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READ-E-BOOK » Романы для взрослых » Justine Ou Les Malheurs De La Vertu

Электронная книга - «Justine Ou Les Malheurs De La Vertu». Краткое содержание книги:

Rejetant la douce nature rousseauiste, Sade dévoile le mal qui est en nous et dans la vie. La vertueuse Justine fait la confidence de ses malheurs et demeure jusque dans les plus scabreux détails l'incarnation de la vertu. Apologie du crime, de la liberté des corps comme des esprits, de la cruauté 'extrême sensibilité des organes connue seulement des êtres délicats', l'oeuvre du marquis de Sade étonne ou scandalise. C'est aussi une oeuvre d'une poésie délirante et pleine d'humour noir.
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– Tiens-toi bien, coquine, me dit-il, tu vas être traitée comme la dernière des misérables.

Je reçois à ces mots cinquante coups, mais qui ne prennent que depuis le milieu des épaules jusqu'à la chute des reins exclusivement. Il vole à ma camarade et la traite de même; nous ne prononcions pas une parole; on n'entendait que quelques gémissements sourds et contenus, et nous avions assez de force pour retenir nos larmes. A quelque point que fussent enflammées les passions du moine, on n'en apercevait pourtant aucun signe encore; par intervalles, il s'excitait fortement sans que rien se levât. En se rapprochant de moi, il considère quelques minutes ces deux globes de chair encore intacte et qui allaient à leur tour endurer le supplice; il les manie, il ne peut s'empêcher de les entrouvrir, de les chatouiller, de les baiser mille fois encore.

– Allons, dit-il, du courage…

Une grêle de coups tombe à l'instant sur ces masses et les meurtrit jusqu'aux cuisses. Extrêmement animé des bonds, des haut-le-corps, des grincements, des contorsions que la douleur m'arrache, les examinant, les saisissant avec délices, il vient en exprimer, sur ma bouche qu'il baisa avec ardeur, les sensations dont il est agité…

– Cette fille me plaît, s'écrie-t-il, je n'en ai jamais fustigée qui m'ait autant donné de plaisir!

Et il retourne à sa nièce, qu'il traite avec la même barbarie. Il restait la partie inférieure, depuis le haut des cuisses jusqu'aux mollets, et sur l'une et l'autre il frappe avec la même ardeur.

– Allons! dit-il encore, en me retournant, changeons de main et visitons ceci.

Il me donne une vingtaine de coups, depuis le milieu du ventre jusqu'au bas des cuisses, puis, me les faisant écarter, il frappa rudement dans l'intérieur de l'antre que je lui ouvrais par mon attitude.

– Voilà, dit-il, l'oiseau que je veux plumer.

Quelques cinglons ayant, par les précautions qu'il prenait, pénétré fort avant, je ne pus retenir mes cris.

– Ah! ah! dit le scélérat, j'ai trouvé l'endroit sensible; bientôt, bientôt, nous le visiterons un peu mieux.

Cependant sa nièce est mise dans la même posture et traitée de la même manière; il l'atteint également sur les endroits les plus délicats du corps d'une femme; mais soit habitude, soit courage, soit la crainte d'encourir de plus rudes traitements, elle a la force de se contenir, et l'on n'aperçoit d'elle que des frémissements et quelques contorsions involontaires. Il y avait pourtant un peu de changement dans l'état physique de ce libertin, et quoique les choses eussent encore bien peu de consistance, à force de secousses elles en annonçaient incessamment.

– Mettez-vous à genoux, me dit le moine, je vais vous fouetter sur la gorge.

– Sur la gorge, mon père!

– Oui, sur ces deux masses lubriques qui ne m'excitèrent jamais que pour cet usage.

Et il les serrait, il les comprimait violemment en disant cela.

– Oh! mon père! cette partie est si délicate, vous me ferez mourir.

– Que m'importe, pourvu que je me satisfasse?

