L'agonie de la lumière
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-07572-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'agonie de la lumière». Краткое содержание книги:
T’Larien se tourna vers Janacek. « Pas si vite ! Ce matin, vous avez reconnu la tenir éloignée de moi. Vous l’avez admis. »
Vikary semblait troublé. « Garse ?
— C’est la vérité. Il était venu m’assaillir de questions – en s’introduisant de surcroît chez nous au moyen d’un mensonge éhonté. Il était persuadé que ces barbares de Jadefer gardaient Gwen captive. » Il but une gorgée de vin.
« Tu n’as pas fait preuve d’une grande sagesse, Garse.
— Il mentait. J’ai menti à mon tour.
— Tu n’es pas un ami loyal.
— Ce n’était pas mon ami, à ce moment-là. Je m’efforcerai désormais de le traiter comme un keth.
— À la bonne heure. Bon, t’Larien, voulez-vous devenir le keth de Garse ? »
Dirk considéra longuement la question. « Oui, je suppose.
— Alors, buvons ! » Les trois hommes levèrent leurs verres – celui de Janacek était déjà à moitié vide. Et le vin coula, chaud, légèrement amer, sur la langue de Dirk. Pas le meilleur qu’il ait jamais goûté, mais tout à fait buvable.
Janacek termina le sien et se leva. « Il faut que nous parlions de ces duels.
— Oui, reconnut Vikary. Cette journée a été désastreuse. Aucun de vous deux n’a fait preuve de sagesse. »
Janacek s’appuya contre le linteau, sous l’une des gargouilles qui le lorgnaient. « Jaan, tu es bien mal placé pour nous reprocher quoi que ce soit. Comprends-moi. Je ne redoute aucunement ce duel avec Bretan Braith et Chell Brasnu, mais il n’avait pas lieu d’être. Tu as délibérément provoqué le Braith, tes paroles insultantes ne lui ont laissé d’autre choix que de te défier – dans le cas contraire, même son propre teyn l’aurait méprisé.
— Rien ne s’est passé comme je l’escomptais. Je pensais que Bretan préférerait renoncer à son duel avec t’Larien plutôt que se battre également avec nous. Mais je me suis trompé.
— Oui – et j’aurais pu te le dire, pour peu que tu me l’aies demandé. Tu l’as poussé à bout, et tu as été bien près de devenir un briseur de duel.
— Je regrette, mais c’est ce que le code prévoit.
— Possible. Bretan n’en a pas moins eu raison d’agir ainsi. Il se serait déshonoré en pardonnant t’Larien simplement parce qu’il avait peur de toi.
— Non. Voilà encore un point sur lequel tout notre peuple se trompe, toi y compris ! Éviter un duel ne constitue en aucun cas un motif de honte. Les Kavalars vont devoir le comprendre si d’aventure ils veulent accomplir leur destinée. Mais tu as par ailleurs parfaitement raison, je te l’accorde… Compte tenu de la personnalité de Bretan, il ne pouvait pas réagir autrement. Je l’ai méjugé.
