Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
Mais c’est une lourde tâche, un simple trieur de lettres à la poste n’en viendrait pas à bout. Tâtonner à leur suite au fond des mers, approcher les mains des indicibles fondations, des côtes, du bassin même de la terre, c’est une tentative effrayante. Qui suis-je pour prétendre «mettre un jonc dans les narines» du léviathan! Les sarcasmes dont Job se vit accablé peuvent bien me glacer de terreur. «Fera-t-il (le léviathan) un accord avec toi? Tout espoir de le prendre s’évanouit!» Mais j’ai traversé à la nage les bibliothèques et fait voile sur les océans. J’ai eu affaire avec les baleines avec les mains que voici, je suis sincère, et je vais me risquer. Il y a toutefois quelques préliminaires à établir.
Tout d’abord: que la cétologie en soit encore au stade incertain et indéfini de son enfance, un seul fait suffirait à le prouver: on discute parfois encore la question de savoir s’il faut ou non classer les cétacés dans le genre des poissons. Dans son Systema Naturæ, 1776, Linné déclare: «Désormais je ne mentionnerai plus les cétacés parmi les poissons.» Mais, je le sais, jusque vers 1850, et malgré l’affirmation formelle de Linné, les requins, les différentes espèces d’aloses tout comme les harengs étaient considérés au même titre que le léviathan parce que habitants d’une même mer.
Linné donne les raisons pour lesquelles il s’appuie pour dire que les cétacés ne participent pas du seul Océan: «à cause de leur sang chaud, de leur cœur biloculaire, de leurs poumons, de leurs paupières mobiles, de leurs oreilles sans pavillon externe, penem intrantem feminam mammis lactantem»? et enfin «ex lege naturæ jure meritoque». J’ai soumis cette question à mes amis Simeon Macey et Charley Coffin de Nantucket, qui furent tous deux mes compagnons d’ordinaire lors d’un certain voyage, et tous deux s’accordèrent à reconnaître que ces arguments étaient insuffisants. Charley eut même l’impiété de dire que c’étaient des balivernes.
Qu’on sache donc que, faisant fi de tout argument, je vais tabler sur la bonne vieille croyance qui fait de la baleine un poisson et que j’implorai le soutien du saint Jonas. Ce point essentiel étant fixé, le suivant est celui-ci: quelles sont les caractéristiques physiques qui distinguent les cétacés des autres poissons? Linné, dans le passage précité, les énumère, j’ajoute plus succinctement: des poumons, le sang chaud tandis que tous les autres poissons ont le sang froid et point de poumons.
Ensuite: quelle définition allons-nous donner de la baleine d’après son aspect extérieur, de façon que son signalement reste valable pour les temps à venir? En bref, la baleine est un poisson souffleur dont la queue est horizontale. Tout est là! Car, pour laconique que soit cette définition, elle est le fruit de longues méditations. Un morse souffle joliment comme une baleine, mais le morse n’est pas un poisson parce qu’il est amphibie. La seconde donnée de ma définition, liée à la première, est décisive. Presque tout un chacun a pu remarquer que les poissons familiers aux terriens n’ont pas la queue horizontale mais verticale, tandis que, d’une forme analogue, chez les poissons souffleurs elle est invariablement horizontale.
Par cette définition, je n’entends nullement exclure de la confrérie léviathanesque une quelconque créature marine jusqu’ici appelée cétacé par les Nantuckais les mieux informés, ni d’autre part les apparenter à des poissons jusqu’ici considérés par des gens compétents comme leur étant étrangers [3] Dès lors tous les poissons de moindre dimension, souffleurs et plagiures entreront dans le plan ichnographique de la cétologie. Et maintenant établissons les grandes divisions dans la région des cétacés.
Tout d’abord: selon leur ordre de grandeur je sépare en VOLUMES (subdivisibles en chapitres) tous les baleinoptères tant petits que grand. I: LA BALEINE IN-FOLIO – II: LA BALEINE IN-OCTAVO – III: LA BALEINE IN-DOUZE.
