Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
— L’enfant est normale, déclara gravement Brun. Elle peut rester avec sa mère. Si elle est encore en vie le jour où on lui donnera un nom, elle sera acceptée dans le clan.
Iza n’avait désormais plus rien à craindre. Elle espérait seulement que sa fille ne connaîtrait pas comme elle-même le malheur de ne pas avoir de compagnon. Toutefois elle devait s’avouer qu’elle ne regrettait pas celui qu’elle avait eu et qui lui avait donné cet enfant, et par ailleurs Creb était là, leur fournissant à elle, son bébé, et Ayla, un foyer stable.
Elle demeurait pendant sept jours confinée dans les strictes limites du foyer de Creb, à l’exception de quelques sorties indispensables ; entre autres pour enterrer le placenta. Entre-temps, personne ne reconnaîtrait officiellement l’existence de son enfant, hormis ceux qui partageaient son foyer. Les autres femmes lui apporteraient de quoi manger, et profiteraient de l’occasion pour jeter un coup d’œil au nourrisson. Passé ces sept jours, Iza n’aurait de contact qu’avec les femmes aussi longtemps que dureraient ses saignements, une règle qui s’appliquait en temps ordinaire aux menstruations.
Iza consacra donc son temps à allaiter et à s’occuper de sa fille et, lorsqu’elle se sentit plus forte, elle entreprit de ranger l’endroit où elle conservait la nourriture, celui où elle faisait la cuisine, celui où elle dormait et celui où elle entreposait ses remèdes, dans la limite des pierres qui bornaient le foyer de Creb, son territoire personnel dans la caverne.
Le rang de Mog-ur au sein de la hiérarchie du clan le faisait bénéficier d’un foyer particulièrement bien situé : suffisamment près de l’entrée pour profiter de la lumière du jour et de la chaleur du soleil en été, mais assez éloigné cependant pour ne pas se trouver trop exposé aux vents glacials en hiver. De plus, une saillie dans la paroi offrait une protection supplémentaire contre les bourrasques néfastes aux rhumatismes et à l’arthrite dont il souffrait.
Outre la chasse, il incombait aux hommes quelques autres tâches comme celle d’édifier un coupe-vent à l’entrée de la caverne, à l’aide de peaux tendues sur des piquets plantés dans le sol. Il leur fallait également paver les abords de la caverne de galets pour éviter que la pluie et la neige fondue ne transforment les lieux en un vaste bourbier. Quant au sol des foyers, il était en terre battue recouverte ça et là de nattes pour s’asseoir ou servir les repas.
Creb disposait d’une couche confortable faite d’une litière de paille recouverte d’une épaisse fourrure. A côté, Iza et Ayla avaient chacune une litière semblable. Les fourrures qui les recouvraient servaient également de manteau. Creb avait une peau d’ours, Iza une peau de saïga, et Ayla la dépouille magnifique d’un léopard des neiges, qui s’était aventuré près de la caverne et que Goov avait abattu. Il avait offert la peau à Creb.
La plupart des membres du clan portaient une peau ou un morceau de corne ou encore une dent de l’animal qui incarnait leur totem protecteur. Creb avait pensé que la fourrure du léopard des neiges était la plus appropriée pour Ayla. Bien que ce ne fût pas son totem, le léopard était un félin assez proche du lion des cavernes. Ce dernier s’écartait rarement des steppes et ne représentait pas une menace pour le clan bien à l’abri sur ses pentes boisées. Comme ce n’était pas une bête que l’on traquait sans raison, il y avait peu de chances pour que les chasseurs en capturent un. Iza venait tout juste de terminer pour la fillette le tannage de la riche fourrure quand les premières contractions étaient survenues. L’enfant était enchantée de son vêtement et sautait sur la moindre occasion de sortir pour le porter.
Iza préparait une infusion d’armoise absinthe pour favoriser la montée de lait et atténuer les crampes douloureuses qui lui contractaient le ventre. Quelques mois plus tôt, elle avait fait provision de ces feuilles étroites aux petites fleurs verdâtres, en prévision de la naissance de son enfant. Impatiente d’aller enfouir dans les bois les peaux souillées de sang qu’elle avait utilisées depuis son accouchement, la femme guettait l’arrivée d’Ayla pour lui confier la garde du bébé pendant son absence.
