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READ-E-BOOK » Романы для взрослых » Justine Ou Les Malheurs De La Vertu

Электронная книга - «Justine Ou Les Malheurs De La Vertu». Краткое содержание книги:

Rejetant la douce nature rousseauiste, Sade dévoile le mal qui est en nous et dans la vie. La vertueuse Justine fait la confidence de ses malheurs et demeure jusque dans les plus scabreux détails l'incarnation de la vertu. Apologie du crime, de la liberté des corps comme des esprits, de la cruauté 'extrême sensibilité des organes connue seulement des êtres délicats', l'oeuvre du marquis de Sade étonne ou scandalise. C'est aussi une oeuvre d'une poésie délirante et pleine d'humour noir.
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– Je veux qu'elle soit grosse de cette fois-ci, dit-il en fureur.

Ces égarements déterminent le physique. Antonin, dont l'usage était de faire des cris terribles dans ce dernier instant de son ivresse, en pousse d'épouvantables; tout l'entoure, tout le sert, tout travaille à doubler son extase, et le libertin y arrive au milieu des épisodes les plus bizarres de la luxure et de la dépravation.

Ces sortes de groupes s'exécutaient souvent; il était de règle que quand un moine jouissait de telle façon que ce pût être, toutes les filles l'entourassent alors, afin d'embraser ses sens de toutes parts, et que la volupté pût, s'il est permis de s'exprimer ainsi, pénétrer plus sûrement en lui par chacun de ses pores.

Antonin sortit, on apporta le déjeuner; mes compagnes me forcèrent à manger, je le fis pour leur plaire. A peine avions-nous fini que le supérieur entra: nous voyant encore à table, il nous dispensa des cérémonies qui devaient être pour lui les mêmes que celles que nous venions d'exécuter pour Antonin.

– Il faut bien penser à la vêtir, dit-il en me regardant.

En même temps, il ouvre une armoire et jette sur mon lit plusieurs vêtements de la couleur annexée à ma classe et quelques paquets de linges.

– Essayez tout cela, me dit-il, et rendez-moi ce qui vous appartient.

J'exécute, mais, me doutant du fait, j'avais prudemment ôté mon argent pendant la nuit et l'avais caché dans mes cheveux. A chaque vêtement que j'enlève, les yeux ardents de Sévérino se portent sur l'attrait découvert, ses mains s'y promènent aussitôt. Enfin, à moitié nue, le moine me saisit, il me met dans l'attitude utile à ses plaisirs, c'est-à-dire dans la position absolument contraire à celle ou vient de me mettre Antonin; je veux lui demander grâce, mais voyant déjà la fureur dans ses yeux, je crois que le plus sûr est l'obéissance; je me place, on l'environne, il ne voit plus autour de lui que cet autel obscène qui le délecte; ses mains le pressent, sa bouche s'y colle, ses regards le dévorent… il est au comble du plaisir.

Si vous le trouvez bon, madame, dit la belle Thérèse, je vais me borner à vous expliquer ici l'histoire abrégée du premier mois que je passai dans ce couvent, c'est-à-dire les principales anecdotes de cet intervalle; le reste serait une répétition; la monotonie de ce séjour en jetterait sur mes récits, et je dois, immédiatement après, passer, ce me semble, à l'événement qui me sortit enfin de ce cloaque impur.

Je n'étais pas du souper ce premier jour, on m'avait simplement nommée pour aller passer la nuit avec dom Clément; je me rendis, suivant l'usage, dans sa cellule quelques instants avant qu'il n'y dût rentrer, le frère geôlier m'y conduisit et m'y enferma.

