Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
Certains prétendent différencier la baleine du Groenland des Anglais de la baleine franche des Américains, pourtant ils s’accordent quant à ses caractéristiques majeures et n’ont pas encore avancé un seul fait précis sur lequel appuyer une distinction fondamentale. C’est en raison de subdivisions sans fin, fondées sur des différences peu probantes, que certaines branches des sciences naturelles sont devenues d’une complexité rebutante. Nous parlerons plus longuement de la baleine vraie ailleurs, dans le but de porter une lumière sur le cachalot.
Livre I (in-folio), Chapitre III (le dos-en-rasoir). Je désigne sous ce nom le monstre qui, sous des appellations diverses de rorqual, grand souffleur et longimane, a été vu dans presque toutes les mers. Son souffle élevé a été bien souvent décrit par les passagers traversant l’Atlantique sur le paquebot de New York. Quant à sa longueur et à ses fanons, le rorqual ressemble à la baleine vraie, mais il est plus élancé et d’une couleur plus claire tirant sur l’olivâtre. Ses grandes lèvres ont un aspect festonné dû aux plis traversés de larges sillons. Sa caractéristique essentielle est l’aileron auquel il doit son nom («fin back») et qui attire le regard. Cet aileron, qui se dresse à l’extrémité de son dos, mesure deux ou trois pieds de long et forme un triangle extrêmement aigu à sa pointe. Même lorsqu’on n’aperçoit rien de son corps, cet aileron émerge parfois très visiblement au-dessus de la surface. Lorsque la mer est suffisamment calme, gravée de fins cercles concentriques, que cet aileron se dresse pareil au style d’un cadran solaire et projette son ombre sur le froissement de l’eau on dirait qu’il indique des heures mouvantes et liquides. Sur ce cadran d’Achaz, l’ombre va souvent à rebours. Le rorqual n’est pas grégaire, il semble haïr ses semblables à l’instar de certains hommes. Très timide, toujours solitaire, il émerge de façon inattendue dans les eaux les plus lointaines et les plus mornes; son souffle droit, haut, unique, s’élève comme le fût d’un arbre farouche, seul dans une plaine nue. Douée d’une force et d’une rapidité étonnantes, sa nage semble défier la poursuite de l’homme. Ce léviathan semble être le Caïn maudit et irréductible de sa race, marqué au fer sur le dos. Étant donné qu’il a la bouche garnie de fanons, le rorqual est souvent inclus dans le groupe des baleines vraies, dans l’espèce appelée théoriquement: cétacés à fanons, c’est-à-dire à «baleines». Ces cétacés à fanons semblent comprendre des genres nombreux dont la plupart sont malheureusement peu connus. Les baleiniers leur donnent des noms divers, baleines à gros nez, à bec, à bonnet, à tuyaux, rostré…
Au sujet de cette nomenclature «à fanons», il est important de relever que, si elle est très pratique pour désigner certaines espèces de cétacés, il serait vain d’espérer qu’elle permette une classification précise du léviathan d’après ses fanons, ses bosses, ses ailerons ou ses dents, bien que ces traits caractéristiques semblent plus aptes à fournir les fondements d’une cétologie que toute autre partie de leur anatomie. Et ensuite? Fanons, bosse, ailerons et dents, voilà qui est réparti sans discrimination parmi toutes sortes de cétacés, sans qu’ils aient pour autant des traits communs beaucoup plus essentiels. Ainsi le cachalot et la baleine à bosse sont tous deux bossus et là s’arrête leur ressemblance. Et cette même baleine à bosse, tout comme la baleine du Groenland, a des fanons et les similitudes s’arrêtent là. Il en va de même pour les dents, etc. dont nous venons de parler. Dans différentes espèces de baleines, ces éléments se combinent irrégulièrement, ou si l’on en isole un, on ne peut établir une méthodologie sur une base aussi peu sûre. C’est un écueil où échouèrent tous les naturalistes spécialisés en cétologie.
Mais on pourrait penser que l’anatomie interne d’un cétacé permet une plus juste classification. Non. Qu’est-ce qui, dans la baleine franche, paraît plus remarquable que ses fanons? Or nous venons de voir qu’elle est impossible à classer d’après eux. Et si vous pénétrez jusque dans les entrailles des divers léviathans, vous n’y trouverez pas un cinquantième de caractéristiques plus utiles que les caractéristiques extérieures. Que reste-t-il? Rien d’autre à faire qu’à empoigner les cétacés en masse et à les classer hardiment par ordre de grandeur. C’est le système bibliographique que j’adopte ici et le seul possible. Je continue:
Livre (in-folio), Chapitre IV (la jubarte ou baleine à bosse). On voit souvent cette baleine au large de la côte nord de l’Amérique où elle a souvent été prise et remorquée vers les ports. Elle porte un véritable ballot de colporteur sur le dos et vous pourriez aussi bien la nommer baleine-éléphant ou «howdah». Quoi qu’il en soit, ce nom qu’on lui donne vulgairement ne suffit pas à la distinguer car le cachalot porte également une bosse, mais de moindre importance. L’huile qu’elle fournit n’a pas grande valeur. Elle est «à fanons». C’est la plus joueuse et la plus gaie des baleines, elle soulève une écume plus pétillante et plus blanche que les autres cétacés.
