Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
1 ... 36 37 38 39 40 41 42 43 44 ... 169
Перейти на страницу:

Daggoo était le troisième harponneur. C’était un nègre géant, primitif, d’un noir de charbon, un Assuérus à la démarche de lion. Il portait aux oreilles deux boucles d’or si grandes que les marins les appelaient des chevilles à boucle et suggéraient d’y amarrer les drisses de hune. Daggoo s’était, dans son jeune âge, volontairement embarqué sur un baleinier en relâche dans une baie solitaire de son rivage natal. Il ne connaissait du monde que l’Afrique, Nantucket et les ports non civilisés les plus fréquentés des baleiniers; depuis de nombreuses années, il menait cette vie téméraire de la chasse, à bord de navires dont les propriétaires se montraient circonspects à l’extrême sur le genre d’hommes qu’ils engageaient. Daggoo conservait intacte sa prestance barbare et, droit comme une girafe, il déplaçait sur les ponts la splendeur de ses six pieds cinq pouces, en chaussettes. En levant les yeux vers lui, une humilité physique vous envahissait. Un homme blanc, debout à ses côtés, faisait figure du drapeau blanc du parlementaire. Par un hasard curieux, ce nègre impérial, Assuérus Daggoo, était l’écuyer du petit Flask qui, près de lui, semblait un pion d’échecs. Quant au reste de l’équipage du Péquod, disons-le, pas un sur deux, jusqu’à ce jour, des milliers de matelots engagés dans la baleinerie américaine n’est américain, bien que presque tous les officiers le soient. Il en va des équipages baleiniers comme de l’armée, de la marine de guerre, de la marine marchande et du génie civil employé à la construction des canaux et des voies ferrées en Amérique. Je dis qu’il en va de même parce que, dans tous ces cas, le natif américain fournit aussi généreusement le cerveau que les autres nations les muscles. Un bon nombre de baleiniers viennent des Açores où les bâtiments en provenance de Nantucket font souvent escale dans le but d’augmenter leur équipage avec les soi-disant paysans de ces îles rocheuses. Les baleiniers groenlandais, partis de Hull ou de Londres, s’arrêtent de même aux Shetland, afin de recruter le complément d’hommes qu’ils y déposent à leur retour. Les insulaires semblent faire les meilleurs baleiniers, on ne sait trop pourquoi. À bord du Péquod, la majorité des hommes étaient des insulaires, des Isolatoes qui plus est, je dirais, car, non contents de ne rien connaître du continent commun à tous les hommes, chaque isolato vit à l’écart sur un continent à lui. Mais à présent, établis en communauté à bord, quel ensemble ils formaient! Une délégation digne d’Anacharsis Clootz, recrutée dans toutes les îles de la mer, dans tous les coins de la terre, pour témoigner, avec le vieil Achab, de toutes les injustices du monde, à un banc dont bien peu sont revenus. Le petit Noir Pip n’est pas revenu, oh! non! il est parti avant. Pauvre gars d’Alabama! Sur le lugubre gaillard d’avant du Péquod, vous le verrez sous peu battre son tambourin; il jouait un prélude à l’éternité lorsqu’il fut mandé au gaillard d’arrière du ciel, pour se joindre aux anges et jouer du tambourin dans la gloire. Tenu pour un couard ici, salué en héros là-haut!

CHAPITRE XXVIII Achab

Pendant plusieurs jours après le départ de Nantucket, aucun signe du capitaine Achab ne se manifesta au-dessus des écoutilles. Les seconds se relayaient régulièrement aux quarts et, rien qu’on pût voir ne prouvant le contraire, ils paraissaient seuls commander à bord; pourtant, ils ressortaient parfois de la cabine avec des ordres si soudains et si péremptoires qu’après tout il était clair qu’ils ne commandaient que par procuration. Donc leur seigneur et maître était là, bien qu’invisible à tous les regards, hormis de ceux qui étaient autorisés à voir au-delà du seuil de cette retraite sacrée qu’était la cabine.

