Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]
- Автор: Пратчетт Теренс Дэвид Джон
- Серия: Disque-monde #28
- Год: 2004
- Язык: французский
- Год: Atalante
- ISBN: 2-84172-292-9
- Переводчик: Patrick Couton
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]». Краткое содержание книги:
Imaginez maintenant des rats intelligents qui soient de mèche avec le joueur de flûte… et pilotés par le roi de l’arnaque soi-même, le fabuleux Maurice, le chat de tous les chats. Ça, c’est une combine qui peut rapporter gros.
Jusqu’au jour où la fine équipe s’attaque au bourg de Bad Igoince où l’attendent le mystère, la terreur et le Mal.
— En plus, je crois que j’ai perdu mon portefeuille. Vingt piastres que je ne suis pas près de revoir.
— La ferme.
— Et je n’ai pas pu récupérer un seul des rats survivants du dernier combat !
— La ferme.
— Et on a aussi laissé les chiens ! On aurait pu s’arrêter pour les détacher ! Quelqu’un va les faucher.
— La ferme.
— Est-ce que les rats fendent souvent l’air comme ça ? A moins que ce soit un phénomène dont on entend seulement parler quand on est un chasseur de rats de grande ex-pé-rien-ce ?
— Je t’ai déjà dit de la fermer ?
— Oui.
— La ferme. D’accord, on s’en va tout de suite. On ramasse l’argent et on pique un bateau à quai, d’accord ? On va laisser ce qu’on a pas vendu et filer.
— Comme ça ? Jeannot Sans-les-mains et ses gars remontent la rivière demain soir pour récupérer le chargement suivant et…
— On s’en va, Bill. Je sens que ça tourne mal.
— Comme ça ? Il nous doit deux cents piast…
— Oui ! Comme ça ! Il est temps de partir ! C’est cuit, l’oiseau s’est envolé, on a d’autres chats à fouetter ! Le… C’est toi qui as dit ça ?
— Dit quoi ?
— T’as pas dit : « J’espère bien » ?
— Moi ? Non. »
Le chasseur fit du regard le tour de la cabane.
Personne.
« Bon, d’accord, reprit-il. La nuit a été longue. Écoute, quand ça commence à tourner mal, c’est qu’il est temps de partir. Sans éclats. On se tire, vu ? Je veux pas être là quand les autres viendront nous chercher. Et je veux surtout pas voir un seul de ces joueurs de flûte. Des malins, ces gars-là. Ils fouinent partout. Et ils coûtent beaucoup d’argent. Les gens vont poser des questions, et la seule que je veux qu’ils posent, c’est : « Où sont passés les chasseurs de rats ? » Compris ? Il faut savoir quand mettre les pouces. Pas de quoi se miner. Il nous reste combien dans la cagnotte… ? Qu’est-ce que t’as dit ?
— Hein ? Moi ? Rien. Une tasse de thé ? Tu te sens toujours mieux après une tasse de thé.
— T’as pas dit « Minet toi-même » ? fit le premier chasseur.
— Je t’ai demandé si tu voulais une tasse de thé, c’est tout ! Parole ! Tu vas bien ? »
Le premier chasseur regarda fixement son copain, l’air de chercher un mensonge sur sa figure. « Ouais, ouais, répondit-il. Je vais bien. Trois sucres, alors.
— C’est ça, fit le second chasseur en versant les cuillerées. Faut maintenir le taux de sucre dans le sang. Faut prendre soin de toi. »
Le premier saisit la chope, sirota son thé et en contempla la surface tourbillonnante. « Comment on s’est retrouvés dans cette histoire ? fit-il. Dans tout ça, je veux dire ? Tu comprends ? Des fois, je me réveille la nuit et je pense : Tout ça, c’est ridicule. Puis je vais au boulot et tout me paraît sensé, quoi. J’veux dire, voler des trucs, en accuser les rats, oui, en élever de gros bien coriaces pour les fosses, ramener les survivants pour en produire de plus gros encore, oui, mais… chaispas… j’étais pas un gars à ligoter des gamins…
— On a gagné un bon paquet de fric tout de même.
— Ouais. » Le premier chasseur touilla le thé dans sa chope et but une nouvelle gorgée. « Ça compte, j’imagine. C’est un nouveau thé, ça ?
— Non, c’est du Lord Green comme d’habitude.
