Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
Ils longèrent un immense champ de navets et se retrouvèrent devant une imposante barrière. Un chemin défoncé courait derrière celle-ci entre deux haies basses et bien disposées, vers un groupe d’arbres se dressant au loin. Pippin s’arrêta.
« Je connais ces champs et cette barrière ! dit-il. Nous sommes à Faverolle, la terre du vieux fermier Magotte. C’est sa ferme, là-bas, au milieu des arbres. »
« Les ennuis se poursuivent ! » dit Frodo, l’air presque aussi affolé que si Pippin venait d’annoncer que le chemin menait à l’antre d’un dragon. Les autres le regardèrent avec étonnement.
« Qu’est-ce que tu reproches au vieux Magotte ? demanda Pippin. C’est un bon ami de tous les Brandibouc. Bien sûr, il n’est pas tendre envers les intrus, et ses chiens de garde sont féroces ; mais il faut bien se dire que les gens d’ici vivent près des frontières et doivent être plus souvent sur leurs gardes. »
« Je sais, dit Frodo. Mais tout de même, ajouta-t-il avec un rire embarrassé, lui et ses chiens me terrifient. J’ai évité sa ferme pendant des années et des années. Il m’a souvent pris à voler des champignons sur sa propriété, quand j’étais jeune à Castel Brandy. La dernière fois, il m’a battu, puis il m’a emmené voir ses chiens. “Voyez, mes gaillards, leur a-t-il dit, la prochaine fois que ce jeune vaurien met les pieds sur ma terre, vous pourrez le manger. En attendant, montrez-lui la sortie !” Et ils m’ont pourchassé jusqu’au Bac. Je ne me suis jamais remis de cette frousse – mais je suppose que ces bêtes connaissaient leur affaire et ne m’auraient jamais fait de mal. »
Pippin rit. « Eh bien, il est temps de vous raccommoder. Surtout si tu reviens habiter au Pays-de-Bouc. Le vieux Magotte est vraiment un brave type… si tu laisses ses champignons tranquilles. Entrons dans le chemin, ce qui nous évitera d’empiéter sur ses terres. Si on le rencontre, je m’occuperai de lui parler. C’est un ami de Merry, et il fut un temps où je venais souvent avec lui en visite. »
Ils suivirent le chemin et finirent par apercevoir, entre les arbres, les toits de chaume d’une grande maison et de plusieurs bâtiments de ferme. Les Magotte, ainsi que les Patouillon d’Estoc et la plupart des habitants de la Marêche, vivaient dans des maisons ; et cette ferme en brique, solidement bâtie, était protégée par un mur qui en faisait le tour. Un grand portail de bois s’ouvrait sur le chemin et donnait accès à la cour.
Soudain, tandis qu’ils approchaient, il y eut une terrible explosion d’aboiements et de hurlements, et l’on entendit une voix forte crier : « Serre ! Croc ! Loup ! Allez, mes gaillards ! »
Frodo et Sam s’arrêtèrent net, mais Pippin fit encore quelques pas. Le portail s’ouvrit et trois énormes chiens sortirent en trombe dans le chemin et se ruèrent vers les voyageurs, aboyant sauvagement. Ils ne firent pas attention à Pippin ; mais Sam recula contre le mur tandis que deux chiens semblables à des loups le reniflaient avec suspicion, et grondaient s’il faisait le moindre mouvement. Le plus gros et le plus féroce des trois s’arrêta devant Frodo, grognant et se hérissant.
Apparut alors sur le seuil un hobbit râblé et large d’épaules, au visage arrondi et rubicond. « Hé, là ! Hé ! Qui êtes-vous donc, fit-il, et que faites-vous ici, dites-moi donc ? »
« Bonjour, monsieur Magotte ! » dit Pippin.
Le fermier l’examina avec attention. « Tiens, mais c’est M. Pippin – M. Peregrin Touc, devrais-je dire ! » s’écria-t-il, tandis que son visage renfrogné s’illuminait d’un large sourire. « Y a longtemps qu’on vous a vu dans les parages. Encore heureux que je vous connaisse : j’étais pour lâcher mes chiens sur tout étranger. Il se passe de drôles de choses, aujourd’hui. Comme de raison, il arrive que de curieuses gens viennent rôder dans le coin. Trop près du Fleuve, dit-il en secouant la tête. Mais ce type-là est le personnage le plus bizarre que j’ai jamais vu de mes yeux. En v’là un qui traversera pas mes terres sans permission une deuxième fois, pas si je peux l’en empêcher. »
« De qui voulez-vous parler ? » demanda Pippin.
