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La Recluse

Электронная книга - «La Recluse». Краткое содержание книги:

Le 25 mars 1851, un charmant aviso gréé en goélette quittait New-York, vers cinq heures de l'après-midi, et, poussé par une brise favorable, prenait la mer, toutes voiles dehors.
C'était l'Atalante, un des plus fins, voiliers de la marine. La petite goélette faisait partie d'une escadre d'exploration qui, évoluait sur les côtes d'Amérique; elle avait reçu pour mission d'aller prendre à New-York les dépêches de France, et, après avoir mouillé quelques jours en vue du port, elle repartait, alerte et vive, pour rallier l'escadre et lui apporter les correspondances attendues…
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– Vous le voulez?

– Je vous en prie.

– Eh bien! soit, vous avez raison, et vous pouvez être assurée qu’on m’ôtera la vie plutôt que ces parchemins!…

À la suite de cet entretien, Gaston était resté une semaine sans revoir Fanny Stevenson, ni Mariette.

Maxime lui-même n’avait pas donné signe de vie, et ni Palmer ni Bob n’avaient apporté de renseignements dignes d’être recueillis.

Le jeune commandant commençait à sentir le découragement le gagner, et c’est vainement qu’il demandait à son imagination un moyen de sortir de l’impasse d’où il ne pouvait plus sortir.

Un soir, il était rentré de meilleure heure que de coutume.

Paris l’ennuyait: son bruit et son mouvement l’importunaient; il avait besoin d’être seul, et passait souvent de longues heures assis auprès de son feu.

Il y avait à peine quelques minutes qu’il était rentré, quand Bob se présenta.

Gaston releva le front, et remarqua que le jeune novice tenait une lettre à la main.

– Une lettre! fit-il avec un tressaillement involontaire.

– Oui, commandant, répondit Bob.

– D’où vient-elle?

– De Paris.

– De Paris! Donne vite.

Et il jeta un regard curieux sur la suscription.

La lettre venait bien de Paris, et l’adresse avait été écrite par une main de femme.

Gaston s’empressa de déchirer l’enveloppe, et courut à la signature.

Il n’y avait que quelques lignes, et elles n’étaient pas signées!

Voici ce que disaient ces lignes:

XVII

«Monsieur Gaston,

«Je ne sais quand vous recevrez cette lettre, mais dès que vous l’aurez lue, venez me voir le plus tôt possible; j’ai bien des choses à vous dire.»

Gaston examina le billet avec plus d’attention. Il était daté de trois jours!

Mais il n’eut pas une seconde de doute.

Ce billet n’avait pu être écrit que par Mariette; elle avait dû le confier à une personne qui n’avait pu la porter de suite à la poste, et c’est de là que venait le retard.

Pendant toute la soirée et la nuit qui suivit, il fut fort agité.

Quelque incident important était survenu; mademoiselle Duparc avait dû apprendre quelque chose; mais comment et par qui?

Il ne doutait pas, d’ailleurs, qu’il ne s’agît d’Edmée.

Mariette était sa meilleure amie, et elle avait été fort contristée de sa disparition. Elle avait dû mettre tout en jeu pour se renseigner sur ce qu’elle était devenue, et peut-être allait-elle lui faire connaître en quel endroit de Paris il la retrouverait.

L’espoir rentra dans son âme, et c’est avec une impatience mortelle qu’il attendit le lendemain.

Il crut que la nuit ne finirait pas et que le jour ne viendrait jamais.

Quand il se réveilla le lendemain, après avoir fort mal dormi, neuf heures venaient de sonner.

Le soleil, un froid soleil d’hiver, blanchissait les rideaux de sa fenêtre, et décrivait de pâles losanges sur le tapis de sa chambre.

Il sauta à bas de son lit et appela Bob.

Ce dernier accourut.

– Personne n’est venu me demander? demanda Gaston en s’habillant à la hâte.

– Personne, mon commandant, répondit le jeune novice. Seulement, le facteur a apporté une lettre.

– D’où vient-elle?

– De Brest.

