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George Dandin ou le Mari confondu

Электронная книга - «George Dandin ou le Mari confondu». Краткое содержание книги:

GEORGE DANDIN ou LE MARI CONFONDU est une comédie en trois actes et en prose que Molière écrivit à la prière de Louis XIV pour qu'elle pût être jouée à l'occasion des fêtes données en 1668 pour célébrer la victoire de la France et le Traité d'Aix-la-Chapelle. En fait, Molière a simplement transposé une de ses farces de campagne, «La Jalousie du barbouillé». Intermède musical de J.B. Lully.
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Claudine. Assurément.

Angélique. Tout mon malheur est de le trop considérer; et plût au Ciel que je fusse capable de souffrir, comme il dit, les galanteries de quelqu’un! Je ne serais pas tant à plaindre. Adieu: je me retire, et je ne puis plus endurer qu’on m’outrage de cette sorte.

Scène 7

Monsieur et Madame de Sotenville, Clitandre, George Dandin, Claudine.

Mme de Sotenville, à George Dandin. Allez, vous ne méritez pas l’honnête femme qu’on vous a donnée.

Claudine. Par ma foi! il mériterait qu’elle lui fît dire vrai; et si j’étais en sa place, je n’y marchanderais pas. (à Clitandre.) Oui, Monsieur, vous devez, pour le punir, faire l’amour à ma maîtresse. Poussez, c’est moi qui vous le dis, ce sera fort bien employé; et je m’offre à vous y servir, puisqu’il m’en a déjà taxée. (Claudine sort.)

M. de Sotenville. Vous méritez, mon gendre, qu’on vous dise ces choses-là; et votre procédé met tout le monde contre vous.

Mme de Sotenville. Allez, songez à mieux traiter une Demoiselle bien née, et prenez garde désormais à ne plus faire de pareilles bévues.

George Dandin, à part. J’enrage de bon cœur d’avoir tort, lorsque j’ai raison.

Scène 8

Monsieur de Sotenville, Clitandre, George Dandin.

Clitandre, à M. de Sotenville. Monsieur, vous voyez comme j’ai été faussement accusé: vous êtes homme qui savez les maximes du point d’honneur, et je vous demande raison de l’affront qui m’a été fait.

M. de Sotenville. Cela est juste, et c’est l’ordre des procédés. Allons, mon gendre, faites satisfaction à Monsieur.

George Dandin. Comment satisfaction?

M. de Sotenville. Oui, cela se doit dans les règles pour l’avoir à tort accusé.

George Dandin. C’est une chose, moi, dont je ne demeure pas d’accord, de l’avoir à tort accusé, et je sais bien ce que j’en pense.

M. de Sotenville. Il n’importe. Quelque pensée qui vous puisse rester, il a nié: c’est satisfaire les personnes, et l’on n’a nul droit de se plaindre de tout homme qui se dédit.

George Dandin. Si bien donc que si je le trouvais couché avec ma femme, il en serait quitte pour se dédire?

M. de Sotenville. Point de raisonnement. Faites-lui les excuses que je vous dis.

George Dandin. Moi, je lui ferai encore des excuses après…

M. de Sotenville. Allons, vous dis-je. Il n’y a rien à balancer, et vous n’avez que faire d’avoir peur d’en trop faire, puisque c’est moi qui vous conduis.

George Dandin. Je ne saurais…

M. de Sotenville. Corbleu! mon gendre, ne m’échauffez pas la bile: je me mettrais avec lui contre vous. Allons, laissez-vous gouverner par moi.

George Dandin, à part. Ah! George Dandin!

M. de Sotenville. Votre bonnet à la main, le premier: Monsieur est gentilhomme, et vous ne l’êtes pas.

George Dandin, à part, le bonnet à la main. J’enrage.

M. de Sotenville. Répétez après moi: «Monsieur.»

George Dandin. «Monsieur.»

M. de Sotenville. (Il voit que son gendre fait difficulté de lui obéir.) «Je vous demande pardon.» Ah!

George Dandin. «Je vous demande pardon.»