Chaque fois que je montais sur le pont en revenant de mes quarts en bas, je regardais intensément vers l’arrière pour voir si n’apparaissait pas un visage étranger, car l’isolement en mer avait rendu obsessionnel le premier malaise que j’avais vaguement éprouvé au sujet du capitaine inconnu. Cette obsession était étrangement exacerbée par ma mémoire lorsque je venais à songer aux propos diaboliques et incohérents du loqueteux Élie et bien que ces pensées fussent des intruses dont je n’aurais jamais imaginé qu’elles puissent avoir une aussi subtile violence. Je le supportais mal, alors que d’humeur différente, j’étais presque disposé à sourire des fantasques solennités de cet incongru prophète des quais. Que je ressentisse de l’appréhension ou de la gêne, pour l’appeler ainsi, rien ne semblait justifier le fait d’entretenir un tel trouble lorsque je regardais autour de moi. Bien que les harponneurs et la majorité de l’équipage formassent un ensemble bouffon, barbare et païen, tel qu’on n’en voit pas à bord des insipides navires marchands sur lesquels j’avais fait mes premières expériences, je ne pouvais mettre cette angoisse, et fort justement, qu’au compte de la nature unique et farouche de cette sauvage vocation de Viking à laquelle j’avais cédé de façon désordonnée. L’aspect des trois officiers supérieurs, les seconds, était, toutefois, des plus propres à dissiper énergiquement ces phantasmes blafards et à infuser la confiance et la gaieté dans les mauvais pressentiments. Comme officiers de marine et comme hommes, et chacun à leur manière, il n’eût pas été aisé d’en trouver trois meilleurs; et tous trois étaient américains, un Nantuckais, un Vineyarder, et un Cap Codais.

Comme le navire avait quitté le port le jour de Noël, nous eûmes un temps polaire et un froid mordant sur un certain parcours, mais nous étions sans cesse en train de fuir devant lui vers le sud, et chaque minute et chaque degré de latitude nous éloignaient de cet hiver impitoyable et insupportable.

Ce fut par un de ces matins d’entre deux climats, moins menaçant mais encore bien gris et sombre, tandis que le navire courait vent arrière, bondissant de façon vengeresse, avec une hâte mélancolique, que, montant sur le pont à l’appel du quart du matin, et levant les yeux vers la lisse de couronnement, je fus aussitôt envahi d’un frisson prémonitoire. La réalité avait lutté de vitesse avec l’appréhension, le capitaine Achab se tenait sur le gaillard d’arrière.

Rien ne trahissait en lui une quelconque maladie physique, ni les signes d’une convalescence. Il avait l’air d’un homme qu’on eût arraché à un bûcher dont les flammes l’auraient de part en part dévasté sans le consumer, et sans altérer si peu que ce soit la force dont était pétri son vieil âge. Sa stature haute et large semblait coulée dans un bronze massif, et avoir pris forme dans un moule inaltérable, comme le Persée de Cellini. Une marque fine prenant sa source dans ses cheveux gris courait en un sillon blême sur un côté de son visage aduste, descendait dans son cou basané, pour venir se perdre dans ses vêtements. On eût dit la cicatrice verticale zébrant le fût altier et droit d’un grand arbre lorsque la foudre, précipitant sur lui sa flèche, n’arrachant nulle brindille mais creusant une cannelure dans l’écorce depuis le faîte jusqu’aux racines, avant de pénétrer dans la terre, laisse néanmoins l’arbre bien vivant dans sa verdure, mais marqué au fer. Personne ne peut savoir s’il était né avec sa marque ou si c’était la trace de quelque tragique blessure. Pendant tout le voyage et selon un accord tacite, il y fut peu ou il n’y fut pas fait allusion, surtout pas par les officiers. Mais une fois, un aîné de Tashtego, un vieil Indien de Gay Head qui faisait partie de l’équipage, affirma superstitieusement qu’Achab ne fut marqué de la sorte qu’après la quarantaine passée et non à la suite d’un combat furieux et meurtrier avec un homme mais lors d’une lutte surnaturelle en mer. Toutefois, cette suggestion insensée fut démentie par les déductions que donnait à entendre un vieux Mannois, un vieillard sépulcral qui, n’ayant jamais encore embarqué à Nantucket, posait pour la première fois son regard sur le farouche Achab. Néanmoins, les vieilles traditions marines, la crédulité immémoriale prêtaient communément à ce vieux Mannois des pouvoirs transcendants de clairvoyance. De sorte qu’il ne se trouvait pas un seul marin blanc pour lui opposer une contradiction sérieuse lorsqu’il disait que si jamais le capitaine Achab venait à être enseveli paisiblement – ce qui a peu de chances d’arriver, ajoutait-il dans un murmure – alors celui qui veillerait à sa toilette funèbre découvrirait une marque de naissance le parcourant de la tête aux pieds.

1 ... 36 37 38 39 40 41 42 43 44 ... 169
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)