– C’est de Maxime; donne.

La lettre était en effet de Maxime. Gaston la décacheta vivement, et trouva sous l’enveloppe quatre pages d’une écriture serrée et menue.

Il la lut avec résignation.

Maxime ne pouvait rien dire du sujet qui l’occupait tout entier, mais il l’entretenait longuement de Mariette Duparc.

Maxime était décidément amoureux. Eût-il voulu le nier, que toute sa lettre eut protesté!

Il expliquait les motifs qui l’avaient obligé à prolonger son absence, et annonçait qu’il ne tarderait pas à revenir à Paris.

Le jeune lieutenant de vaisseau, quoique orphelin comme sa cousine, avait encore quelques parents, entre autres une tante fort riche qui l’avait toujours tendrement aimé, et il n’avait pas voulu prendre un parti sans la consulter et obtenir son consentement.

Il s’agissait de son bonheur à lui, Maxime, et le bonheur c’est chose grave.

Il avait donc vu cette tante; elle s’était montrée favorable à ses projets, et avant peu tout serait réglé de ce côté.

Tout en faisant ces confidences à Gaston, Maxime le priait de n’en rien raconter à Mariette. Il n’en disait pas davantage, mais Gaston devina sans peine…

Quand il eut achevé la lecture de cette longue lettre il s’habilla, déjeuna sommairement et sortit.

Il ne tenait pas en place.

Mariette l’attendait; elle avait des choses à lui communiquer, et l’heure marchait trop lente à son gré.

Il était à peine onze heures quand il arriva dans les environs du couvent de Sainte-Marthe et comme il avait une heure avant de pouvoir s’y présenter il se mit à marcher devant lui sans but, indifférent à ce qu’il voyait ou entendait, ne cherchant qu’à passer le temps qui lui restait pour attendre midi.

Il n’avait qu’une pensée dans l’esprit, et se sentait incapable de s’en laisser distraire; Edmée! toujours Edmée!

Au bout d’un quart d’heure de cette promenade à l’aventure, dans un quartier qu’il ne connaissait pas, il se trouva perdu dans un lacis de rues étroites et solitaires qui se croisaient, sans direction voulue, formées d’habitations qui semblaient s’être élevées là au caprice des propriétaires et sans souci d’un ordre quelconque.

Un moment, quand il y prit garde, cela l’inquiéta.

Mais il continua néanmoins, rassuré par cette idée qu’il n’aurait qu’à s’adresser au premier passant, pour reprendre son chemin.

Toutefois, cette inquiétude passagère qui l’avait un moment troublé, le rendit un peu plus circonspect et plus attentif.

Il se mit à regarder l’endroit où il se trouvait, et involontairement il fut pris de curiosité.

Il longeait alors un mur élevé derrière lequel on voyait pointer quelques cimes d’arbres, et plus loin, la silhouette d’un édifice qui rappelait l’aspect de Sainte-Marthe.

C’était un couvent, à n’en pas douter.

Il tressaillit.

Pourquoi le hasard l’avait-il amené en ce lieu désert, presque inhabité?

Gaston avait toujours cru qu’il y a dans le hasard une mystérieuse intervention de la Providence, et il ne fut pas éloigné de penser que c’était Dieu lui-même qui l’avait poussé là.

Une fois que cette pensée se fut emparée de son esprit elle ne le quitta plus.

Il avança, fit le tour du mur de clôture, et finalement se trouva au seuil d’une grande porte qu’on avait laissée entrebâillée.

Il la poussa.

Elle ouvrait sur une vaste cour au fond de laquelle on apercevait un bâtiment qui présentait dans quelques-unes de ses parties certains vestiges Renaissance. Hautes cheminées ornées, toit à pans coupés, etc. À droite, se dessinait une autre construction plus moderne, dont les fenêtres à vitraux coloriés annonçaient une chapelle; puis enfin, à gauche, chose singulière et assurément anormale, en retour sur la cour, un corps de logis indépendant du couvent, et qui semblait habité par des ménages d’ouvriers et de petits bourgeois.

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