagesse, se permettent un système d’agaceries qu’elles croient sans conséquence et sans danger. Heureuse d’abord et fière d’exciter les désirs, elle sentit la rougeur monter à son front lorsqu’elle eut à se défendre d’un commencement de familiarité; c’est alors qu’elle songea à la retraite. Mais la comtesse, qui lui avait promis de la reconduire, voyant le bal se prolonger et Joséphine s’y complaire, avait été se coucher ou avait fait semblant: du moins elle s’était enfermée dans ses appartements. Raoul s’était laissé griser, et, tout en répondant à sa cousine qu’il était à ses ordres, ne faisait que chanter et rire aux éclats, sans comprendre sa situation. Les autres dames partirent une à une sans lui offrir de la reconduire. Le vicomte Amédée leur avait fait croire que sa sœur comptait se relever au point du jour pour ramener madame des Frenays dans sa voiture. Cependant la comtesse ne se releva pas. Les domestiques harassés ronflaient dans les antichambres; Raoul, complètement ivre, s’était laissé tomber sur un sofa. Joséphine restait comme seule avec cinq ou six jeunes gens complètement avinés, qui eussent voulu se chasser l’un l’autre, et qui s’obstinaient à la faire valser presque malgré elle. Accablée de fatigue, profondément blessée du procédé de son hôtesse, effrayée des manières de ses adorateurs, dégoûtée de leur plat caquetage, Joséphine s’assit d’un air consterné au milieu d’eux. Le froid du matin la faisait frissonner; elle demandait son châle: on lui répondait par des fadeurs à demi obscènes sur la beauté de sa taille. La salle était poudreuse, triste, affreuse à voir dans son désordre et à la clarté bleuâtre de l’aube. La pauvre femme était cruellement punie, et chaque mot, chaque regard qui tombait sur elle lui faisait expier son triomphe. C’est alors qu’un cri de détresse s’éleva du fond de son âme vers le Corinthien. Mais il n’était pas là, il pleurait au fond du parc de Villepreux.

1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 67
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)