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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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« “Bien le bonjour ! que je lui dis en m’avançant. Ce chemin vous mènera nulle part, et où que vous alliez, ce sera plus vite pour vous de retourner par la route.” J’aimais pas trop son allure ; et quand Serre est sorti pour le flairer, il a crié comme si une mouche l’avait piqué : il a pas mis de temps à déguerpir, la queue entre les jambes, en poussant des hurlements. Le type en noir, lui, a pas bougé d’un pouce.

« “Je viens de là-derrière”, qu’il a dit d’une voix traînante, comme raide, voyez, en pointant vers l’ouest, vers mes champs, voyez vous ça. “Avez-vous vu Bessac ?” qu’il m’a demandé d’une voix bizarre, et il s’est penché vers moi. J’ai vu aucun visage, attendu que son capuchon tombait trop bas ; et j’ai senti comme un frisson descendre dans mon dos. Mais je voyais pas pourquoi cet effronté viendrait chevaucher sur mes terres de cette façon-là.

« “Allez-vous-en ! que je lui ai dit. Y a pas de Bessac qui vivent ici. Vous êtes dans la mauvaise partie du Comté. Vous feriez mieux de retourner vers l’ouest, dans le coin de Hobbiteville – mais vous pouvez passer par la route, cette fois-ci.

« “Bessac est parti, qu’il a murmuré. Il s’en vient. Il n’est pas loin. Je veux le retrouver. S’il vient de ce côté, me le direz-vous ? Je reviendrai avec de l’or.”

« “Ça m’étonnerait, que j’ai dit. Vous allez rentrer chez vous, et que ça saute. Je vous donne une minute avant d’appeler tous mes chiens.”

« Il a poussé une sorte de sifflement. C’était peut-être un rire, peut-être pas. Puis il a éperonné son grand cheval pour me rentrer dedans, et j’ai pu m’écarter au dernier moment. J’ai appelé les chiens, mais il a tourné bride et il est sorti, filant comme un éclair le long du chemin qui mène à la chaussée. Qu’est-ce que vous pensez de ça ? »

Frodo resta un moment les yeux fixés sur l’âtre, mais sa seule pensée était de se demander comment ils allaient faire pour atteindre le Bac. « Je ne sais pas quoi penser », dit-il enfin.

« Je m’en vais vous le dire, moi, fit Magotte. Vous n’auriez jamais dû aller vous mêler aux gens de Hobbiteville, monsieur Frodo. Les gens sont bizarres, là-bas. » Sam remua sur sa chaise et regarda le fermier d’un œil hostile. « Mais vous avez toujours été un garçon imprudent. Quand j’ai entendu dire que vous aviez laissé les Brandibouc pour aller rester avec ce vieux M. Bilbo, j’ai dit que vous exposiez à des ennuis. Croyez-moi : tout cela vient des agissements de M. Bilbo. Il a fait son argent à l’étranger et de façon peu commune, à ce qu’on raconte. Y en a peut-être qui veulent savoir où sont passés l’or et les joyaux qu’il a ramenés – et enterrés dans la colline de Hobbiteville, à ce que j’entends ? »

Frodo ne répondit rien : les conjectures du fermier étaient d’une perspicacité assez déconcertante.

« Pour tout vous dire, monsieur Frodo, poursuivit Magotte, je suis content que vous ayez eu la bonne idée de revenir au Pays-de-Bouc. Mon conseil, c’est : restez-y ! Et ne vous mêlez pas à ces gens venus d’ailleurs. Vous aurez des amis, ici. S’il y a de ces types en noir qui viennent encore après vous, je vais m’occuper d’eux. Je dirai que vous êtes mort, ou que vous avez quitté le Comté, ou ce que vous voudrez. Et ce pourrait être plus vrai qu’on le pense, puisque c’est sans doute de M. Bilbo qu’ils veulent des nouvelles. »

« Vous avez peut-être raison », dit Frodo, évitant le regard du fermier et gardant les yeux fixés sur l’âtre.

