Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le compagnon [Alvin Journeyman - fr]
Le compagnon [Alvin Journeyman - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le compagnon [Alvin Journeyman - fr]

Электронная книга - «Le compagnon [Alvin Journeyman - fr]». Краткое содержание книги:

Compagnon forgeron, compagnon Faiseur, Alvin est de retour chez les siens. Mais quelle est sa tâche aujourd’hui ? « Je ne peux pas apprendre aux gens comment bâtir la Cité de Cristal si je ne sais pas moi-même de quoi il s’agit. »
La Cité de Cristal : la vision dans la tornade du lac Mizogan, en compagnie du prophète des Rouges. Si peu des chemins de sa vie y conduisent ; Peggy Larner — Peggy la torche — le sait bien.
Et l’ennemi de toujours choisit à présent des voies plus subtiles pour le détruire. Pièges, fuite, menaces, mensonges, délation, prison, tribunal, Alvin n’est-il pas condamné au renoncement ? Et le pire danger viendra peut-être de son frère Calvin, qui le jalouse au point de bientôt lui vouer une haine amère et décide de s’expatrier vers l’Ancien Monde afin de rencontrer Napoléon dont on sait le pouvoir redoutable
L’Amérique n’est-elle pas trop petite pour deux hommes aux talents en puissance si formidables ?
1 ... 40 41 42 43 44 45 46 47 48 ... 113
Перейти на страницу:

Et alors ? Croyaient-ils qu’il n’y avait pas songé ? Rien de plus simple que ramollir la pierre et retirer les barreaux. Ou même faire s’écouler le métal hors de la pierre dans laquelle il était scellé. Ou encore dissoudre entièrement le barreau. Ou s’appuyer contre la pierre, s’enfoncer dedans et traverser le mur pour se retrouver dehors. Plutôt facile pour Alvin. Dans son enfance il avait joué avec la roche, il avait découvert en elle de la malléabilité et des faiblesses ; durant son apprentissage de forgeron il avait compris la texture intime du fer. Ne s’était-il pas plongé dans le feu de la forge pour transformer en or vivant un soc de charrue en fer ?

Aujourd’hui, enfermé dans cette prison, il songeait à partir, il y songeait sans cesse. Songeait à détaler dans les bois, avec ou sans Arthur Stuart – le gamin était heureux ici, alors pourquoi l’emmener ? Songeait au soleil sur son dos, au vent sur sa figure, au chant vert de la forêt désormais si faible à travers la pierre et le fer qu’il avait du mal à l’entendre.

Mais il se répéta ce qu’il répondait à ses braves visiteurs pétris de bonnes intentions. « Faut que j’soye débarrassé de cette affaire-là avant de m’en repartir. Alors j’veux passer en jugement icitte, m’faire acquitter, pis m’en aller sans craindre que des genses me courent après et racontent encore les mêmes inventions sus mon compte. »

Ils avaient alors tous la même réaction. N’ayant pas réussi à le convaincre de s’échapper, ils reluquaient le havresac et chuchotaient : « L’est là-dedans ? »

Et les plus audacieux demandaient ce dont ils rêvaient tous : « J’peux l’voir ? »

Sa réponse était toujours la même. Il leur posait une question sur le temps. « Vous croyez que l’hiver va être rude ? » Certains réagissaient moins vite que d’autres, mais au bout d’un moment ils comprenaient tous qu’il ne révélerait rien de rien sur le soc d’or ni sur le contenu de son sac, pas un mot. Ils se mettaient alors à bavarder ou ramassaient ses plats vides, du moins ceux qui lui avaient apporté à manger, mais ça ne durait jamais longtemps, et ils ressortaient bientôt du palais de justice pour dire aux amis et à la famille que le prisonnier avait comme qui dirait l’air abattu mais qu’il refusait toujours de parler de ce soc d’or qu’il avait volé, d’après Conciliant, au temps de son apprentissage.

Un jour, le shérif Po Doggly amena un individu qu’Alvin crut reconnaître, mais sans se rappeler pourquoi ni retrouver son nom. « C’est lui, fit l’inconnu. Aucun respect pour l’talent des autres sauf le sien. »

Alvin se souvint alors : il s’agissait du sourcier qui avait choisi l’emplacement où Alvin devait creuser un puits pour Conciliant Smith. Celui où Alvin était tombé sur une couche épaisse de roche bien dure sans même trouver la moindre goutte d’eau. Conciliant comptait sûrement s’en servir comme témoin, pour confirmer que le puits d’Alvin ne se trouvait pas au point désigné. Bah, ça, c’était vrai, il n’y avait pas à contester. Le sourcier témoignerait uniquement de faits qu’Alvin reconnaîtrait lui-même de son plein gré. Qu’ils continuent donc leurs manigances. Alvin avait la vérité pour lui, et ça suffirait bien aux douze jurés de Hatrack River.

