Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Биографии и мемуары » Frédéric Dard ou la vie privée de San-Antonio
Frédéric Dard ou la vie privée de San-Antonio - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Frédéric Dard ou la vie privée de San-Antonio

Электронная книга - «Frédéric Dard ou la vie privée de San-Antonio». Краткое содержание книги:

Frédéric Dard, le romancier français le plus lu de la seconde moitié du XXe siècle, demeure un créateur mal connu de ses contemporains. La faute en incombe sans nul doute à San-Antonio, son double littéraire au succès phénoménal.
Suivre les premiers succès d'un très jeune écrivain lyonnais encouragé par Simenon, puis, à Paris, le nouveau départ de Frédéric comme dramaturge aux côtés de Robert Hossein, sa collaboration comme scénariste avec les cinéastes Gérard Oury, Edouard Molinaro ou Yves Allégret.
Enfin revenir sur la naissance hasardeuse du commissaire San-Antonio en 1949 et la consécration de ce personnage de fiction devenu en quelque sorte auteur de la saga trépidante que l'on sait.
A travers ce portrait en action, on partagera les émois, les coups durs et les temps forts d'une vie d'homme épris d'absolu, dans un monde qu'il juge avec tendresse mais sans concession avec ce tempérament hors du commun qui fait sans conteste de Frédéric Dard l'homme de lettres le plus libre de notre époque.
1 ... 41 42 43 44 45 46 47 48 49 ... 77
Перейти на страницу:

« Tu sais, je suis comme le type qui fait tourner des assiettes sur des bâtons : si je m’arrête, je suis fichu ! »

Simultanément, un autre projet d’ordre immobilier prend forme, celui d’abandonner le pavillon de l’avenue du Maréchal-Foch, devenu trop exigu pour tous les meubles que les Dard y ont accumulés. Et puis les enfants ont grandi, ils ont besoin d’indépendance. La solution à ce problème est vite trouvée, mettant un terme à la suggestion d’Armand de Caro d’installer son auteur aux œufs d’or à La Varenne, où vivent déjà tous les membres de sa « tribu », notamment sa sœur Gil et son mari Lucien Saillet, qui travaillent également au Fleuve Noir. À quelques centaines de mètres seulement du pavillon, en bordure de Seine, un immense terrain boisé attenant à un castel fin de siècle est justement à vendre. Cet emplacement idéal, en retrait de la nationale de plus en plus fréquentée, accueillera une somptueuse villa au toit pentu, des garages pour les automobiles du couple et, bien sûr, une piscine.

Dans cette demeure cossue aussitôt baptisée Les Gros Murs, le romancier dispose d’un spacieux bureau-bibliothèque, pourvu d’une alcôve et d’immenses rayonnages qui auront rapidement du mal à contenir les « exemplaires d’auteur » de ses livres. Il aménage les vastes sous-sols de la maison en salle de jeux pour les enfants et leurs amis. Un « coin-bar » décoré dans le style western est orné d’une fresque murale de son ami le peintre lyonnais Del Bosco. Rien n’est laissé au hasard et Frédéric suggère — par superstition ? — de coller sur le sol de ciment peint en rouge sombre des cartes à jouer… C’est dans cette ambiance de saloon d’opérette que Frédéric reçoit ses nombreux amis du monde du spectacle. Gérard Oury en sera l’hôte lors d’une soirée de présentation de son film La menace organisée au cinéma des Mureaux.

Hossein est lui aussi un des hôtes de la nouvelle demeure de Frédéric où, ensemble, ils élaborent un roman d’espionnage intitulé Le sang est plus épais que Peau. Depuis Dernière mission (1950), Dard a régulièrement publié des récits d’espionnage dans la collection à présent fameuse du Fleuve Noir, sous le nom de Frédéric Charles, notamment La personne en question (1958) qui a pour cadre Hambourg et Les figurants de la peur (1960). Il a fait paraître le septième et dernier Frédéric Charles, La mort en laisse qui clôt pour lui Père des pseudonymes — San-Antonio excepté.

