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Cyrano de Bergerac

Электронная книга - «Cyrano de Bergerac». Краткое содержание книги:

Une représentation à l'hôtel de Bourgogne (en 1640). La salle du théâtre se remplit: on va y donner une pastorale, la Clorise, dans le genre précieux. Le jeune et beau Christian de Neuvillette y vient contempler la femme qu'il aime: Roxane, une précieuse épouvantablement ravissante à qui le comte de Guiche fait la cour. La pièce commence, mais est vite interrompue par le turbulent Cyrano de Bergerac, qui interdit à l'acteur Montfleury de jouer, car il est trop gros! Des spectateurs protestent, et l'un d'eux provoque Cyrano, en critiquant son nez, très grand - ce à quoi le héros réplique par la célèbre tirade des nez, éloge de sa propre laideur, avant de se battre avec l'importun. Pendant le duel, il compose une ballade (À la fin de l'envoi, je touche!). À son ami Le Bret, il confesse qu'il aime passionnément Roxane sa cousine, mais sa laideur le laisse sans espoir...
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« Et je suis et serai jusque dans l'autre monde

« Celui qui vous aima sans mesure, celui... »

ROXANE, lui posant la main sur l'épaule.

Comment pouvez-vous lire à présent ? Il fait nuit.

(Il tressaille, se retourne, la voit là tout près, fait un geste d'effroi, baisse la tête. Un long silence. Puis, dans l'ombre complètement venue, elle dit avec lenteur, joignant les mains).

Et pendant quatorze ans, il a joué ce rôle

D'être le vieil ami qui vient pour être drôle !

CYRANO.

Roxane !

ROXANE.

C'était vous.

CYRANO.

Non, non, Roxane, non !

ROXANE.

J'aurais dû deviner quand il disait mon nom !

CYRANO.

Non ! ce n'était pas moi !

ROXANE.

C'était vous !

CYRANO.

Je vous jure...

ROXANE.

J'aperçois toute la généreuse imposture.

Les lettres, c'était vous...

CYRANO.

Non !

ROXANE.

Les mots chers et fous,

C'était vous...

CYRANO.

Non !

ROXANE.

La voix dans la nuit, c'était vous !

CYRANO.

Je vous jure que non !

ROXANE.

L'âme, c'était la vôtre !

CYRANO.

Je ne vous aimais pas.

ROXANE.

Vous m'aimiez !

CYRANO, se débattant.

C'était l'autre !

ROXANE.

Vous m'aimiez !

CYRANO, d'une voix qui faiblit.

Non !

ROXANE.

Déjà vous le dites plus bas !

CYRANO.

Non, non, mon cher amour, je ne vous aimais pas !

ROXANE.

Ah ! que de choses qui sont mortes... qui sont nées !

- Pourquoi vous être tu pendant quatorze années,

Puisque sur cette lettre où, lui, n'était pour rien,

Ces pleurs étaient de vous ?

CYRANO, lui tendant la lettre.

Ce sang était le sien.

ROXANE.

Alors pourquoi laisser ce sublime silence

Se briser aujourd'hui ?

CYRANO.

Pourquoi ?..

(Le Bret et Ragueneau entrent en courant).

Scène VI

Les mêmes, Le Bret et Ragueneau.

LE BRET.

Quelle imprudence !

Ah ! j'en étais bien sûr ! il est là !

CYRANO, souriant et se redressant.

Tiens, parbleu !

LE BRET.

Il s'est tué, Madame, en se levant !

ROXANE.

Grand Dieu !

Mais tout à l'heure alors... cette faiblesse ?.. cette ?..

CYRANO.

C'est vrai ! je n'avais pas terminé ma gazette.

... Et samedi, vingt-six, une heure avant dîné,

Monsieur de Bergerac est mort assassiné.

(Il se découvre ; on voit sa tête entourée de linges).

ROXANE.

Que dit-il ? - Cyrano ! - Sa tête enveloppée !..

Ah ! que vous a-t-on fait ? Pourquoi ?

CYRANO.

« D'un coup d'épée,

Frappé par un héros, tomber la pointe au cœur ! »...

- Oui, je disais cela !.. Le destin est railleur !..