— Une erreur très grave, lui fit remarquer un Janacek tout sourire. Il aurait bien mieux valu laisser t’Larien se battre seul. J’ai fait en sorte qu’ils s’affrontent à l’arme blanche, non ? Jamais le Braith n’aurait tué son adversaire pour une telle peccadille. Surtout pas un adversaire tel que Dirk – il n’en aurait tiré aucune gloire. Il se serait certainement contenté de ne le toucher qu’une seule fois. Une simple entaille, qui aurait fait le plus grand bien à t’Larien. Pareille blessure lui aurait servi de leçon, au vu de tous les impairs qu’il ne cesse de commettre. Et une balafre aurait ajouté de la personnalité à son visage. » Il regarda Dirk. « À présent, il ne fait aucun doute que Bretan Braith vous tuera. »
Il avait formulé cette dernière remarque avec un certain enthousiasme, presque de la désinvolture. Dirk faillit s’étrangler avec son vin. « Quoi ? »
Janacek haussa les épaules. « En tant que premier défié, vous allez devoir vous battre avant nous. Vous ne pouvez donc pas espérer que Jaan et moi vous débarrassions de votre adversaire avant qu’il ne se soit mesuré à vous. Bretan Braith Lantry doit sa célébrité autant à ses talents de duelliste qu’à sa beauté saisissante. En vérité, tous les Kavalars le connaissent. C’est sans doute pour chasser des simulacres en compagnie de Chell qu’il est venu ici, mais il n’a rien d’un véritable chasseur. Il est plus à son aise dans le carré de la mort que dans la jungle, si j’en crois ce qu’on m’a raconté sur son compte. Même ses propres kethi le trouvent difficile à vivre. Non content d’être horriblement laid, il a également pris Chell lib de Braith pour teyn. Chell était autrefois un noble puissant et honoré, qui a survécu à sa betheyn ainsi qu’à son premier teyn. Il a cependant fini par devenir un vieux gâteux superstitieux, nanti de fort peu d’esprit, mais de grandes richesses. On murmure d’ailleurs dans les étaux que c’est uniquement pour sa fortune que Bretan Braith a pris son fer et son feu. Personne n’en parle ouvertement devant lui, bien sûr, car on le dit très susceptible. Jaan l’a mis dans une telle colère qu’il va sans doute aucun se montrer sans merci lors du combat qui va vous opposer. J’espère seulement que vous parviendrez à le toucher avant de mourir – ça augmentera nos propres chances quand viendra notre tour de l’affronter. »
Dirk se souvenait de la confiance qu’il avait ressentie, là-haut, sur la terrasse. De l’impression qu’aucun des deux Braiths ne constituait un véritable danger. Il avait cru les comprendre, s’était même senti sincèrement désolé pour eux. Mais c’était à présent pour lui-même qu’il commençait à s’en faire. « Est-ce qu’il dit la vérité ? demanda-t-il à Vikary.
— Garse exagère sans doute un peu. Mais vous courez bel et bien un grave danger, inutile de le nier. Bretan ne manquera certainement pas de vous tuer si vous lui en donnez l’occasion. Mais cela n’a rien d’inévitable. Les règles qui s’appliquent à ce genre de duels sont très simples : une fois que l’arbitre a tracé à la craie un carré de cinq mètres de côté sur le sol, les deux adversaires vont se positionner dans des angles opposés. À un ordre de l’arbitre, chacun d’eux s’avance vers le centre, épée au poing, prêt au combat. Les lois de l’honneur nous imposent de recevoir et de donner un coup. Je vous conseille de le blesser à la jambe ou au pied, cela indiquera votre refus d’un véritable duel à mort. Après le premier assaut que vous aurez subi (essayez de parer sa lame avec votre épée, si vous y parvenez), vous pourrez marcher jusqu’à la bordure du carré pour signifier votre désir de vous rendre. Ne courez surtout pas. Fuir devant un adversaire est considéré comme un motif de déshonneur ; l’arbitre déclarerait dans l’instant Bretan vainqueur, et les autres Braiths vous mettraient aussitôt à mort. Il faudra que vous marchiez calmement – vous serez en sécurité une fois hors du carré.
— Mais ça suppose d’atteindre le trait de craie, fit Janacek. Et Bretan vous tuera avant.
— Après avoir croisé le fer ainsi que le veut le code, s’enquit Dirk avec espoir, ne peut-on pas simplement jeter son épée et s’éloigner ?
— Bretan en serait sans aucun doute fort déconcerté, lui répondit Janacek. Mais cela ne l’empêcherait pas de vous embrocher.
— À votre place, renchérit Vikary, je m’en abstiendrais. »
Janacek revint alors lentement vers le divan, prit son verre et s’y versa du vin. « Je trouve les suggestions de Jaan complètement ridicules, fit-il. Vous devez conserver votre épée et vous battre, sans tenter de gagner le périmètre du carré. Votre adversaire est borgne, ne l’oubliez pas. Cela le rend certainement très vulnérable du côté où il lui manque un œil. Et vous avez forcément remarqué à quel point il avait du mal à bouger la tête. »