Comme type de l’in-folio, je donnerai le cachalot, de l’in-octavo le grampus ou orque épaulard, de l’in-douze, le marsouin.
IN-FOLIO: j’y inclus les chapitres suivants: I: le cachalot – II: la baleine franche – III: le rorqual commun – IV: la jubarte – V: la baleine à dos en rasoir – VI: le sulphur bottom.
Livre I (in-folio), Chapitre I: – le cachalot. Ce cétacé fut vaguement connu par les anciens Anglais sous le nom de Trumpo, physeter, et baleine à tête d’enclume; c’est l’actuel cachalot des Français, le Pottwal des Allemands, et le Macrocéphalus de la terminologie recherchée. C’est, sans aucun doute, le plus grand habitant du globe, le cétacé le plus redoutable à affronter, le plus majestueux d’aspect et enfin, de loin, celui qui a la plus grande valeur commerciale car c’est la seule créature qui fournisse le spermaceti, substance d’un prix inestimable. Nous nous étendrons, au cours du récit, sur toutes ses autres singularités. Je traiterai surtout de son nom pour le moment. Considéré du point de vue philologique, il est absurde. Il y a de cela quelques siècles, alors que sa personnalité était parfaitement inconnue, qu’on n’en tirait par hasard de l’huile que s’il se trouvait échoué, il semble qu’on pensait généralement que le spermaceti provenait d’un cétacé identique à celui que l’on nomme en Angleterre: baleine du Groenland ou baleine franche. On croyait également que ce même spermaceti était la liqueur séminale de cette baleine franche ce que suggère littéralement la première moitié du mot. En ces temps-là encore, le spermaceti était d’une extrême rareté et on ne l’utilisait pas pour en faire des bougies mais uniquement comme onguent et médicament. On ne pouvait l’obtenir que chez l’apothicaire, comme de nos jours vous y allez quérir une once de rhubarbe. Je pense que plus tard, lorsque fut connue la nature véritable du spermaceti, les marchands lui conservèrent son nom primitif afin d’augmenter sa valeur grâce à la notion de rareté qu’il impliquait. Mais la dénomination de baleine à spermaceti est enfin revenue à qui de droit.
Livre I, Chapitre II (la baleine franche): À certains égards elle est le plus vénérable des léviathans, ayant constitué le premier gibier poursuivi par les baleiniers. On lui doit ce qui est communément connu sous le nom de fanons ou de baleines, et l’huile dénommée «huile de baleine», peu cotée commercialement. Par les baleiniers, elle est indifféremment appelée: la baleine, la baleine du Groenland, la baleine noire, la grande baleine, la baleine vraie et la baleine franche. L’identité des espèces demeure très obscure sous ces noms de baptêmes si généreusement multipliés. Quelle est donc alors la baleine que je donne en deuxième exemple dans mes in-folios? C’est la grande mysticetus des naturalistes anglais; la baleine du Groenland des baleiniers britanniques, la baleine franche des baleiniers français, la Grönlandsval des Suédois. C’est la baleine qui, pendant plus de deux siècles, a été classée par les Hollandais et les Anglais dans les eaux arctiques; c’est celle que les Américains ont longuement poursuivie dans l’océan Indien, sur les bancs du Brésil, sur la côte nord-ouest et en bien d’autres régions du monde, qu’ils appelaient les parages de chasse à la baleine franche.
[3] Je sais que jusqu'à ce jour les poissons appelés Lamantins et Dugongs (cochons et truies de mer des Coffin de Nantucket) sont classés dans les cétacés. Mais je leur refuse ces lettres de crédit car ces cochons de mer sont bruyants, forment une société méprisable, se cachent à l'embouchure des rivières, broutent du foin mouillé et surtout ne sont pas des souffleurs. Je leur ai délivré leurs passeports afin qu'ils quittent le royaume de la Cétologie.