Il arrive, aussi échauffé de vin que de luxure, suivi de la fille de vingt-six ans qui se trouvait pour lors de garde auprès de lui; instruite de ce que j'avais à faire, je me mets à genoux dès que je l'entends. Il vient à moi, me considère dans cette humiliation, puis m'ordonne de me relever et de le baiser sur la bouche; il savoure ce baiser plusieurs minutes et lui donne toute l'expression…, toute l'étendue qu'il est possible d'y concevoir. Pendant ce temps, Armande (c'était le nom de celle qui le servait) me déshabillait en détail; quand la partie des reins, en bas, par laquelle elle avait commencé, est à découvert, elle se presse de me retourner et d'exposer à son oncle le côté chéri de ses goûts. Clément l'examine, il le touche, puis, s'asseyant dans un fauteuil, il m'ordonne de venir le lui faire baiser; Armande est à ses genoux, elle l'excite avec sa bouche, Clément place la sienne au sanctuaire du temple que je lui offre, et sa langue s'égare dans le sentier qu'on trouve au centre; ses mains pressaient les mêmes autels chez Armande, mais comme les vêtements que cette fille avait encore l'embarrassaient, il lui ordonne de les quitter, ce qui fut bientôt fait, et cette docile créature vint reprendre près de son oncle une attitude par laquelle, ne l'excitant plus qu'avec la main, elle se trouvait plus à la portée de celle de Clément. Le moine impur, toujours occupé de même avec moi, m'ordonne alors de donner dans sa bouche le cours le plus libre aux vents dont pouvaient être affectées mes entrailles; cette fantaisie me parut révoltante, mais j'étais encore loin de connaître toutes les irrégularités de la débauche: j'obéis et me ressens bientôt de l'effet de cette intempérance. Le moine, mieux excité, devient plus ardent, il mord subitement en six endroits les globes de chair que je lui présente; je fais un cri et saute en avant, il se lève, s'avance à moi, la colère dans les yeux, et me demande si je sais ce que j'ai risqué en le dérangeant: je lui fais mille excuses, il me saisit par mon corset encore sur ma poitrine, et l'arrache ainsi que ma chemise en moins de temps que je n'en mets à vous le dire… Il empoigne ma gorge avec férocité, et l'invective en la comprimant; Armande le déshabille, et nous voilà tous les trois nus. Un instant, Armande l'occupe; il lui applique de sa main des claques furieuses; il la baise à la bouche, il lui mordille la langue et les lèvres, elle crie; quelquefois la douleur arrache des yeux de cette fille des larmes involontaires; il la fait monter sur une chaise et exige d'elle ce même épisode qu'il a désiré avec moi. Armande y satisfait, je l'excite d'une main; pendant cette luxure, je le fouette légèrement de l'autre, il mord également Armande, mais elle se contient et n'ose bouger. Les dents de ce monstre se sont pourtant imprimées dans les chairs de cette belle fille. On les y voit en plusieurs endroits; se retournant ensuite brusquement:

– Thérèse, me dit-il, vous allez cruellement souffrir (il n'avait pas besoin de le dire, ses yeux ne l'annonçaient que trop); vous serez fustigée partout, me dit-il, je n'excepte rien.

Et en disant cela, il avait repris ma gorge qu'il maniait avec brutalité; il en froissait les extrémités du bout de ses doigts et m'occasionnait des douleurs très vives; je n'osais rien dire de peur de l'irriter encore plus, mais la sueur couvrait mon front, et mes yeux malgré moi se remplissaient de pleurs. Il me retourne, me fait agenouiller sur le bord d'une chaise, dont mes mains doivent tenir le dossier, sans se déranger une minute, sous les peines les plus graves; me voyant enfin là, bien à sa portée, il ordonne à Armande de lui apporter des verges, elle lui en présente une poignée mince et longue; Clément les saisit, et me recommandant de ne pas bouger, il débute par une vingtaine de coups sur mes épaules et sur le haut de mes reins; il me quitte un instant, revient prendre Armande et la place à six pieds de moi, également à genoux, sur le bord d'une chaise. Il nous déclare qu'il va nous fouetter toutes deux ensemble, et que la première des deux qui lâchera la chaise, poussera un cri, ou versera une larme sera sur-le-champ soumise par lui à tel supplice que bon lui semblera. Il donne à Armande le même nombre de coups qu'il vient de m'appliquer, et positivement sur les mêmes endroits; il me reprend, il baise tout ce qu'il vient de molester, et levant ses verges:

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