Et il m'applique cinq ou six coups qu'heureusement je pare de mes mains. Voyant cela, il les lie derrière mon dos; je n'ai plus que les mouvements de ma physionomie et mes larmes pour implorer ma grâce, car il m'avait durement ordonné de me taire. Je tâche donc de l'attendrir… mais en vain. Il appuie fortement une douzaine de coups sur mes deux seins que rien ne garantit plus; d'affreux cinglons s'impriment aussitôt en traits de sang; la douleur m'arrachait des larmes qui retombaient sur les vestiges de la rage de ce monstre, et les rendaient, disait-il, mille fois plus intéressants encore… Il les baisait, il les dévorait, et revenait de temps en temps à ma bouche, à mes yeux inondés de pleurs, qu'il suçait de même avec lubricité.

Armande se place, ses mains se lient, elle offre un sein d'albâtre et de la plus belle rondeur; Clément fait semblant de le baiser, mais c'est pour le mordre… Il frappe enfin, et ces belles chairs si blanches, si potelées, ne présentent bientôt plus aux yeux de leur bourreau que des meurtrissures et des traces de sang.

– Un instant, dit le moine avec fureur, je veux fustiger à la fois le plus beau des derrières et le plus doux des seins.

Il me laisse à genoux, et plaçant Armande sur moi, il lui fait écarter les jambes, en telle sorte que ma bouche se trouve à hauteur de son bas-ventre, et ma gorge entre ses cuisses, au bas de son derrière. Par ce moyen, le moine a ce qu'il veut à sa portée, il a sous le même point de vue les fesses d'Armande et mes tétons; il frappe l'un et l'autre avec acharnement, mais ma compagne, pour m'épargner des coups qui deviennent bien plus dangereux pour moi que pour elle, a la complaisance de se baisser et de me garantir ainsi, en recevant elle-même des cinglons qui m'eussent inévitablement blessée. Clément s'aperçoit de la ruse, il dérange l'attitude.

– Elle n'y gagnera rien, dit-il en colère, et si je veux bien épargner cette partie-là aujourd'hui, ce ne sera que pour en molester une autre pour le moins aussi délicate.

En me relevant, je vis alors que tant d'infamies n'étaient pas faites en vain: le débauché se trouvait dans le plus brillant état; il n'en est que plus furieux; il change d'arme, il ouvre une armoire où se trouvent plusieurs martinets, il en sort un à pointes de fer, qui me fait frémir.

– Tiens, Thérèse, me dit-il en me le montrant, vois comme il est délicieux de fouetter avec cela… Tu le sentiras… tu le sentiras, friponne, mais pour l'instant je veux bien n'employer que celui-ci…

Il était de cordelettes nouées à douze branches; au bas de chaque, était un nœud plus fort que les autres et de la grosseur d'un noyau de prune.

– Allons, la cavalcade!… la cavalcade! dit-il à sa nièce.

Celle-ci, qui savait de quoi il était question, se met tout de suite à quatre pattes, les reins élevés le plus possible, en me disant de l'imiter; je le fais. Clément se met à cheval sur mes reins, sa tête du côté de ma croupe; Armande, la sienne présentée, se trouve en face de lui: le scélérat, nous voyant alors toutes les deux bien à sa portée, nous lance des coups furieux sur les charmes que nous lui offrons; mais comme, par cette posture, nous ouvrons dans le plus grand écart possible cette délicate partie qui distingue notre sexe de celui des hommes, le barbare y dirige ses coups, les branches longues et flexibles du fouet dont il se sert, pénétrant dans l'intérieur avec bien plus de facilité que les brins de verges, y laissent des traces profondes de sa rage; tantôt il frappe sur l'une, tantôt ses coups se lancent sur l'autre: aussi bon cavalier que fustigateur intrépide, il change plusieurs fois de monture; nous sommes excédées, et les titillations de la douleur sont d'une telle violence qu'il n'est presque plus possible de les supporter.

– Levez-vous! nous dit-il alors en reprenant des verges, oui, levez-vous et craignez-moi.

Ses yeux étincellent, il écume. Également menacées sur tout le corps, nous l'évitons…, nous courons comme des égarées dans toutes les parties de la chambre, il nous suit, frappant indifféremment et sur l'une et sur l'autre; le scélérat nous met en sang; il nous rencogne à la fin toutes deux dans la ruelle du lit. Les coups redoublent: la malheureuse Armande en reçoit un sur le sein qui la fait chanceler; cette dernière horreur détermine l'extase, et pendant que mon dos en reçoit les effets cruels, mes reins s'inondent des preuves d'un délire dont les résultats sont si dangereux.

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