Mais Ayla ne se trouvait nulle part aux abords de la caverne. Elle était partie chercher dans la rivière des galets bien ronds dont Iza avait besoin pour la cuisine et qu’il fallait ramasser avant que la glace fige le cours d’eau. Pensant ainsi faire plaisir à Iza, la fillette, agenouillée sur la rive, triait des pierres. Comme elle relevait la tête, elle aperçut une petite tache de fourrure blanche sous un buisson. Elle s’approcha et, écartant les branchages, elle vit un jeune lapin gisant sur le flanc, une patte cassée noircie de sang séché.
L’animal blessé, haletant de soif, était incapable de bouger. Il roula des yeux inquiets alors que la fillette tendait la main vers lui. Un louveteau qui faisait son apprentissage à la chasse avait attrapé le lapin, mais celui-ci était parvenu à se libérer. Avant que le jeune carnivore puisse se saisir de nouveau de sa proie, sa mère l’avait rappelé d’un hurlement impérieux. Le louveteau, pas vraiment affamé, avait aussitôt répondu à l’appel, délaissant le lapin, qui en avait profité pour plonger sous le buisson le plus proche avec l’espoir que son tourmenteur ne reviendrait pas. Un moment plus tard, tout danger passé, il avait voulu quitter sa cachette pour aller boire, mais sa patte brisée par les dents pointues du petit loup l’en avait empêché.
Ayla prit la petite bête dans ses bras et se mit à la bercer comme un nouveau-né. A la vue du sang et de l’angle bizarre que formait sa patte, elle décida sur-le-champ de l’apporter à Iza, qui saurait assurément le soigner. Oubliant sa collecte de galets, elle regagna la caverne avec sa découverte.
L’arrivée d’Ayla réveilla Iza qui somnolait. La fillette lui tendit le lapin en lui montrant ses blessures. Iza avait souvent soigné des animaux blessés mais elle s’était toujours gardée de les introduire dans la caverne.
— Ayla, les animaux ne peuvent pénétrer ici.
Tous ses espoirs déçus, Ayla baissa la tête et, tristement, s’apprêta à sortir en serrant le lapin contre son cœur.
La déception de la fillette n’échappa point à la guérisseuse.
— Enfin, maintenant qu’il est là, montre-le-moi que je voie ce qu’il a, dit-elle à Ayla, qui lui tendit aussitôt la petite bête avec un sourire radieux.
— Cet animal a soif, va donc chercher un peu d’eau, demanda Iza. Ayla s’empressa de remplir un bol à une grande outre, tandis qu’Iza taillait une attelle dans un bout de bois.
— Rapporte-moi encore de l’eau, Ayla. Nous la ferons bouillir. Il me faut nettoyer cette blessure, fit Iza.
Ayla emporta l’outre pour la remplir à la mare. L’eau avait redonné quelque énergie à l’animal, qui mangeait un peu d’herbe qu’Iza lui avait donnée quand la fillette revint.
Lorsque Creb arriva un peu plus tard, il resta stupéfait en voyant Ayla serrer dans ses bras le lapin blessé pendant qu’Iza allaitait son enfant. Il remarqua l’attelle qui immobilisait la patte de l’animal et croisa le regard de sa sœur qui semblait lui dire : « Que pouvais-je faire d’autre ? » Alors que la fillette était tout absorbée par son jouet vivant, le sorcier et la guérisseuse s’entretinrent par gestes.
— Pourquoi a-t-elle apporté ce lapin ? demanda Creb.
— Il était blessé. Elle voulait que je le soigne. Elle ne savait pas qu’il ne faut pas introduire d’animal. Mais elle n’a rien fait de mal ; tout cela part d’un bon sentiment. Je pense qu’elle a des dispositions pour devenir guérisseuse. Creb, ajouta-t-elle après une pause, je voulais te dire deux mots à son sujet. Elle n’est pas très jolie, tu sais...
— Elle est attachante, dit Creb en coulant un regard vers Ayla. Mais tu as raison, elle n’est pas très jolie, reconnut-il. Je ne vois pas le rapport avec ce lapin ?