Cyrano de Bergerac
- Автор: Rostand Edmond
- Язык: французский
- Жанр: Прочая поэзия
Электронная книга - «Cyrano de Bergerac». Краткое содержание книги:
RAGUENEAU, lançant les coussins du carrosse.
Les coussins sont remplis d'ortolans !
(Tumulte. On éventre les coussins. Rires. Joie).
TROISIÈME CADET.
Ah ! Viédaze !
RAGUENEAU, lançant des flacons de vin rouge.
Des flacons de rubis !..
(De vin blanc).
Des flacons de topaze !
ROXANE, jetant une nappe pliée à la figure de Cyrano.
Défaites cette nappe !.. Eh ! hop ! Soyez léger !
RAGUENEAU, brandissant une lanterne arrachée.
Chaque lanterne est un petit garde-manger !
CYRANO, bas à Christian, pendant qu'ils arrangent la nappe ensemble.
Il faut que je te parle avant que tu lui parles !
RAGUENEAU, de plus en plus lyrique.
Le manche de mon fouet est un saucisson d'Arles !
ROXANE, versant du vin, servant.
Puisqu'on nous fait tuer, morbleu ! nous nous moquons
Du reste de l'armée ! - Oui ! tout pour les Gascons !
Et si De Guiche vient, personne ne l'invite !
(Allant de l'un à l'autre).
Là, vous avez le temps. - Ne mangez pas si vite ! -
Buvez un peu. - Pourquoi pleurez-vous ?
PREMIER CADET.
C'est trop bon !..
ROXANE.
Chut ! - Rouge ou blanc ? - Du pain pour monsieur de Carbon !
- Un couteau ! - Votre assiette ! - Un peu de croûte ? - Encore ?
Je vous sers ! - Du bourgogne ? - Une aile ?
CYRANO, qui la suit, les bras chargés de plats, l'aidant à servir.
Je l'adore !
ROXANE, allant vers Christian.
Vous ?
CHRISTIAN.
Rien.
ROXANE.
Si ! ce biscuit, dans du muscat... deux doigts !
CHRISTIAN, essayant de la retenir.
Oh ! dites-moi pourquoi vous vîntes ?
ROXANE.
Je me dois
À ces malheureux... Chut ! Tout à l'heure !..
LE BRET, qui était remonté au fond, pour passer, au bout d'une lance, un pain à la sentinelle du talus.
De Guiche !
CYRANO.
Vite, cachez flacon, plat, terrine, bourriche !
Hop ! - N'ayons l'air de rien !..
(À Ragueneau).
Toi, remonte d'un bond
Sur ton siège ! - Tout est caché ?..
(En un clin d'œil tout a été repoussé dans les tentes, ou caché sous les vêtements, sous les manteaux, dans les feutres. - De Guiche entre vivement - et s'arrête, tout d'un coup, reniflant. - Silence).
Scène VII
Les mêmes, De Guiche.
DE GUICHE.
Cela sent bon.
UN CADET, chantonnant d'un air détaché.
To lo lo !..
DE GUICHE, s'arrêtant et le regardant.
Qu'avez-vous, vous ?.. Vous êtes tout rouge !
LE CADET.
Moi ?.. Mais rien. C'est le sang. On va se battre : il bouge !
UN AUTRE.
Poum... poum... poum...
DE GUICHE, se retournant.
Qu'est cela ?
LE CADET, légèrement gris.
Rien ! C'est une chanson !
Une petite...
DE GUICHE.
Vous êtes gai, mon garçon !
LE CADET.
L'approche du danger !
DE GUICHE, appelant Carbon de Castel-Jaloux, pour donner un ordre.
Capitaine ! je...
(Il s'arrête en le voyant).
Peste !
Vous avez bonne mine aussi !
CARBON, cramoisi, et cachant une bouteille derrière son dos, avec un geste évasif.
Oh !..
DE GUICHE.
Il me reste
Un canon que j'ai fait porter...
(Il montre un endroit dans la coulisse).
là, dans ce coin,
Et vos hommes pourront s'en servir au besoin.
UN CADET, se dandinant.
Charmante attention !
UN AUTRE, lui souriant gracieusement.
Douce sollicitude !
DE GUICHE.
Ah çà ! mais ils sont fous ! -
(Sèchement).
N'ayant pas l'habitude
Du canon, prenez garde au recul.
LE PREMIER CADET.
Ah ! pfftt !
DE GUICHE, allant à lui, furieux.
Mais !..
LE CADET.
Le canon des Gascons ne recule jamais !
DE GUICHE, le prenant par le bras et le secouant.
Vous êtes gris !.. De quoi ?
LE CADET, superbe.
De l'odeur de la poudre !
DE GUICHE, haussant les épaules, le repousse et va vivement à Roxane.
Vite, à quoi daignez-vous, madame, vous résoudre ?
ROXANE.
Je reste !
DE GUICHE.
Fuyez !
ROXANE.
Non !
DE GUICHE.
Puisqu'il en est ainsi,
Qu'on me donne un mousquet !
CARBON.
Comment ?
DE GUICHE.
Je reste aussi.
CYRANO.
Enfin, Monsieur ! voilà de la bravoure pure !
PREMIER CADET.
Seriez-vous un Gascon malgré votre guipure ?
ROXANE.
Quoi !..
DE GUICHE.
Je ne quitte pas une femme en danger.
DEUXIÈME CADET, au premier.
Dis donc ! Je crois qu'on peut lui donner à manger !
(Toutes les victuailles reparaissent comme par enchantement).
DE GUICHE, dont les yeux s'allument.
Des vivres !
UN TROISIÈME CADET.
Il en sort de sous toutes les vestes !
DE GUICHE, se maîtrisant, avec hauteur.
Est-ce que vous croyez que je mange vos restes ?
CYRANO, saluant.
Vous faites des progrès !
DE GUICHE, fièrement, et à qui échappe sur le dernier mot une légère pointe d'accent.
Je vais me battre à jeun !
PREMIER CADET, exultant de joie.
À jeung ! Il vient d'avoir l'accent !
DE GUICHE, riant.
Moi ?
LE CADET.
C'en est un !
(Ils se mettent tous à danser).
CARBON DE CASTEL-JALOUX, qui a disparu depuis un moment derrière le talus, reparaissant sur la crête.
J'ai rangé mes piquiers, leur troupe est résolue !
(Il montre une ligne de piques qui dépasse la crête).
DE GUICHE, à Roxane, en s'inclinant.
Acceptez-vous ma main pour passer leur revue ?..
(Elle la prend, ils remontent vers le talus. Tout le monde se découvre et les suit).
CHRISTIAN, allant à Cyrano, vivement.
Parle vite !
(Au moment où Roxane paraît sur la crête, les lances disparaissent, abaissées pour le salut, un cri s'élève : elle s'incline).
LES PIQUIERS, au dehors.
Vivat !
CHRISTIAN.
Quel était ce secret ?..
CYRANO.
Dans le cas où Roxane...
CHRISTIAN.
Eh bien ?
CYRANO.
Te parlerait