Magotte le considéra d’un air pensif. « Eh bien, je vois que vous avez vos idées à vous, dit-il. C’est pas par hasard si vous êtes débarqué ici en même temps que ce cavalier : ça se voit comme le nez au milieu de ma figure, et mes nouvelles avaient peut-être rien de nouveau pour vous, tout compte fait. Je vous demande pas de me dire ce que vous préférez garder pour vous ; mais je vois que vous avez des ennuis. Vous vous dites peut-être que ce sera pas si facile d’arriver au Bac sans être pris ? »

« C’est à cela que je pensais, dit Frodo. Mais il faut quand même essayer, et ça ne se fera pas en restant assis à penser. Alors je crains de devoir vous laisser. Merci infiniment de votre gentillesse ! Vous allez rire, mais cela plus de trente ans que je vous redoutais, vous et vos chiens, fermier Magotte. C’est dommage, car je me suis privé d’un bon ami. Et maintenant, je suis navré de devoir vous quitter si vite. Mais je reviendrai, un jour, peut-être… si j’en ai la chance. »

« Vous serez le bienvenu quand vous viendrez, dit Magotte. Mais là, il me vient une idée. Le jour va bientôt tomber et nous allons souper ; car toute la maison ou presque se met au lit peu après le Soleil. Si vous pouviez tous rester et prendre un morceau avec nous, ça nous ferait plaisir ! »

« À nous aussi ! dit Frodo. Mais nous devons partir à l’instant, j’en ai peur. Même ainsi, il fera noir avant que nous soyons au Bac. »

« Ah ! mais attendez ! J’allais dire : après souper, on sortira un petit chariot et je vais vous conduire au Bac. Ça vous évitera une bonne trotte, et ça pourrait aussi vous éviter des ennuis d’une autre sorte. »

Frodo accepta alors avec gratitude, au grand soulagement de Pippin et de Sam. Le soleil sombrait déjà derrière les collines à l’ouest, et la lumière déclinait. Deux des fils de Magotte entrèrent, ainsi que ses trois filles, et un généreux souper fut servi sur la grande table. La cuisine fut éclairée de chandelles et le feu revigoré. Mme Magotte entrait et sortait d’un pas affairé. Quelques autres hobbits travaillant sur la ferme les rejoignirent. Bientôt, quatorze personnes étaient attablées. Il y avait de la bière à profusion et un très bon mets de champignons et de bacon, en plus de nombreux plats d’une solide nourriture de ferme. Les chiens étaient étendus près du feu, rongeant de la couenne de lard et faisant craquer des os.

Quand ils eurent terminé, le fermier et ses fils sortirent avec une lanterne et préparèrent le chariot. Il faisait noir dans la cour quand leurs invités les rejoignirent. Ils jetèrent leurs paquets dans la voiture et grimpèrent à bord. Le fermier prit le siège du conducteur et fouetta ses deux solides poneys. Sa femme se tenait dans la lumière qui émanait de la porte ouverte.

« Tu ferais bien d’être prudent, Magotte ! appela-t-elle. T’avise pas d’aller chercher noise à des étrangers, et reviens tout droit à la maison ! »

« C’est promis ! » dit-il, conduisant le chariot hors de la cour. À présent, il n’y avait plus un souffle de vent : la nuit était silencieuse et immobile, et il faisait un peu frisquet. Ils roulèrent lentement et toutes lampes éteintes. Au bout d’un mille ou deux, le chemin prit fin, traversant un profond fossé et montant une courte pente pour rejoindre la chaussée élevée en talus.

Magotte descendit et regarda soigneusement de chaque côté, au nord et au sud ; mais rien ne se voyait dans l’obscurité, et il n’y avait pas un son dans l’air immobile. De minces rubans de brume flottaient au-dessus des fossés et rampaient dans les champs en bordure du Fleuve.

« Il fait noir comme dans un four, dit Magotte, mais je n’allumerai pas mes lampes avant d’être prêt à rentrer. Par une nuit comme celle-ci, on entendra tout ce qui vient vers nous sur la route, longtemps avant de le rencontrer. »

Il y avait cinq milles ou plus à partir du chemin de Magotte jusqu’au Bac. Les hobbits s’emmitouflèrent, mais ils tendaient l’oreille à tout bruit autre que le grincement des roues et le lent clop-clop des poneys. Frodo trouvait que le chariot était plus lent qu’un escargot. À ses côtés, Pippin somnolait ; mais Sam regardait droit devant lui à travers la brume grandissante.

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