Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
Son premier élan d’amitié envers Oga se refroidit après l’inauguration de la caverne, car Oga se vit obligée de choisir entre Broud et Ayla. Si elle ressentait une profonde sympathie envers cette fillette, dont le destin était comparable au sien, elle ne pouvait ignorer plus longtemps les sentiments de Broud à son égard. Et elle préféra éviter la compagnie de la petite orpheline, afin de plaire à l’homme dont elle espérait devenir la compagne.
Ayla n’aimait pas particulièrement jouer avec Vorn, à peine d’un an son cadet, mais pour lequel jouer consistait à reproduire le comportement des hommes envers les femmes, ce qu’Ayla avait le plus grand mal à accepter. Lorsqu’elle refusait de se plier aux caprices du garçon, elle s’attirait à la fois la colère des hommes et celle des femmes, et plus spécialement celle d’Aga, la mère de Vorn. Elle était fière que son fils se conduise déjà « comme un homme », et elle faisait grand cas des sentiments hostiles de Broud envers Ayla. Si un jour Broud devenait le chef du clan, son fils serait alors son favori et peut-être son second. Aga ne négligeait aucun moyen pour mettre son fils en avant, allant jusqu’à réprimander Ayla quand Broud se trouvait dans les parages, de même qu’elle s’empressait de rappeler Vorn, si d’aventure celui-ci jouait avec Ayla alors que Broud n’était pas loin.
Parmi tous les gestes et les signes appris par Ayla, il y en eut un qu’elle acquit par sa seule observation.
Un après-midi, alors qu’elle observait du coin de l’œil Ika jouant avec Borg, elle remarqua que la jeune mère apprenait un nouveau signe au bébé. Quand ce dernier fut parvenu à imiter le mouvement d’une manière qui parut satisfaire sa mère, celle-ci attira l’attention des autres femmes pour montrer les progrès de son rejeton en manifestant une grande fierté. Plus tard, dans la même journée, Ayla vit Vorn accourir vers Aga et lui adresser le même signe, un signe que faisait également Ovra en parlant à Uka.
Ce soir-là, elle s’approcha timidement d’Iza, et quand la guérisseuse tourna la tête vers elle, Ayla reproduisit le geste qu’elle avait observé. Iza écarquilla de grands yeux.
— Creb, quand lui as-tu appris à m’appeler maman ? demanda-t-elle à son frère.
— Je ne lui ai pas appris cela, Iza, répondit Creb. Elle a dû l’apprendre toute seule.
Iza se tourna vers la fillette.
— Tu as appris ça toute seule ?
— Oui, maman, dit Ayla en refaisant ce signe dont elle soupçonnait seulement la signification.
Ce dont elle était sûre, c’est que les jeunes enfants l’utilisaient à l’adresse des femmes qui leur étaient les plus proches. Bien que le souvenir de sa mère fût profondément refoulé dans sa mémoire, son cœur en avait gardé l’empreinte.
Iza, restée si longtemps sans enfant, en fut fortement émue.
— Ma fille, dit-elle en la prenant dans ses bras. Mon enfant. Ah Creb, je savais bien qu’elle était ma fille. Ne te l’avais-je pas dit ? Les esprits l’ont placée sur mon chemin, j’en suis sûre.
Creb ne chercha pas à la persuader du contraire. Peut-être avait-elle raison.
Après ce soir-là, la petite fille connut des nuits plus calmes, même si de temps à autre les cauchemars revenaient troubler son sommeil. Il y en avait deux qu’elle refaisait souvent. Dans le premier, elle se trouvait prisonnière dans une minuscule cavité et tentait d’échapper à une énorme patte armée de griffes acérées. Dans le deuxième, le sol tremblait sous ses pieds, elle se sentait perdue et criait dans son étrange langue. Au début, quand elle se réveillait en sursaut, elle continuait de parler son langage sans en prendre conscience, puis à mesure qu’elle apprenait le mode d’expression en vigueur dans le clan, ce fut par gestes qu’elle s’exprima dans ses rêves.