Les visites qui le réconfortaient vraiment, c’étaient celles d’Arthur. Deux ou trois fois par jour, le gamin s’amenait de la place comme une feuille qu’un coup de vent pousse par une porte ouverte. « Faut qu’tu voyes ce gars, John Binder, disait-il. Cordier, il est. Y en a qui font des blagues, ils lui disent que si on décide de t’pendre, c’est lui qui tressera la corde, mais il leur ferme tout d’suite la goule, faudrait que t’entendes ça, Alvin. « C’est pas une corde à moi qui va pendre un Faiseux », qu’il dit. Ça, c’est un ami, j’trouve, même si tu l’as jamais vu. Mais j’te l’dis, d’après qu’ses cordes se défont jamais, qu’on peut les couper n’importe où, elles s’effilochent même pas. C’est pas un talent, ça ? »

Plus tard le même jour, il venait parler de quelqu’un d’autre. « J’étais dehors après chercher Alfreda Matthews, la cousine à Sophie, celle-là qui reste dans la cabane sus l’bord d’la rivière, seulement la rivière, elle est longue et elle vire, j’arrivais pas à la trouver, ça commençait à faire noir, par le fait, et j’arrivais même pas à trouver mon ch’min, quand tout d’un coup me v’là nez à nez avec le cap’taine Alexander, c’est un cap’taine de bateau mais personne connaît c’qu’y fait par chez nous autres, si loin d’la mer. Il reste par icitte à bricoler et faire des p’tits ouvrages, et Vialatte Franker, elle dit qu’il a sûrement commis un crime horrible pour venir s’cacher loin d’la mer, ou p’t-être qu’une grande bête marine y a avalé son bateau, qu’elle a laissé qu’lui d’vivant et qu’asteure il ose pus y retourner par rapport qu’il a peur d’la bête – elle l’appelle la Vaya Than et d’après Dame Trader c’est de l’espagnol, ça veut dire « C’est une maudite menterie », tu connais Dame Trader ?

— L’ai rencontrée, répondit Alvin. Elle m’a apporté des pastilles de marrube. J’ai jamais mangé d’bonbons aussi mauvais, enfin, m’est avis qu’ceux qu’aiment ça, ils les auraient trouvés à leur goût. Une drôle de femme. L’est restée accroupie dehors à côté d’la porte à réfléchir un long moment, pis elle a fini par s’lever et elle a dit : “Pfff, te v’là en prison et t’es l’premier bougre que j’vois qu’a pas b’soin d’arien”.

— D’après que c’est ça, son talent, elle connaît ce qu’on a b’soin même quand nous autres on l’connaît pas, dit Arthur. Mais j’dois dire que d’après Vialatte Franker, cette Dame Trader, c’est une truqueuse pareille que l’gamin cocodrille du spectacle de monstres à Dekane, çui-là que t’as pas voulu m’emmener voir, par rapport que s’il était un vrai cocodrille, t’as dit, c’était cruel de l’regarder la bouche ouverte, et…

— Je m’souviens de c’que j’ai dit, Arthur. Pas b’soin de m’répéter des bagueulages sus c’que j’ai fait, moi.

— Bon, de quoi j’causais ?

— T’étais perdu dans les bois, après chercher Freda la soûlarde.

— Et je m’ai cogné dans ce cap’taine, toujours bien ; il me r’garde dedans les yeux et il dit : « Suis-moi. » Alors je l’suis durant une dizaine de pas, il me met en plein mitan d’une piste de cerf et il dit : « Va d’ce côté-là et quand tu vas r’tomber sus la rivière, tu la r’montes durant dix perches. » Et tu connais quoi ? J’ai fait comme il a dit, et tu connais quoi ?

— T’as trouvé Freda.

— Alfreda Matthews, et elle était complètement soûle, ’videmment, mais j’y ai aspergé la figure d’eau et j’ai fait comme t’as dit qu’il fallait faire, j’y ai vidé son cruchon, et bon d’là elle était en colère affreux, j’ai été forcé d’giguer pire que l’djab’ pour éviter les cailloux qu’elle lançait !

— Pauvre femme, fit Alvin. Mais ça servira à rien tant qu’y aura du monde à y donner d’autres cruchons.

— Tu peux pas faire comme pour le prophète rouge ? »

Alvin lui jeta un regard inquisiteur. « Qu’esse tu crois tu connais là-dessus ?

— Seulement c’que ta maman m’a dit à Vigor Church, que t’as pris un Rouge borgne et soûl et que t’en as fait un prophète. »

Alvin secoua la tête. « Non, mon gars, elle s’est trompée. Ç’a toujours été un prophète. Et il était pas soûl comme Freda. Il buvait d’la gnôle pour noyer l’bruit noir affreux d’la mort. C’est ça que j’ai arrangé, et après il avait pus b’soin d’sa gnôle. Mais Freda… c’est quèque chose d’autre qui réclame à boire, et j’ai pas ’core compris quoi.

1 ... 40 41 42 43 44 45 46 47 48 ... 113
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)