M. de Sotenville. «Des mauvaises pensées que j’ai eues de vous.»

George Dandin. «Des mauvaises pensées que j’ai eues de vous.»

M. de Sotenville. «C’est que je n’avais pas l’honneur de vous connaître.»

George Dandin. «C’est que je n’avais pas l’honneur de vous connaître.»

M. de Sotenville. «Et je vous prie de croire.»

George Dandin. «Et je vous prie de croire.»

M. de Sotenville. «Que je suis votre serviteur.»

George Dandin. Voulez-vous que je sois serviteur d’un homme qui me veut faire cocu?

M. de Sotenville. (Il le menace encore.) Ah!

Clitandre. Il suffit, Monsieur.

M. de Sotenville. Non: je veux qu’il achève, et que tout aille dans les formes. «Que je suis votre serviteur.»

George Dandin. «Que, que, que je suis votre serviteur.»

Clitandre, à George Dandin. Monsieur, je suis le vôtre de tout mon cœur, et je ne songe plus à ce qui s’est passé. (à M. de Sotenville.) Pour vous, Monsieur, je vous donne le bonjour, et suis fâché du petit chagrin que vous avez eu.

M. de Sotenville. Je vous baise les mains; et quand il vous plaira, je vous donnerai le divertissement de courre un lièvre.

Clitandre. C’est trop de grâces que vous me faites. (Clitandre sort.)

M. de Sotenville. Voilà, mon gendre, comme il faut pousser les choses. Adieu. Sachez que vous êtes entré dans une famille qui vous donnera de l’appui, et ne souffrira point que l’on vous fasse aucun affront.

Scène 9

George Dandin, seul. Ah! que je… Vous l’avez voulu, vous l’avez voulu, George Dandin, vous l’avez voulu, cela vous sied fort bien, et vous voilà ajusté comme il faut; vous avez justement ce que vous méritez. Allons, il s’agit seulement de désabuser le père et la mère, et je pourrai trouver peut-être quelque moyen d’y réussir.

Acte II

Scène première

Claudine, Lubin.

Claudine. Oui, j’ai bien deviné qu’il fallait que cela vînt de toi, et que tu l’eusses dit à quelqu’un qui l’ait rapporté à notre maître.

Lubin. Par ma foi! je n’en ai touché qu’un petit mot en passant à un homme, afin qu’il ne dît point qu’il m’avait vu sortir, et il faut que les gens en ce pays-ci soient de grands babillards.

Claudine. Vraiment, ce Monsieur le Vicomte a bien choisi son monde, que de te prendre pour son ambassadeur, et il s’est allé servir là d’un homme bien chanceux.

Lubin. Va, une autre fois je serai plus fin, et je prendrai mieux garde à moi.

Claudine. Oui, oui, il sera temps.

Lubin. Ne parlons plus de cela. Écoute.

Claudine. Que veux-tu que j’écoute?

Lubin. Tourne un peu ton visage devers moi.

Claudine. Hé bien, qu’est-ce?

Lubin. Claudine.

Claudine. Quoi?

Lubin. Hé! là, ne sais-tu pas bien ce que je veux dire?

Claudine. Non.

Lubin. Morgué! je t’aime.

Claudine. Tout de bon?

Lubin. Oui, le diable m’emporte! Tu me peux croire, puisque j’en jure.

Claudine. À la bonne heure.

Lubin. Je me sens tout tribouiller le cœur quand je te regarde.

Claudine. Je m’en réjouis.

Lubin. Comment est-ce que tu fais pour être si jolie?

Claudine. Je fais comme font les autres.

Lubin. Vois-tu? il ne faut point tant de beurre pour faire un quarteron[17]: si tu veux, tu seras ma femme, je serai ton mari, et nous serons tous deux mari et femme.

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[17]

Pour faire un quarteron: Pour faire un quart de livre. L’expression signifie que le sujet qu’il va aborder ne mérite pas beaucoup de paroles.

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