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Ainsi parlait Zarathoustra

Электронная книга - «Ainsi parlait Zarathoustra». Краткое содержание книги:

Ainsi parlait Zarathoustra
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Ainsi la volonté libératrice est devenue malfaisante; et elle se venge sur tout ce qui est capable de souffrir de ce qu’elle ne peut revenir elle-même en arrière.

Ceci, oui ceci seul est la vengeance même: la répulsion de la volonté contre le temps et son «ce fut».

En vérité, il y a une grande folie dans notre volonté; et c’est devenu la malédiction de tout ce qui est humain que cette folie ait appris à avoir de l’esprit!

L’esprit de la vengeance: mes amis, c’est là ce qui fut jusqu’à présent la meilleure réflexion des hommes; et, partout où il y a douleur, il devrait toujours y avoir châtiment.

«Châtiment», c’est ainsi que s’appelle elle-même la vengeance: avec un mot mensonger elle simule une bonne conscience.

Et comme chez celui qui veut il y a de la souffrance, puisqu’il ne peut vouloir en arrière, – la volonté elle-même et toute vie devraient être – punition!

Et ainsi un nuage après l’autre s’est accumulé sur l’esprit: jusqu’à ce que la folie ait proclamé: «Tout passe, c’est pourquoi tout mérite de passer!»

«Ceci est la justice même, qu’il faille que le temps dévore ses enfants»: ainsi a proclamé la folie.

«Les choses sont ordonnées moralement d’après le droit et le châtiment. Hélas! où trouver la délivrance du fleuve des choses et de «l’existence», ce châtiment?» Ainsi a proclamé la folie.

«Peut-il y avoir rédemption s’il y a un droit éternel? Hélas! on ne peut soulever la pierre du passé: il faut aussi que tous les châtiments soient éternels!» Ainsi a proclamé la folie.

«Nul acte ne peut être détruit: comment pourrait-il être supprimé par le châtiment! Ceci, oui ceci est ce qu’il y a d’éternel dans l’«existence», ce châtiment, que l’existence doive redevenir éternellement action et châtiment!

«À moins que la volonté ne finisse pas de délivrer elle-même, et que le vouloir devienne non-vouloir -»: cependant, mes frères, vous connaissez ces chansons de la folie!

Je vous ai conduits loin de ces chansons, lorsque je vous ai enseigné: «La volonté est créatrice.»

Tout ce «qui fut» est fragment et énigme et épouvantable hasard – jusqu’à ce que la volonté créatrice ajoute: «Mais c’est ainsi que je le voulais!»

Jusqu’à ce que la volonté créatrice ajoute: «Mais c’est ainsi que je le veux! C’est ainsi que je le voudrai.»

A-t-elle cependant déjà parlé ainsi? Et quand cela arrivera-t-il? La volonté est-elle déjà délivrée de sa propre folie?

La volonté est-elle déjà devenue, pour elle-même, rédemptrice et messagère de joie? A-t-elle désappris l’esprit de vengeance et tous les grincements de dents?

Et qui donc lui a enseigné la réconciliation avec le temps et quelque chose de plus haut que ce qui est réconciliation?

Il faut que la volonté, qui est la volonté de puissance, veuille quelque chose de plus haut que la réconciliation, -: mais comment? Qui lui enseignera encore à vouloir en arrière?

Mais en cet endroit de son discours, Zarathoustra s’arrêta soudain, semblable à quelqu’un qui s’effraie extrêmement. Avec des yeux épouvantables, il regarda ses disciples; son regard pénétrait comme une flèche leurs pensées et leurs arrière-pensées. Mais au bout d’un moment, il recommença déjà à rire et il dit avec calme:

«Il est difficile de vivre parmi les hommes, parce qu’il est si difficile de se taire. Surtout pour un bavard.» -

Ainsi parla Zarathoustra. Mais le bossu avait écouté la conversation en se cachant le visage; lorsqu’il entendit rire Zarathoustra, il éleva son regard avec curiosité et dit lentement:

«Pourquoi Zarathoustra nous parle-t-il autrement qu’à ses disciples?»

Zarathoustra répondit: «Qu’y a-t-il là d’étonnant? Avec des bossus on peut bien parler sur un ton biscornu!»

«Bien! dit le bossu; et avec des élèves on peut faire le pion.

Mais pourquoi Zarathoustra parle-t-il autrement à ses disciples qu’à lui-même?»

De la sagesse des hommes

Ce n’est pas la hauteur: c’est la pente qui est terrible!

La pente d’où le regard se précipite dans le vide et d’où la main se tend vers le sommet. C’est là que le vertige de sa double volonté saisit le cœur.

Hélas! mes amis, devinez-vous aussi la double volonté de mon cœur?

Ceci, ceci est ma pente et mon danger que mon regard se précipite vers le sommet, tandis que ma main voudrait s’accrocher et se soutenir – dans le vide!

C’est à l’homme que s’accroche ma volonté, je me lie à l’homme avec des chaînes, puisque je suis attiré vers le Surhomme; car c’est là que veut aller mon autre volonté.

Et c’est pourquoi je vis aveugle parmi les hommes, comme si je ne les connaissais point: afin que ma main ne perde pas entièrement sa foi en les choses solides.

Je ne vous connais pas, vous autres hommes: c’est là l’obscurité et la consolation qui m’enveloppe souvent.

Je suis assis devant le portique pour tous les coquins et je demande: Qui veut me tromper?

Ceci est ma première sagesse humaine de me laisser tromper, pour ne pas être obligé de me tenir sur mes gardes à cause des trompeurs.

Hélas! si j’étais sur mes gardes devant l’homme, comment l’homme pourrait-il être une ancre pour mon ballon! Je serais trop facilement arraché, attiré en haut et au loin!

Qu’il faille que je sois sans prudence, c’est là la providence qui est au-dessus de ma destinée.

Et celui qui ne veut pas mourir de soif parmi les hommes doit apprendre à boire dans tous les verres; et qui veut rester pur parmi les hommes doit apprendre à se laver avec de l’eau sale.

Et voici ce que je me suis souvent dit pour me consoler: «Eh bien! Allons! Vieux cœur! Un malheur ne t’a pas réussi: jouis-en comme d’un – bonheur!»

Cependant ceci est mon autre sagesse humaine: je ménage les vaniteux plus que les fiers.

La vanité blessée n’est-elle pas mère de toutes les tragédies? Mais où la fierté est blessée, croît quelque chose de meilleur qu’elle.

Pour que la vie soit bonne à regarder il faut que son jeu soit bien joué: mais pour cela il faut de bons acteurs.

J’ai trouvé bons acteurs tous les vaniteux: ils jouent et veulent qu’on aime à les regarder, – tout leur esprit est dans cette volonté.

Ils se représentent, ils s’inventent; auprès d’eux j’aime à regarder la vie, – ainsi se guérit la mélancolie.

C’est pourquoi je ménage les vaniteux, puisqu’ils sont les médecins de ma mélancolie, et puisqu’ils m’attachent à l’homme comme à un spectacle.

Et puis: qui mesure dans toute sa profondeur la modestie du vaniteux! Je veux du bien au vaniteux et j’ai pitié de lui à cause de sa modestie.

C’est de vous qu’il veut apprendre la foi en soi-même; il se nourrit de vos regards, c’est dans votre main qu’il cueille l’éloge.

Il aime à croire en vos mensonges, dès que vous mentez bien sur son compte: car au fond de son cœur il soupire: «Que suis-je?»

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