Psychopathologie de la vie quotidienne
- Автор: Фрейд Зигмунд
- Год: 22
- Язык: французский
- Жанр: Психология
Электронная книга - «Psychopathologie de la vie quotidienne». Краткое содержание книги:
e) Un autre cas de ce genre mérite tout notre intérêt, à cause des conditions dans lesquelles l'objet a été retrouvé. Un homme encore jeune me raconte: «Il y a quelques années, des malentendus se sont élevés dans mon ménage. Je trouvais ma femme trop froide, et nous vivions côte à côte, sans tendresse, ce qui ne m'empêchait d'ailleurs pas de reconnaître ses excellentes qualités. Un jour, revenant d'une promenade, elle m'apporta un livre qu'elle avait acheté, parce qu'elle croyait qu'il m'intéresserait. Je la remerciai de son «attention» et lui promis de lire le livre, que je mis de côté. Mais il arriva que j'oubliai aussitôt l'endroit où je l'avais rangé. Des mois se passèrent pendant lesquels, me souvenant à plusieurs reprises du livre disparu, j'essayai de découvrir sa place, sans jamais y parvenir. Environ six mois plus tard, ma mère que j'aimais beaucoup tomba malade, et ma femme quitta aussitôt la maison pour aller la soigner. L'état de la malade s'aggravant, ce fut pour ma femme l'occasion de révéler ses meilleures qualités. Un jour, je rentre à la maison, enchanté de ma femme et plein de reconnaissance envers elle pour tout ce qu'elle avait fait. Je m'approchai de mon bureau, j'ouvris un tiroir sans aucune intention précise, mais avec une assurance toute somnambulique, et le premier objet qui me tomba sous les yeux fut le livre égaré, resté si longtemps introuvable.»
M. J. Stärcke (l.c.) rapporte un autre cas qui se rapproche de ce dernier par la remarquable assurance avec laquelle l'objet a été retrouvé, une fois que le motif de l'oubli a disparu.
«Une jeune fille a gâché, en le coupant, un morceau d'étoffe dont elle voulait faire un col. Elle est obligée de faire venir une couturière. pour tenter de réparer le mal. La couturière arrivée, la jeune fille ouvre le tiroir dans lequel elle a mis l'étoffe, mais ne peut la retrouver. Elle met tout sens dessus dessous, mais en vain. En colère contre elle-même, elle se demande comment son étoffe a pu disparaître si brusquement et si elle ne reste pas introuvable, parce qu'elle ne veut pas la retrouver; en effet, le calme revenu, elle finit par se rendre compte qu'elle avait honte de montrer à la couturière qu'elle était incapable de faire une chose aussi simple qu'un col. Ayant trouvé cette explication, elle se lève, s'approche d'une autre armoire et en retire sans aucune hésitation le fameux col mal coupé.»
f) L'exemple suivant correspond à un type que connaissent aujourd'hui tous les psychanalystes. Je tiens à dire, avant d'exposer le cas, que la personne à laquelle il est arrivé en a trouvé elle même l'explication:
«Un patient, dont le traitement analytique doit subir une interruption, en un moment où il se trouve dans une phase de résistance et de mauvais état général, dépose un soir, en se déshabillant, son trousseau de clefs à la place où, croyait-il, il avait l'habitude de le déposer. Il se rappelle aussitôt après qu'il doit partir le lendemain, après une dernière séance d'analyse. Il veut donc préparer quelques papiers et l'argent nécessaire pour régler les honoraires du médecin. Mais papiers et argent étant enfermés dans le tiroir de son bureau, il a besoin de ses clefs pour l'ouvrir. Or il s'aperçoit que ses clefs ont… disparu… Il commence à chercher et, de plus en plus énervé, il fait le tour de son petit appartement, fouillant dans tous les coins, mais sans aucun résultat. Comprenant que l'impossibilité où il est de retrouver ses clefs est un acte symptomatique, donc intentionnel, il réveille son domestique, dans l'espoir qu'une personne impartiale et désintéressée dans l'affaire aura plus de succès que lui. Après une nouvelle heure de recherches, il renonce à tout espoir et finit par penser que ses clefs sont perdues. Le lendemain matin, il commande de nouvelles clefs qui sont fabriquées d'urgence. Deux messieurs qui l'ont accompagné chez lui la veille en voiture, croient se souvenir qu'ils ont entendu quelque chose tomber à terre, au moment où il descendait de voiture. Aussi est-il convaincu que les clefs ont glissé de sa poche. Le soir, le domestique, tout joyeux, lui présente ses clefs. Il les a trouvées entre un gros livre et une petite brochure Ce travail d'un de mes élèves), que mon malade voulait emporter pour les lire pendant ses vacances. Elles y étaient si bien cachées que personne n'aurait pu soupçonner leur présence; il a d'ailleurs été impossible à mon patient de les replacer de la même manière, au point de les rendre absolument invisibles. L'habileté inconsciente avec laquelle des motifs inconscients, mais puissants, nous font égarer un objet, ressemble tout à fait à l' «assurance somnambulique». Dans le cas présent, il s'agissait d'une contrariété que le patient devait éprouver devant l'interruption forcée de son traitement, et la nécessité où il se trouvait de payer des honoraires élevés, malgré son mauvais état de santé.»
g) Pour faire plaisir à sa femme, raconte M. A. A. Brill, un homme consent à se rendre à une réunion mondaine qui lui était au fond fort indifférente. Il commence donc par retirer de l'armoire son habit de cérémonie, mais se ravise et décide de se raser d'abord. Une fois rasé, il revient vers l'armoire, la trouve fermée et commence à chercher la clef. Ses recherches étant restées sans résultat, et devant l'impossibilité de trouver un serrurier, car c'était un dimanche, mari et femme sont obligés de rester chez eux et d'envoyer une lettre dans laquelle ils prient d'excuser leur absence. Lorsque l'armoire fut ouverte le lendemain matin par un serrurier, on trouva la clef à l'intérieur. Par distraction, le mari l'avait laissée tomber dans l'armoire et l'avait refermée (l' armoire était à fermeture automatique). Il m'affirma qu'il l'avait fait sans s'en rendre compte et sans aucune intention, mais nous savons bien qu'il n'avait aucune envie d'aller à cette réunion. Il y avait donc une bonne raison pour égarer la clef.
M. E. Joncs a observé sur lui-même qu'après avoir beaucoup fumé, au point de se sentir mal à l'aise, il n'arrivait pas à retrouver sa pipe. Celle-ci se trouvait alors dans tous les endroits où elle ne devait pas être et où Jones n'avait pas l'habitude de la déposer.