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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Votre, etc.

Voilà tout ce que renfermait la lettre écrite dans le premier mouvement de joie: mais ensuite, Mme Parangon, sans changer d’avis, l’a trouvée trop expressive; c’est ce qu’elle m’a dit à moi-même. Tu vois, chère sœur, que tous nos projets de bonheur ne sont pas des chimères: car Mlle Fanchette est un excellent parti, Mme Parangon n’ayant pas d’enfants, outre qu’elle est riche de sa seule portion.

10 mars.

Je te sers à ton goût, je le sais, ma chère sœur, par la manière dont je t’ai écrit avant-hier, parlant d’abord des choses que tu as plus envie de savoir, et passant après aux compliments, qui t’intéressent moins. Reçois pourtant ceux que je te fais, ils le méritent par le cœur dont ils partent, et je suis d’une joie inconcevable, depuis que ta chère lettre ne me laisse aucun doute sur le bonheur de ton mari et sur ta santé. Tout ce qui m’approche et tout ce qui a rapport à moi s’en est aperçu; j’ai été plus résignée avec Mme Canon, plus tendre avec ma protectrice, plus gaie, plus folle avec Mlle Fanchette, et plus humaine envers mes adorateurs: car j’en ai toujours, et ils ne font qu’accroître, mais ce qu’il y a d’agréable, c’est qu’on s’adresse aussi à mes deux compagnes; car Fanchette grandit beaucoup, et se forme très vite; je vais t’amuser de tout cela: avec toi, je suis sincère, et sans aucune réserve; au lieu que je ne crois pas qu’il faille tout dire à Edmond; c’est un homme quoique mon frère.

Mes trois ou quatre amoureux me donnent toujours des lettres, et celui qui devait mourir de désespoir se porte à merveille: c’est que dans ma joie, il m’est arrivé un jour de lui sourire, ce qui lui a fait tant de plaisir, que depuis ce moment-là, il a un teint charmant. Je t’avouerai qu’auparavant il était fort pâle, et il est à croire qu’il était fort tourmenté; cela peut arriver, et je n’y vois rien d’extraordinaire. Mais ce qui doit le contrarier, c’est qu’avec Mme Parangon, qui est moins économe que sa tante, nous ne sortons plus qu’en voiture. Je crois pourtant en deviner la raison: c’est qu’on la courtise aussi, elle m’a bien caché qu’elle eut des adorateurs, et si je le sais, je t’en parlerai tout à l’heure: elle prend le bon moyen pour ne les pas entendre, ni recevoir leurs billets. Mon pauvre page, que nos sorties en carrosse contrarient, met son esprit à la torture pour me parler, ou me faire parvenir ses lettres, et il y réussit, parce que j’y aide un peu; d’ailleurs, nous sortons et rentrons toujours aux mêmes heures: il se trouve à la porte, il me dit un mot, ou me glisse son poulet, sans pourtant que je le prenne. Je n’entends plus parler de mon vieillard. Mon prometteur de richesses (c’est le financier, qui m’avait écrit qu’il se retirait), ne se retire pas; il est parvenu hier jusqu’à Mme Canon, et dans un discours fort long et fort amphigourique (à ce qu’elle a dit à Mme Parangon), il lui a fait des propositions de mariage pour moi assez embrouillées. S’il ne s’est pas clairement expliqué, que demandait-il? Au reste, je n’en suis pas fâchée, et je m’en tiens à celui que tu sais. Quant à mon premier adorateur qui est cet homme de haute condition, celui-là ne parle pas de mariage, mais d’amour, de la plus drôle de manière du monde. Il se nomme le marquis de***; il n’est ni beau ni laid de figure, malgré qu’il soit un peu marqué au b à une épaule; mais on déguise cette tache, qui paraît néanmoins, en dépit des vestes matelassées. Il continue à me parler de ses moyens plus efficaces: qu’il les emploie donc! Ce qu’il y a de singulier, c’est que personne ne se doute ici de tout cela: quant à moi, je m’en amuse, parce qu’en vérité, il n’y a pas l’ombre du danger pour mon cœur. Cependant, comme je ne saurais plus espérer d’avoir ici une de mes sœurs, je vais cesser de prendre part à tout cet enfantillage.

Ce qui m’a fait rire, et ne m’a pas surprise, c’est, comme je te le disais tout à l’heure, que Mme Parangon ait sa part de ces hommages; car, si j’en crois sa conduite, on s’est expliqué avec elle beaucoup plus clairement de bouche que par écrit. Ce n’est pourtant pas l’air de Mme Canon, qui fait qu’on se frotte aux personnes qui paraissent sous sa garde! car elle a l’encolure d’un vrai cerbère (comme tu ne sais pas ce que c’est, Cerbère est le chien qui garde la porte des Enfers, chez les païens). Mais avec son air rébarbatif, elle a quelque chose de si comique dans sa mise et dans sa figure, que je pense qu’on la prend pour une folle. Avec cela, dès qu’on nous regarde, et qu’elle s’en aperçoit, elle lance un coup d’œil hagard, qui fait rire; car je vois qu’on éclate.

Je vais te copier une des lettres qu’a reçues Mme Parangon, et qu’on lui a mise dans le coqueluchon de son mantelet, un jour que nous entrions fort pressées à Saint-Eustache: je fus la seule qui m’en aperçus; je ne voulus rien dire, et le billet étant tombé à l’église, je le ramassai, me proposant de le lui remettre à notre retour, comme un papier qui lui appartenait. Mais il arriva que nous rentrâmes seules, Mlle Fanchette et moi; Mme Parangon et Mme Canon, après nous avoir descendues, allèrent à quelques affaires. Je ne pus résister à la tentation de lire. Je m’enfermai seule, et comme le billet n’était pas cacheté, mais plié comme un papier d’affaires, je l’ouvris sans conséquence. En voici le contenu:

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Сюжет
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Главный герой
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