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Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]

Электронная книга - «Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]». Краткое содержание книги:

Vous connaissez l’histoire du joueur de flûte de Hamelin ? Les rats avaient envahi la ville, les habitants se désespéraient ; un joueur de flûte vint les sauver, qui ensorcela les rats au son de son instrument et les fit quitter la ville derrière lui pour les noyer dans la rivière.
Imaginez maintenant des rats intelligents qui soient de mèche avec le joueur de flûte… et pilotés par le roi de l’arnaque soi-même, le fabuleux Maurice, le chat de tous les chats. Ça, c’est une combine qui peut rapporter gros.
Jusqu’au jour où la fine équipe s’attaque au bourg de Bad Igoince où l’attendent le mystère, la terreur et le Mal.
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— C’est tout rouillé, chef ! lui répondit la voix paniquée. Ça ressemble à un mécanisme à sens unique comme dans le Grand Broyeur de Jennequin Jennequin, chef, mais sans le crochet au bout ! À quoi sert ce machin-là, chef ? Chef ? Chef ? »

Noir-mat sentit la douleur s’en aller. C’est donc ainsi que ça se passe, songea-t-il confusément. Trop tard maintenant. Elle va paniquer et détaler. C’est ce qu’on fait tous. Au moindre pépin, on fonce vers le premier trou. Mais ça n’a pas d’importance. C’est comme un rêve, après tout. Pas de quoi s’inquiéter. Plutôt agréable, en fait. Peut-être existe-t-il vraiment un Grand Rat au Fond de la Terre. Ce serait bien.

Il se laissait aller avec bonheur dans le silence chaud. Il se passait des événements graves, mais très loin et ça n’avait plus d’importance…

Il crut entendre un bruit derrière lui, comme des griffes de rat sur des dalles de pierre. Peut-être Nutritionnelle qui se sauve, dit un recoin de son cerveau. Mais un autre objecta : C’est peut-être le rat squelette.

L’idée ne lui faisait pas peur. Rien ici ne pouvait lui faire peur. Tous les coups durs, c’était du passé. Il sentait que, s’il tournait la tête, il verrait quelque chose. Mais c’était plus facile de se laisser flotter dans ce grand espace chaud.

La lumière violette s’assombrissait maintenant en un bleu profond, et, au milieu du bleu, s’ouvrait un rond noir.

On aurait dit un tunnel de rat.

C’est là qu’il vit, se dit Noir-mat. C’est le tunnel du Grand Rat. Tout est très simple…

Un point blanc éclatant naquit au centre du tunnel et grossit rapidement.

Et le voici, songea Noir-mat. Il doit savoir beaucoup de choses, le Grand Rat. Je me demande ce qu’il va me dire.

La lueur grandit encore et se mit effectivement à ressembler à un rat.

C’est étrange, songea Noir-mat tandis que la lumière bleue se fondait dans le noir, de découvrir que tout est vrai. Donc on s’en va dans le tunn…

Un bruit retentit. Emplit le monde. Et la douleur, terrible, atroce, revint. Et le Grand Rat cria de la voix de Nutritionnelle :

« J’ai rongé le ressort, chef. Je l’ai rongé ! Un vieux ressort pas très solide, chef ! Sans doute pour ça que vous n’êtes pas coupé en deux, chef ! Vous m’entendez, chef ? Noir-mat ? Chef ? J’ai rongé le ressort, chef ! Vous êtes encore mort, chef ? Chef ? »

Le premier chasseur de rats, serrant les poings, bondit de sa chaise.

Du moins, il bondit au début. À mi-parcours, il se mit à tituber. Il se rassit lourdement en se tenant le ventre.

« Oh non. Oh non. Je le savais bien que ce thé avait un drôle de goût…» marmonna-t-il.

Le second chasseur avait viré au vert pâle. « Espèce de sale petit… commença-t-il.

— Et ne songez pas à nous sauter dessus, dit Malicia. Vous ne sortiriez pas d’ici vivants. On pourrait être blessés et oublier où on a mis l’antidote. Vous n’avez pas le temps de nous sauter dessus. »

Le premier chasseur tenta encore de se lever, mais ses jambes refusèrent de répondre. « C’était quoi comme poison ? marmonna-t-il.

— D’après l’odeur, c’est celui que les rats appellent « numéro trois », répondit Keith. Il était dans le sac étiqueté Tuenmasse !!!.

— Les rats l’appellent « numéro trois » ? fit le second chasseur.

— Ils connaissent tout sur les poisons, répondit Keith.