L’idée du livre qu’il s’apprête à écrire vient de Hossein, ou plutôt d’un ancien Résistant qui a raconté au comédien comment plusieurs de ses compagnons de l’ombre avaient volontairement servi d’appâts aux Allemands pour tenter de sauver le chef du réseau auquel ils appartenaient. Ce sujet fort, lourd d’une symbolique chère au cœur du metteur en scène, forme la trame du récit que Frédéric écrit seul, même s’il le signe de leurs deux noms. Ils ont évidemment déjà en tête d’en faire une pièce. Celle-ci sera montée en 1963 sous le titre Les six hommes en question au Théâtre Antoine avec dans les rôles principaux Hossein, Robert Dalban, Henri Virlojeux, Pierre Richard et Jean Lefebvre, puis, quelques mois plus tard, le jeune réalisateur Abder Isker la tourne pour la télévision, inaugurant ainsi une collaboration fructueuse avec Dard. Celui-ci s’est spontanément pris d’amitié pour ce garçon talentueux dont les origines kabyles semblent indisposer les producteurs. Ensemble, ils travaillent la même année à un autre téléfilm inspiré du Cauchemar de l’aube qui a enfin trouvé preneur… Ils se lancent ensuite dans une création originale, La dernière porte, huis clos ayant pour cadre le port de Hambourg. Frédéric transforme bien vite le scénario en roman sous le titre Quelqu’un marchait sur ma tombe.

Ce printemps 1963, qui voit Dard revenir au théâtre avec une pièce moins littéraire mais plus ambitieuse que les précédentes — chat échaudé… —, est aussi celui de la disparition tragique de son confrère Jean Bruce. Celui-ci trouve la mort dans un terrible accident de voiture sur la nationale 16, alors qu’il regagne sa villa des environs de Chantilly. La nouvelle est aussitôt annoncée à la radio et rapportée à Patrice Dard par un camarade de classe qui n’a pas entendu le nom de la victime, « un célèbre auteur de romans policiers ». L’adolescent, paniqué, croit pendant près d’une heure qu’il s’agit de son père…

La mort de Bruce, dont l’œuvre sera vaillamment reprise, quelque temps plus tard par son épouse Josette fait subitement de Frédéric le seul grand auteur de littérature populaire en activité, si l’on excepte Simenon dont la production s’essouffle et les Paul Kenny qui, à force d’avancer masqués, n’existent pas vraiment comme « auteur (s) ». Cet état de fait n’aura, certes, aucune incidence sur l’activité littéraire de Frédéric, et, symboliquement, son nom devient celui du porte-drapeau d’un genre — le roman populaire de masse — qui s’est complètement renouvelé depuis la guerre, suscitant un bel essor éditorial qu’Armand de Caro a, pour son compte, magnifiquement su orchestrer. Seuls, les auteurs de la Série Noire, notamment James Hadley Chase, et l’incontournable Agatha Christie, qui fait les beaux jours du Masque, s’opposent à la suprématie française en matière de littérature d’évasion.

Voici que, de l’autre côté de la Manche, un excentrique auteur est en passe de devenir la coqueluche des amateurs d’espionnage. C’est Ian Fleming, père du fringant James Bond 007, apparu pour la première fois en 1953 dans le roman Casino Royale mais qui se pavane déjà sur les écrans du monde entier dans des films aux titres alléchants : Docteur No ou Bons baisers de Russie. Un éditeur français s’est opportunément assuré l’exclusivité des livres de Fleming, ignorant comme tout le monde que celui-ci passera l’arme à gauche, en août 1964, à l’âge de cinquante-six ans…

Le 11 octobre, à quelques heures d’intervalle, deux célèbres admirateurs de Frédéric Dard/San-Antonio tirent leur révérence : Édith Piaf et Jean Cocteau. Ce dernier venait juste de faire connaître la nature de son vote pour les Palmes d’or du roman d’espionnage, un prix créé récemment par Armand de Caro et qui couronne exclusivement des auteurs du Fleuve Noir.

Frédéric est à ce moment plongé dans la rédaction d’un très gros livre, né d’une idée originale aussitôt approuvée par son éditeur. Il s’agit d’un pseudo-manuel d’Histoire de France entièrement conçu du point de vue du tonitruant adjoint de San-Antonio et publié, bien sûr, sous le nom de celui-ci. Simultanément, Frédéric a décidé d’entrer en contact avec un dessinateur qu’il admire depuis longtemps, le célèbre Dubout, pour lui proposer d’illustrer ce livre. Il rend visite à l’excentrique artiste qui vit en ermite dans un petit village du Vexin, et leurs deux natures anticonformistes, également portées à l’outrance, vont s’accorder. Dubout accepte et livre peu après le fruit de son travail, une série de dessins au trait qui souligne à l’envi les liens de parenté entre les deux artistes. Bérurier y trouve son vrai visage. Quant aux bouffonneries nées de la confrontation d’une ribambelle d’anecdotes chères aux manuels scolaires et de l’imagination illimitée du romancier, elles prolongent de somptueuse façon la veine naguère mise au service des publications de Clément Jacquier.

1 ... 41 42 43 44 45 46 47 48 49 ... 77
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)