Livre I (in-folio), Chapitre V (rorqual ou baleine à dos de rasoir). On sait peu de choses de cette baleine en dehors de son nom. Je l’ai aperçue au large du cap Horn. De nature repliée, elle évite également les chasseurs et les philosophes. Bien qu’elle ne soit pas lâche, elle ne montre jamais autre chose que son dos qui forme une longue arête tranchante. Laissons-la courir. Je ne sais rien de plus à son sujet et personne d’autre non plus d’ailleurs.
Livre I (in-folio), Chapitre VI («sulphur bottom»). Autre gentilhomme-ermite dont le ventre a dû prendre sa couleur soufrée à racler les toits de l’enfer lorsqu’il sonde les plus grandes profondeurs. On le voit rarement, du moins je ne l’ai jamais vu ailleurs que dans les plus lointaines mers du Sud et point d’assez près pour étudier sa mine. On ne le chasse pas car il s’enfuirait avec la production de lignes de toute une corderie. On raconte à son sujet des merveilles. Adieu «sulphur bottom»! Je ne puis rien dire de plus sur toi sans mentir, et nul des plus vieux Nantuckais n’en pourrait dire davantage.
Fin du livre I (in-folio). Début du Livre II (in-octavo).
IN-OCTAVO [4]. Celui-ci embrasse les cétacés de taille moyenne parmi lesquels on compte à présent: I: le grampus – II: la baleine-pilote ou poisson noir – III: le narval – IV: le batteur – V: le tueur.
Livre II (in-octavo), Chapitre I (le grampus). Ce poisson, dont la respiration, ou plutôt le souffle d’une vigoureuse sonorité a suggéré un proverbe aux terriens, si bien qu’il soit un citoyen des profondeurs, n’est pas communément classé parmi les baleines. Mais étant donné qu’il a toutes les caractéristiques distinctives du léviathan, la plupart des naturalistes l’ont admis comme tel. Il compte parmi les in-octavo de taille moyenne, mesurant de quinze à vingt-cinq pieds de long et d’un tour de taille correspondant. Il voyage en troupes, on ne le chasse pas systématiquement, bien qu’il fournisse une quantité d’huile assez considérable et d’assez bonne qualité. Quelques baleiniers le considèrent comme annonçant à sa suite le grand cachalot.
Livre II (in-octavo), Chapitre II (le poisson noir). Je donne à tous ces poissons les noms que leur donnent familièrement les baleiniers, car ce sont en général les meilleurs. Lorsqu’un de ces noms me paraîtra vague ou inapproprié, j’en suggérerai un autre. C’est ce que je vais faire au sujet du poisson noir, ainsi appelé parce que la noirceur est le propre des cétacés. De sorte que, si vous voulez bien, nous l’appellerons baleine-hyène. Sa voracité est bien connue et les commissures internes de ses lèvres remontent de sorte qu’il paraît éternellement ricaner de manière méphistophélique. Il mesure en moyenne de seize à dix-huit pieds de long, on le trouve sous presque toutes les latitudes, il a une façon à lui de montrer en nageant son aileron dorsal courbe qui fait penser à un nez romain. Lorsqu’ils ne trouvent pas de meilleur gibier, les chasseurs de cachalots capturent parfois la baleine-hyène, afin de maintenir leur réserve d’huile inférieure pour les usages courants, tout comme les ménagères économes, lorsqu’elles se trouvent absolument seules à la maison brûlent un suif malodorant plutôt qu’une cire parfumée. Bien que leur couche de lard soit mince, quelques-unes de ces baleines donnent parfois jusqu’à trente gallons d’huile.
[4] La raison pour laquelle ce livre des cétacés n'est pas appelé in-quarto est claire. Étant donné que les cétacés de cet ordre, bien que plus petits que ceux de l'ordre précédent, présentent toutefois avec eux une ressemblance relative quant à leurs formes, tandis que l'in-quarto du relieur ne conserve pas en réduction la forme de l'in-folio, ce qui est le cas pour l'in-octavo.