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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Il n’y a qu’amitié, tendresse, bonne intelligence dans la famille où tu es entrée, et que tu rends aujourd’hui si heureuse, chère Fanchon; je suis sûre que tous nos frères et sœurs écriraient à ton sujet, comme Edmond vient d’écrire là, s’ils étaient à même de le faire. Je vais à présent te parler de la lettre de notre respectable et digne père à Mme Parangon, au sujet de Mlle Fanchette: je crois que tu l’as vue; mais dans le doute, je te la vais copier, comme celle de mon frère.

Madame,

Cette-ci est pour avoir l’honneur de vous demander une grâce, mais déjà octroyée par votre respectable père, mon digne ami, chez lequel je me suis transporté le jour même de la naissance de l’enfant dont est accouchée ma bru, femme de mon fils aîné, à celle fin de faire représenter Mlle Fanchette, votre aimable sœur, comme marraine dudit enfant, par Christine, l’une de mes filles: j’espère, madame, obtenir de vous le même agrément, ainsi que de Mlle votre sœur, vous suppliant de me faire un mot de votre main, qui m’autorise à me glorifier de votre consentement à toutes deux. Je ne traite point d’autre matière dans cette lettre, madame, cette-ci étant assez importante pour la remplir seule: si ce n’est pourtant, que je vous fais mes très humbles remerciements de vos incomparables bontés pour ma fille que vous avez par devers vous: agréez-les, je vous en supplie, madame, à raison de leur parfaite humilité, et du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être, madame,

Votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur.

E. R**.

Mme Parangon, dès qu’elle eut achevé de lire cette lettre, vint à nous, la joie dans les yeux, et demanda l’agrément de sa jeune sœur, qui le donna de la manière la plus obligeante, demandant même s’il fallait partir: sa sœur l’embrassa en souriant, et me dit de rendre témoignage des dispositions de sa chère Fanchette; et elles se félicitèrent toutes deux de ce que tu portais le même nom que ta petite commère: ce qui fait qu’elles espèrent que vous aurez fait appeler l’enfant Edmond-François. Mme Parangon mit aussitôt la main à la plume, pour écrire ce que voici: (mais il faut te prévenir que la lettre que vous avez reçue n’est pas la moitié de ce qu’elle avait écrit: c’est pourquoi je vais te la remettre ici en entier, car elle m’en a laissé le brouillon):

Réponse de Mme Parangon, au Père R**.

C’est avec un vrai plaisir, monsieur, que ma sœur et moi nous acceptons l’honneur que vous nous avez fait à toutes deux, dans une cérémonie aussi auguste que celle du baptême de l’aîné de votre premier fils: vous avez bien voulu vous relâcher de votre droit, en faveur du second, qui pourrait être loin de vous, lorsque son tour serait venu, et vous avez pensé que personne ne pouvait être plus zélé pour vous, après lui, que ma sœur et moi. Vous nous avez rendu justice, monsieur, et vous en verriez la preuve, si nous avions le plaisir d’être auprès de vous. «En effet, qui peut s’intéresser davantage à vous, à Edmond, à toute votre chère famille, qu’une femme qui se propose d’y placer sa sœur, et de devenir elle-même la sœur d’un de vos enfants, et par lui de toutes les autres? Oui, mon cher monsieur R**, vous que j’honore et comme un digne vieillard, et comme un excellent père, et comme l’ami du mien, le plus doux de mes vœux, celui que j’avais déjà exprimé à Edmond avant son mariage avec ma cousine, c’est de lui donner dans ma sœur une autre moi-même, de nous unir par là, et de serrer des nœuds qui durent autant que notre vie. Rien ne pourra les briser, et l’intérêt, ce boutefeu des sociétés humaines, n’aura aucun pouvoir sur la nôtre; la fortune de ma sœur sera la mienne, et tout ce que je possède, je n’aurai de plaisir à le conserver que pour elle. C’est un engagement que je suis bien aise de prendre avec vous, par cette lettre, dans une occasion, où de vous-même, vous avez cherché à établir quelques rapports entre ma sœur et votre fils Edmond. Je suis charmée d’avoir occasion de vous avouer que ces rapports sont réels, qu’ils existaient déjà, et qu’ils sont mon ouvrage. Le temps où ils seront absolument réalisés, n’arrivera jamais assez tôt, au gré de mes désirs, soyez-en sûr, mon cher monsieur.» Fanchette et moi nous sommes dans les mêmes sentiments; j’ai souvent occasion de m’en assurer. Votre aimable fille, ma chère et constante amie Ursule, en est le témoin irréprochable. C’est avec ces sentiments que je suis, et serai toute ma vie, monsieur,

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