Cyrano de Bergerac
- Автор: Rostand Edmond
- Язык: французский
- Жанр: Прочая поэзия
Электронная книга - «Cyrano de Bergerac». Краткое содержание книги:
C'est que...
CYRANO, de même.
Dans trois quarts d'heure...
DE GUICHE, de même.
... ou quatre...
CARBON, de même.
Il vaut mieux...
LE BRET, de même.
Vous pourriez...
ROXANE.
Je reste. On va se battre.
TOUS.
Oh ! non !
ROXANE.
C'est mon mari !
(Elle se jette dans les bras de Christian).
Qu'on me tue avec toi !
CHRISTIAN.
Mais quels yeux vous avez !
ROXANE.
Je te dirai pourquoi !
DE GUICHE, désespéré.
C'est un poste terrible !
ROXANE, se retournant.
Hein ! terrible ?
CYRANO.
Et la preuve
C'est qu'il nous l'a donné !
ROXANE, à De Guiche.
Ah ! vous me vouliez veuve ?
DE GUICHE.
Oh ! je vous jure !..
ROXANE.
Non ! Je suis folle à présent !
Et je ne m'en vais plus ! - D'ailleurs, c'est amusant.
CYRANO.
Eh quoi ! la précieuse était une héroïne ?
ROXANE.
Monsieur de Bergerac, je suis votre cousine.
UN CADET.
Nous vous défendrons bien !
ROXANE, enfiévrée de plus en plus.
Je le crois, mes amis !
UN AUTRE, avec enivrement.
Tout le camp sent l'iris !
ROXANE.
Et j'ai justement mis
Un chapeau qui fera très bien dans la bataille !..
(Regardant de Guiche).
Mais peut-être est-il temps que le comte s'en aille.
On pourrait commencer.
DE GUICHE.
Ah ! c'en est trop ! Je vais
Inspecter mes canons, et reviens... Vous avez
Le temps encor : changez d'avis !
ROXANE.
Jamais !
(De Guiche sort).
Scène VI
Les mêmes, moins De Guiche.
CHRISTIAN, suppliant.
Roxane !..
ROXANE.
Non !
PREMIER CADET, aux autres.
Elle reste !
TOUS, se précipitant, se bousculant, s'astiquant.
Un peigne ! - Un savon ! - Ma basane
Est trouée : une aiguille ! - Un ruban ! - Ton miroir ! -
Mes manchettes ! - Ton fer à moustache ! - Un rasoir !
ROXANE, à Cyrano qui la supplie encore.
Non ! rien ne me fera bouger de cette place !
CARBON, après s'être, comme les autres, sanglé, épousseté, avoir brossé son chapeau, redressé sa plume et tiré ses manchettes, s'avance vers Roxane, et cérémonieusement.
Peut-être siérait-il que je vous présentasse,
Puisqu'il en est ainsi, quelques de ces messieurs
Qui vont avoir l'honneur de mourir sous vos yeux.
(Roxane s'incline et elle attend, debout au bras de Christian. Carbon présente).
Baron de Peyrescous de Colignac !
LE CADET, saluant.
Madame...
CARBON, continuant.
Baron de Casterac de Cahuzac. - Vidame
De Malgouyre Estressac Lésbas d'Escarabiot. -
Chevalier d'Antignac-Juzet. - Baron Hillot
De Blagnac-Saléchan de Castel Crabioules...
ROXANE.
Mais combien avez-vous de noms, chacun ?
LE BARON HILLOT.
Des foules !
CARBON, à Roxane.
Ouvrez la main qui tient votre mouchoir.
ROXANE, ouvre la main et le mouchoir tombe.
Pourquoi ?
(Toute la compagnie fait le mouvement de s'élancer pour le ramasser).
CARBON, le ramassant vivement.
Ma compagnie était sans drapeau ! Mais, ma foi,
C'est le plus beau du camp qui flottera sur elle !
ROXANE, souriant.
Il est un peu petit.
CARBON, attachant le mouchoir à la hampe de sa lance de capitaine.
Mais il est en dentelle !
UN CADET, aux autres.
Je mourrais sans regret ayant vu ce minois,
Si j'avais seulement dans le ventre une noix !..
CARBON, qui l'a entendu, indigné.
Fi ! parler de manger lorsqu'une exquise femme !..
ROXANE.
Mais l'air du camp est vif et, moi-même, m'affame.
Pâtés, chaud-froids, vins fins : - mon menu, le voilà !
- Voulez-vous m'apporter tout cela !
(Consternation).
UN CADET.
Tout cela !
UN AUTRE.
Où le prendrions-nous, grand Dieu ?
ROXANE, tranquillement.
Dans mon carrosse.
TOUS.
Hein ?..
ROXANE.
Mais il faut qu'on serve et découpe, et désosse !
Regardez mon cocher d'un peu plus près, messieurs,
Et vous reconnaîtrez un homme précieux.
Chaque sauce sera, si l'on veut, réchauffée !
LES CADETS, se ruant vers le carrosse.
C'est Ragueneau !
(Acclamations).
Oh ! Oh !
ROXANE, les suivant des yeux.
Pauvres gens !
CYRANO, lui baisant la main.
Bonne fée !
RAGUENEAU, debout sur le siège comme un charlatan en place publique.
Messieurs !..
(Enthousiasme).
LES CADETS.
Bravo ! Bravo !
RAGUENEAU.
Les Espagnols n'ont pas,
Quand passaient tant d'appas, vu passer le repas !
(Applaudissements).
CYRANO, bas à Christian.
Hum ! hum ! Christian !
RAGUENEAU.
Distraits par la galanterie
Ils n'ont pas vu...
(Il tire de son siège un plat qu'il élève).
la galantine !..
(Applaudissements. La galantine passe de mains en mains).
CYRANO, bas à Christian.
Je t'en prie,
Un seul mot !..
RAGUENEAU.
Et Vénus sut occuper leur œil
Pour que Diane, en secret, pût passer...
(Il brandit un gigot).
son chevreuil !
(Enthousiasme. Le gigot est saisi par vingt mains tendues).
CYRANO, bas à Christian.
Je voudrais te parler !
ROXANE, aux cadets qui redescendent, les bras chargés de victuailles.
Posez cela par terre !
(Elle met le couvert sur l'herbe, aidée des deux laquais imperturbables qui étaient derrière le carrosse).
ROXANE, à Christian, au moment où Cyrano allait l'entraîner à part.
Vous, rendez-vous utile !
(Christian vient l'aider. Mouvement d'inquiétude de Cyrano).
RAGUENEAU.
Un paon truffé !
PREMIER CADET, épanoui, qui descend en coupant une large tranche de jambon.
Tonnerre !
Nous n'aurons pas couru notre dernier hasard
Sans faire un gueuleton...
(Se reprenant vivement en voyant Roxane).
pardon ! un balthazar !