— L’a un goût un peu différent. » Il vida sa chope et la posa sur l’établi. « D’accord, on va prendre…
— Ça suffit comme ça, fit une voix au-dessus d’eux. Maintenant, vous ne bougez plus et vous m’écoutez. Si vous vous sauvez, vous mourez. Si vous parlez trop, vous mourez. Si vous attendez trop, vous mourez. Si vous vous croyez malins, vous mourez. Des questions ? »
Quelques volutes de poussière tombèrent des chevrons. Les chasseurs levèrent les yeux et virent une tête de chat qui les observait.
« C’est le sale greffier du gamin ! fit le premier chasseur de rats. Je te l’avais bien dit qu’il me regardait d’un drôle d’air !
— À votre place, je ne me regarderais pas, dit Maurice sur le ton de la conversation. Je regarderais plutôt la mort-aux-rats. »
Le second chasseur se retourna vers la table. « Hé, qui nous a volé du poison ? lança-t-il.
— Oh, fit le premier chasseur qui avait l’esprit beaucoup plus vif.
— Volé ? dit le chat depuis les hauteurs. On ne vole pas, nous. Ce serait malhonnête. On déplace.
— Oh. » Le premier chasseur s’assit brusquement.
« C’est dangereux, ce produit, dit le second en cherchant un projectile. T’avais pas à y toucher ! Dis-moi tout de suite où il est ! »
Un choc sourd lui répondit lorsque la trappe par terre s’ouvrit et claqua sur le plancher. Keith sortit la tête puis monta l’échelle sous l’œil ahuri des chasseurs.
Il tenait un sachet en papier tout froissé.
« Oh là là, fit le premier chasseur.
— Qu’est-ce que t’as fait du poison ? demanda le second.
— Ben, fit Keith, maintenant que vous en parlez, je crois que j’en ai versé la majeure partie dans le sucre…»
Noir-mat reprit connaissance. Il avait le dos en feu et ne pouvait pas respirer. Il sentait le poids de la mâchoire du piège qui l’écrasait et la morsure terrible des dents d’acier sur son ventre.
Je ne devrais pas être vivant, songea-t-il. Je préférerais être mort…
Il essaya de se soulever, ce qui n’arrangea rien. La douleur revint un peu plus forte quand il retomba.
Fait comme un rat, se dit-il.
Je me demande de quel modèle il s’agit.
« Noir-mat ? »
La voix venait d’un peu plus loin. Noir-mat voulut parler, mais le plus petit mouvement le pressait davantage contre les dents du bas.
« Noir-mat ? »
Le rat réussit à émettre un faible couinement. Les mots lui faisaient trop mal.
Des pattes s’avancèrent à tâtons dans les ténèbres sèches.
« Noir-mat ! »
L’odeur était celle de Nutritionnelle.
« Gnh, parvint à lâcher Noir-mat en s’efforçant de tourner la tête.
— Tu es pris dans un piège ! »
C’était plus qu’il n’en pouvait supporter, même si chaque parole le mettait à la torture. « Oh… vraiment ? fit-il.
— Je vais aller chercher S-sardines, d’accord ? » bafouilla Nutritionnelle.
Noir-mat sentait monter la panique de la rate. Et ce n’était pas le moment de paniquer. « Non ! Dis… moi… haleta-t-il… quel… type… de… piège ?
— Euh… euh… euh…» fit Nutritionnelle.
Noir-mat prit une inspiration profonde et cuisante.
« Réfléchis, espèce de… pisseuse lamentable !
— Euh… euh… c’est tout rouillé… euh… De la rouille partout ! On dirait… euh… peut-être un… Casse-reins…» Noir-mat entendit des grattements derrière lui. « Oui ! J’ai rongé un peu de rouille ! C’est écrit : Frères Nogent Casse-reins série 1, chef ! »
Noir-mat s’efforça de réfléchir tandis que la pression constante et horrible l’écrasait davantage. Série 1 ? Ancienne donc ! Un modèle qui remontait à la nuit des temps ! Le plus vieux qu’il avait croisé était un Casse-reins amélioré série 7 ! Et pour l’aider il n’avait que Nutritionnelle, une parfaite drrtlt avec quatre pattes gauches.
« Tu peux… voir comment… ? » commença-t-il, mais des lumières violettes lui dansaient maintenant devant les yeux, un grand tunnel de lumières violettes. Il essaya encore alors qu’il se sentait dériver vers elles. « Tu… peux… voir… comment… les… ressorts… ?