L’été passa, brûlant et court, cédant la place aux gelées matinales de l’automne, à son air vif et piquant, aux ors et aux roux qui éclaboussaient les frondaisons. Quelques neiges précoces, vite balayées par de fortes pluies saisonnières, annoncèrent l’arrivée du froid. Puis, lorsqu’il ne resta plus aux branches dénudées que quelques feuilles tenaces, un bref intermède ensoleillé vint rappeler une dernière fois les chaleurs de l’été avant l’arrivée des vents glacés et des froids rigoureux interdisant la plupart des activités en plein air.
Le clan se tenait dehors, savourant la tiédeur du soleil. Installées devant la caverne, les femmes vannaient le grain moissonné dans les steppes de la vallée. Un brutal coup de vent fit tourbillonner un amas de feuilles mortes, prêtant une apparence de vie aux vestiges de la richesse estivale. Profitant de la rafale, les femmes firent sauter le grain dans leurs larges paniers à fond plat, laissant la balle s’envoler.
Iza, penchée derrière Ayla, lui montrait comment procéder. Ayla sentait parfaitement le ventre dur de la femme dans son dos, et elle sentit également la violente contraction qui obligea Iza à s’arrêter soudain. Un instant plus tard, celle-ci quitta le groupe, suivie par Ebra et Uka. La petite fille jeta un regard inquiet aux hommes qui venaient d’interrompre leur conversation pour suivre des yeux les trois femmes, s’attendant à ce qu’ils les réprimandent pour abandonner leur tâche. Mais bizarrement, ils s’abstinrent de tout commentaire. Ayla en profita pour suivre le mouvement.
A l’intérieur de la caverne, Iza reposait sur sa fourrure, entourée d’Ebra et d’Uka. Ayla se demandait pourquoi elle s’alitait ainsi au milieu de la journée et elle s’inquiétait d’autant plus qu’elle voyait une expression douloureuse sur le visage de sa mère adoptive, en proie à une nouvelle contraction.
Ebra et Uka bavardaient avec Iza de choses et d’autres, s’entretenant des réserves pour l’hiver et du changement de saison. Mais Ayla en savait assez pour deviner à leurs mines qu’il se passait quelque chose d’inhabituel, et elle décida que rien ne l’empêcherait d’élucider ce mystère. Elle attendit donc, assise aux pieds d’Iza.
Vers la fin de l’après-midi, Ika vint voir la guérisseuse avec Borg sur la hanche, puis Aga arriva avec sa fille Ona. Les deux femmes s’installèrent pour tenir compagnie à Iza tout en allaitant leurs enfants. Ovra et Oga les rejoignirent sans tarder, curieuses et inquiètes à la fois. Bien que la fille d’Uka n’eût pas encore de compagnon, elle était adulte, et Ovra savait qu’elle pouvait dès maintenant donner la vie. Oga serait, elle, bientôt une femme, et toutes deux étaient remplies de curiosité et d’intérêt pour l’événement qui se préparait.
Quand Vorn vit Aba rejoindre le petit groupe et s’asseoir à côté de sa fille, il voulut savoir pourquoi toutes les femmes se trouvaient au foyer de Mog-ur. Il se rendit là-bas et grimpa sur les genoux d’Aga à côté de sa petite sœur, qui était en train de téter. Mais ne voyant rien d’intéressant, hormis la guérisseuse allongée sur sa couche, il se lassa rapidement et s’éloigna.
Quelque temps après, les femmes allèrent préparer le repas. Uka resta auprès d’Iza, tandis qu’Ebra et Oga ne cessaient de lui jeter des regards discrets tout en faisant la cuisine. Ebra servit le repas de Creb et de Brun, puis apporta de quoi manger à Uka, Iza et Ayla ; Ovra s’occupa du repas du compagnon de sa mère, mais elle regagna rapidement le foyer d’Iza en compagnie d’Oga. Elles tenaient fermement à voir ce qui allait se passer et s’assirent à côté d’Ayla, qui n’avait pas bougé de sa place.
Iza s’était contentée de quelques gorgées d’infusion. Sans grande faim, Ayla grignotait quelques miettes, l’estomac serré. Elle n’avait toujours pas compris ce qui allait se produire, se demandant pourquoi Iza ne se levait pas pour préparer le repas de Creb, et pourquoi Creb se trouvait dans le foyer de Brun au lieu de prier les esprits pour qu’elle guérisse vite.