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Ainsi parlait Zarathoustra

Электронная книга - «Ainsi parlait Zarathoustra». Краткое содержание книги:

Ainsi parlait Zarathoustra
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Et si la vraie vertu est celle qui ne sait rien d’elle-même, eh bien! le vaniteux ne sait rien de sa modestie! -

Mais ceci est ma troisième sagesse humaine que je ne laisse pas votre timidité me dégoûter de la vue des méchants.

Je suis bienheureux de voir les miracles que fait éclore l’ardent soleiclass="underline" ce sont des tigres, des palmiers et des serpents à sonnettes.

Parmi les hommes aussi il y a de belles couvées d’ardent soleil et chez les méchants bien des choses merveilleuses.

Il est vrai que, de même que les plus sages parmi vous ne me paraissaient pas tout à fait sages: ainsi j’ai trouvé la méchanceté des hommes au-dessous de sa réputation.

Et souvent je me suis demandé en secouant la tête: pourquoi sonnez-vous encore, serpents à sonnettes?

En vérité, il y a un avenir, même pour le mal, et le midi le plus ardent n’est pas encore découvert pour l’homme.

Combien y a-t-il de choses que l’on nomme aujourd’hui déjà les pires des méchancetés et qui pourtant ne sont que larges de douze pieds et longues de trois mois! Mais un jour viendront au monde de plus grands dragons.

Car pour le Surhomme ait son dragon, le sur-dragon qui soit digne de lui, il faut que beaucoup d’ardents soleils réchauffent les humides forêts vierges!

Il faut que vos sauvages soient devenus des tigres et vos crapauds venimeux des crocodiles: car il faut que le bon chasseur fasse bonne chasse!

Et en vérité, justes et bons! Il y a chez vous bien des choses qui prêtent à rire et surtout votre crainte de ce qui jusqu’à présent a été appelé «démon»!

Votre âme est si loin de ce qui est grand que le Surhomme vous serait épouvantable dans sa bonté!

Et vous autres sages et savants, vous fuiriez devant l’ardeur ensoleillée de la sagesse où le Surhomme baigne la joie de sa nudité!

Vous autres hommes supérieurs que mon regard a rencontrés! ceci est mon doute sur vous et mon secret: je devine que vous traiteriez mon Surhomme de – démon!

Hélas! je me suis fatigué de ces hommes supérieurs, je suis fatigué des meilleurs d’entre eux: j’ai le désir de monter de leur «hauteur», toujours plus haut, loin d’eux, vers le Surhomme!

Un frisson m’a pris lorsque je vis nus les meilleurs d’entre eux: alors des ailes m’ont poussé pour planer ailleurs dans des avenirs lointains.

Dans des avenirs plus lointains, dans les midis plus méridionaux que jamais artiste n’en a rêvés: là-bas où les dieux ont honte de tous les vêtements!

Mais je veux vous voir travestis, vous, ô hommes, mes frères et mes prochains, et bien parés, et vaniteux, et dignes, vous les «bons et justes». -

Et je veux être assis parmi vous, travesti moi-même, afin de vous méconnaître et de me méconnaître moi-même: car ceci est ma dernière sagesse humaine. -

Ainsi parlait Zarathoustra.

L’heure la plus silencieuse

Que m’est-il arrivé, mes amis? Vous me voyez bouleversé, égaré, obéissant malgré moi, prêt à m’en aller – hélas! à m’en aller loin de vous.

Oui, il faut que Zarathoustra retourne encore une fois à sa solitude, mais cette fois-ci l’ours retourne sans joie à sa caverne!

Que m’est-il arrivé? Qui m’oblige à partir? – Hélas! l’Autre, qui est ma maîtresse en colère, le veut ainsi, elle m’a parlé; vous ai-je jamais dit son nom?

Hier, vers le soir, mon heure la plus silencieuse m’a parlé: c’est là le nom de ma terrible maîtresse.

Et voilà ce qui s’est passé, – car il faut que je vous dise tout, pour que votre cœur ne s’endurcisse point contre celui qui s’en va précipitamment!

Connaissez-vous la terreur de celui qui s’endort? -

Il s’effraye de la tête aux pieds, car le sol vient à lui manquer et le rêve commence.

Je vous dis ceci en guise de parabole. Hier à l’heure la plus silencieuse le sol m’a manqué: le rêve commença.

L’aiguille s’avançait, l’horloge de ma vie respirait, jamais je n’ai entendu un tel silence autour de moi: en sorte que mon cœur s’en effrayait.

Soudain j’entendis l’Autre qui me disait sans voix: «Tu le sais Zarathoustra.» -

Et je criais d’effroi à ce murmure, et le sang refluait de mon visage, mais je me tus.

Alors l’Autre reprit sans voix: «Tu le sais, Zarathoustra, mais tu ne le dis pas!» -

Et je répondis enfin, avec un air de défit: «Oui, je le sais, mais je ne veux pas le dire!»

Alors l’Autre reprit sans voix: «Tu ne veux pas, Zarathoustra? Est-ce vrai? Ne te cache pas derrière cet air de défi!» -

Et moi de pleurer et de trembler comme un enfant et de dire: «Hélas! je voudrais bien, mais comment le puis-je? Fais-moi grâce de cela! C’est au-dessus de mes forces!»

Alors l’Autre repris sans voix: «Qu’importe de toi, Zarathoustra? Dis ta parole et brise-toi!» -

Et je répondis: «Hélas! est-ce ma parole? Qui suis-je? J’en attends un plus digne que moi; je ne suis pas digne, même de me briser contre lui.»

Alors l’Autre repris sans voix: «Qu’importe de toi? Tu n’es pas encore assez humble à mon gré, l’humilité a la peau la plus dure.»

Et je répondis: «Que n’a pas déjà supporté la peau de mon humilité! J’habite eux pieds de ma hauteur: l’élévation de mes sommets, personne ne me l’a jamais indiquée, mais je connais bien mes vallées.»

Alors l’Autre reprit sans voix: «Ô Zarathoustra, qui a des montagnes à déplacer, déplace aussi des vallées et des bas-fonds.» -

Et je répondis: «Ma parole n’a pas encore déplacé de montagnes et ce que j’ai dit n’a pas atteint les hommes. Il est vrai que je suis allé chez les hommes, mais je ne les ai pas encore atteints.»

Alors l’Autre reprit sans voix: «Qu’en sais-tu? La rosée tombe sur l’herbe au moment le plus silencieux de la nuit.» -

Et je répondis: «Ils se sont moqués de moi lorsque j’ai découvert et suivi ma propre vie; et en vérité mes pieds tremblaient alors.»

Et ils m’ont dit ceci: tu ne sais plus le chemin, et maintenant tu ne sais même plus marcher!»

Alors l’Autre reprit sans voix: «Qu’importent leurs moqueries! Tu es quelqu’un qui désappris d’obéir: maintenant tu dois commander.

Ne sais-tu pas quel est celui dont tous ont le plus besoin. Celui qui ordonne de grandes choses.

Accomplir de grandes choses est difficile: plus difficile encore d’ordonner de grandes choses.

Et voici ta faute la plus impardonnable: tu as la puissance et tu ne veux pas régner.»

Et je répondis: «il me manque la voix du lion pour commander.»

Alors l’Autre me dit encore comme en un murmure: «Ce sont les paroles les plus silencieuses qui apportent la tempête. Ce sont les pensées qui viennent comme portées sur des pattes de colombes qui dirigent le monde.

Ô Zarathoustra, tu dois aller comme le fantôme de ce qui viendra un jour; ainsi tu commanderas et, en commandant, tu iras de l’avant.» -

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