— Et ils vous ont parlé de l’antidote, hein ? »

Le premier chasseur lui jeta un regard noir. « On les a entendus parler, Bill. Dans la fosse, tu te souviens ? » Il se tourna vers Keith et secoua la tête. « Nan, dit-il. T’as pas l’air du gamin qui empoisonnerait un homme de sang-froid…

— Et moi ? lança Malicia en se penchant.

— Elle, oui ! Elle, oui ! fit le second chasseur en serrant le bras de son collègue. Elle est bizarre, celle-là. Tout le monde le dit ! » Il s’étreignit encore le ventre et se courba en gémissant.

« Tu as parlé d’un antidote, dit le premier chasseur. Mais y a pas d’antidote au Tuenmasse ! ! !

— Moi je vous dis qu’il y en a un, dit Keith. Les rats en ont trouvé un. »

Le second chasseur tomba à genoux. « S’il vous plaît, jeune homme ! Ayez pitié ! Pensez au moins à ma chère femme et à mes quatre enfants adorables qui seront privés de père !

— Vous n’êtes pas marié, lui rappela Malicia. Vous n’avez pas d’enfants !

— Je pourrais en vouloir un jour !

— Qu’est-ce qui est arrivé au rat que vous avez emmené ? demanda Keith.

— Chaispas, m’sieur. Un rat avec un chapeau est descendu du toit, puis il l’a attrapé et s’est envolé ! marmonna le second chasseur. Et, après, un autre gros rat est tombé dans la fosse, a crié contre tout le monde, a mordu Jacko aux… j’peux pas dire le nom, a sauté hors de la fosse et a piqué un sprint !

— On dirait que tes rats vont bien, fit Malicia.

— Je n’ai pas fini, reprit Keith. Vous avez volé tout le monde et accusé les rats, hein ?

— Oui ! C’est ça ! Oui ! C’est vrai, c’est vrai !

— Vous avez tué les rats », dit doucement Keith.

La tête du premier chasseur pivota sèchement. La voix du jeune homme avait un accent qu’il reconnaissait. Il avait déjà entendu ça près de la fosse. On y voyait parfois de ces gros flambeurs aux gilets fantaisie qui parcouraient les montagnes, gagnaient leur vie en pariant et donnaient la mort en poignardant. Ils avaient tous une lueur dans l’œil et un accent dans la voix. On les connaissait sous le nom de « gentilshommes tueurs ». On ne contrariait pas un gentilhomme tueur.

« Oui, oui, c’est vrai, on est d’accord ! bredouilla le second chasseur.

— Là, vas-y doucement, Bill, fit le premier sans quitter Keith des yeux.

— Pourquoi vous avez fait ça ? » demanda celui-ci.

Le second chasseur regarda son patron puis Malicia et ensuite Keith, comme s’il cherchait à décider lequel lui flanquait le plus la trouille.

« Ben, d’après Ronald, les rats mangeaient de toute façon les provisions, expliqua-t-il. Alors… il a dit que, si on se débarrassait de tous les rats et qu’on piquait les provisions nous-mêmes, ça serait pas exactement du vol, pas vrai ? Plutôt… de la redistribution. Ronald connaît un type qui remonte la rivière avec une péniche à voile en pleine nuit et qui nous paye…

— C’est un mensonge démoniaque ! cracha le premier chasseur qui parut alors sur le point de vomir.

— Mais vous avez pris des rats vivants et les avez entassés dans des cages sans leur donner à manger, reprit Keith. Ils mangent du rat, ces rats-là. Pourquoi vous avez fait ça ? »

Le premier chasseur se cramponna le ventre. « Il se passe des trucs, je le sens ! dit-il.

— C’est seulement votre imagination ! répliqua sèchement Keith.

— Ah bon ?

— Oui. Vous ne savez donc rien des poisons que vous utilisez ? Votre estomac ne va pas commencer à se dissoudre avant au moins vingt minutes.

— Terrible ! fit Malicia.

— Et après ça, poursuivit Keith, si vous vous mouchez, votre cerveau… ben, disons qu’il va vous falloir un très grand mouchoir.

— C’est génial ! dit Malicia en fourrageant dans son sac. Je vais prendre des notes !

— Et ensuite, si vous… N’allez pas aux toilettes, c’est tout. Ne me demandez pas pourquoi. Surtout pas. Tout sera terminé dans une heure, sauf pour les suintements. »

Malicia griffonnait à toute allure. « Est-ce qu’ils vont couler de partout ? demanda-t-elle.

— Oh oui, répondit Keith sans quitter les deux hommes des yeux.

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