Et voilà que je suis tué dans une embûche,

Par derrière, par un laquais, d'un coup de bûche !

C'est très bien. J'aurai tout manqué, même ma mort.

RAGUENEAU.

Ah ! Monsieur !..

CYRANO.

Ragueneau, ne pleure pas si fort !..

(Il lui tend la main).

Qu'est-ce que tu deviens, maintenant, mon confrère ?

RAGUENEAU, à travers ses larmes.

Je suis moucheur de... de... chandelles, chez Molière.

CYRANO.

Molière !

RAGUENEAU.

Mais je veux le quitter, dès demain ;

Oui, je suis indigné !.. Hier, on jouait Scapin,

Et j'ai vu qu'il vous a pris une scène !

LE BRET.

Entière !

RAGUENEAU.

Oui, Monsieur, le fameux : « Que Diable allait-il faire ?.. »

LE BRET, furieux.

Molière te l'a pris !

CYRANO.

Chut ! chut ! Il a bien fait !..

(À Ragueneau).

La scène, n'est-ce pas, produit beaucoup d'effet ?

RAGUENEAU, sanglotant.

Ah ! Monsieur, on riait ! on riait !

CYRANO.

Oui, ma vie

Ce fut d'être celui qui souffle - et qu'on oublie !

(À Roxane).

Vous souvient-il du soir où Christian vous parla

Sous le balcon ? Eh bien ! toute ma vie est là.

Pendant que je restais en bas, dans l'ombre noire,

D'autres montaient cueillir le baiser de la gloire !

C'est justice, et j'approuve au seuil de mon tombeau.

Molière a du génie et Christian était beau !

(À ce moment, la cloche de la chapelle ayant tinté, on voit tout au fond, dans l'allée, les religieuses se rendant à l'office).

Qu'elles aillent prier puisque leur cloche sonne !

ROXANE, se relevant pour appeler.

Ma sœur ! ma sœur !

CYRANO, la retenant.

Non ! non ! n'allez chercher personne :

Quand vous reviendriez, je ne serais plus là.

(Les religieuses sont entrées dans la chapelle, on entend l'orgue).

Il me manquait un peu d'harmonie... en voilà.

ROXANE.

Je vous aime, vivez !

CYRANO.

Non ! car c'est dans le conte

Que lorsqu'on dit : Je t'aime ! au prince plein de honte,

Il sent sa laideur fondre à ces mots de soleil...

Mais tu t'apercevrais que je reste pareil.

ROXANE.

J'ai fait votre malheur ! moi ! moi !

CYRANO.

Vous ?.. au contraire !

J'ignorais la douceur féminine. Ma mère

Ne m'a pas trouvé beau. Je n'ai pas eu de sœur.

Plus tard, j'ai redouté l'amante à l'œil moqueur.

Je vous dois d'avoir eu, tout au moins, une amie.

Grâce à vous une robe a passé dans ma vie.

LE BRET, lui montrant le clair de lune qui descend à travers les branches.

Ton autre amie est là, qui vient te voir !

CYRANO, souriant à la lune.

Je vois.

ROXANE.

Je n'aimais qu'un seul être et je le perds deux fois !

CYRANO.

Le Bret, je vais monter dans la lune opaline,

Sans qu'il faille inventer, aujourd'hui, de machine...

ROXANE.

Que dites-vous ?

CYRANO.

Mais oui, c'est là, je vous le dis,

Que l'on va m'envoyer faire mon paradis

Plus d'une âme que j'aime y doit être exilée,

Et je retrouverai Socrate et Galilée !

LE BRET, se révoltant.

Non ! non ! C'est trop stupide à la fin, et c'est trop

Injuste ! Un tel poète ! Un cœur si grand, si haut !

Mourir ainsi !.. Mourir !..

CYRANO.

Voilà Le Bret qui grogne !

LE BRET, fondant en larmes.

Mon cher ami...

CYRANO, se soulevant, l'œil égaré.

Ce sont les cadets de Gascogne...

- La masse élémentaire... Eh oui !.. voilà le hic...

LE BRET.

Sa science... dans son délire !

CYRANO.

Copernic

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