« Ah, vous l’avez pas vu ? dit le fermier. Il a pris le chemin de la chaussée y a pas bien longtemps. C’était un drôle de moineau et qui posait de drôles de questions. Mais vous viendriez peut-être vous asseoir un peu : comme ça, on sera plus confortable pour bavarder. J’ai une bonne ale en perce, si vous et vos amis avez le goût d’une bière, monsieur Touc. »
Il semblait évident que le fermier leur en dirait davantage si on lui permettait de le faire quand et comme il lui plairait, alors ils acceptèrent son invitation. « Et les chiens ? » demanda Frodo d’un air anxieux.
Le fermier rit. « Ils vous feront pas de mal – à moins que je leur dise. Ici, Serre ! Croc ! Au pied ! cria-t-il. Au pied, Loup ! » Au grand soulagement de Frodo et Sam, les chiens s’éloignèrent et leur rendirent leur liberté.
Pippin présenta ses deux compagnons au fermier. « M. Frodo Bessac, dit-il. Vous ne vous souvenez peut-être pas de lui, mais il a déjà vécu à Castel Brandy. » Au nom de Bessac, le fermier sursauta et dévisagea Frodo d’un œil incisif. Pendant un instant, Frodo crut que le souvenir des champignons volés avait été ressuscité, et que les chiens allaient recevoir l’ordre de lui montrer la sortie. Mais le fermier Magotte lui prit le bras.
« Eh bien, si c’est pas bizarre, ça ! s’exclama-t-il. Monsieur Bessac, c’est bien cela ? Entrez donc ! Il faut que je vous parle. »
Ils passèrent dans la cuisine du fermier et s’assirent devant le grand foyer. Mme Magotte arriva avec un énorme pichet de bière et remplit quatre bonnes chopes. C’était un bon brassin, et Pippin se trouva amplement dédommagé d’avoir manqué la Perche Dorée. Sam but sa bière lentement et avec suspicion. Il était naturellement méfiant des habitants des autres régions du Comté ; et il n’était pas disposé à se prendre soudain d’amitié pour quiconque avait déjà battu son maître, qu’importe si cela faisait longtemps.
Après quelques remarques à propos du temps qu’il faisait et de la récolte à venir (qui ne s’annonçait pas plus mauvaise qu’à l’habitude), le fermier Magotte posa sa chope et les regarda chacun à son tour.
« Maintenant, monsieur Peregrin, fit-il, d’où est-ce que vous venez, et où est-ce que vous allez ? Étiez-vous venu me rendre visite ? Attendu que, si c’est le cas, vous avez passé mon portail sans que je vous voie. »
« Eh bien, non, répondit Pippin. Pour dire le vrai, puisque vous l’avez deviné, nous sommes arrivés par l’autre bout du chemin : nous avons traversé vos champs. Mais c’était tout à fait par accident. Nous nous sommes perdus dans les bois, près de Boischâtel, en essayant de prendre un raccourci vers le Bac. »
« Si vous étiez pressés, la route vous aurait mieux servis, dit le fermier. Mais c’est pas ce qui m’inquiétait. Vous êtes libre de passer sur mes terres si le cœur vous en dit, monsieur Peregrin. Et vous de même, monsieur Bessac… même si vous aimez encore les champignons, je gage. » Il rit. « Eh oui, j’ai reconnu votre nom. Je me souviens du temps où Frodo Bessac était l’un des pires garnements du Pays-de-Bouc. Mais c’est pas non plus à mes champignons que je pensais. Je venais tout juste d’entendre le nom Bessac lorsque vous êtes arrivés. Devinez ce qu’il m’a demandé, ce moineau-là ? »
Ils attendirent anxieusement la suite. « Eh bien, reprit lentement le fermier, qui semblait y prendre un malin plaisir, il est arrivé sur son grand cheval noir, et le portail se trouvait à être ouvert, alors il est venu jusqu’à ma porte. Il était tout en noir lui aussi, avec cape et capuchon, comme s’il voulait pas qu’on le reconnaisse. “Par le Comté, qu’est-ce qu’il peut bien vouloir ?” que je me suis demandé. On voit pas souvent des Grandes Gens de ce côté-ci de la frontière ; et puis de toute façon, j’avais jamais entendu parler d’un type comme ç’ui-là, tout en noir.