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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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Allons, ne sois pas idiot, se reprocha-t-il. Le fils de Brun ne va tout de même pas prendre ombrage d’une enfant ! Il est appelé à être un jour le chef de ce clan, et puis Brun désapprouverait tout geste hostile envers la fillette. Broud est maintenant un homme, et il lui faudra bien apprendre à se maîtriser.

Le vieillard se rendit compte en s’allongeant combien il était las. Depuis le tremblement de terre, pour la première fois, il pouvait se laisser aller au repos. La caverne était désormais la leur et les totems intronisés dans leur nouvelle demeure où le clan pourrait emménager dès le lendemain matin. Le sorcier bâilla, s’étira, puis ferma son œil unique.

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Les membres du clan éprouvèrent un sentiment d’émerveillement à la vue de l’imposante salle voûtée quand ils prirent enfin possession de la caverne. Laissant derrière eux les angoisses de leur quête et les souvenirs de leur ancienne grotte, ce fut avec un égal ravissement qu’ils découvrirent toutes les ressources de la contrée. Aussi se livrèrent-ils sans tarder aux occupations quotidiennes des étés courts et chauds : la chasse, la cueillette et la constitution de réserves en prévision de la saison froide.

Ils pêchaient à la main les truites arc-en-ciel réfugiées sous les souches et les pierres du cours d’eau dont les eaux vives dévalaient vers l’embouchure fréquentée par les esturgeons et les saumons, alors que la mer intérieure hébergeait de gigantesques poissons-chats. Les grosses pièces étaient prises au filet, des seines[5] faites de crins. Souvent ils parcouraient la quinzaine de kilomètres qui les séparaient de la côte afin d’y pêcher et de fumer sur place le poisson, en même temps qu’ils ramassaient crustacés et coquillages, ainsi que les œufs des oiseaux de mer nichant dans les falaises, ajoutant parfois à leur cueillette quelques mouettes et fous de Bassan tués à la fronde, et même de grands pingouins.

Les chasseurs partaient souvent en expédition. Les steppes voisines à l’herbe grasse abondaient en herbivores. On y trouvait le cerf géant, dont les bois pouvaient s’élever jusqu’à trois mètres de hauteur, ainsi que le bison dont les cornes atteignaient également de remarquables dimensions. Les chevaux des steppes se hasardaient rarement sous des latitudes aussi basses, mais les ânes et les onagres – se situant entre le cheval et l’âne – pâturaient dans les vastes étendues herbeuses de la péninsule, alors que leur robuste cousin, le cheval sylvestre, vivait seul ou en petits groupes dans les collines avoisinantes. Enfin, il n’était pas rare de rencontrer des bandes de saïgas, antilopes au nez bossué et bombé.

La zone entre la steppe et les contreforts des montagnes était fréquentée par les aurochs, ancêtres des bovidés domestiques. On y trouvait encore le rhinocéros sylvestre – apparenté aux espèces qui devaient fréquenter plus tard les régions chaudes, mais adapté au climat tempéré de ces forêts – ainsi qu’une autre variété très voisine. Tous deux, avec leurs deux cornes courtes surmontant une tête massive, différaient des rhinocéros laineux qui, comme les mammouths, n’étaient que des visiteurs saisonniers. Ils présentaient une longue corne antérieure inclinée vers l’avant et un port de tête très bas, utile pour déblayer la neige recouvrant les pâturages en hiver. Leur épaisse couche de graisse et leur manteau laineux leur offraient une totale protection contre les rigueurs de l’hiver septentrional. Leur habitat naturel s’étendait en effet au nord, dans les steppes alluviales, riches en lœss.

Seule la présence de glaciers permettait la formation de steppes à lœss. La basse pression exercée en permanence sur les vastes étendues de glace éliminait l’humidité de l’air, n’autorisant ainsi que de faibles chutes de neige et créant en revanche des vents constants. Le lœss, fine poussière calcaire arrachée au chaos de roches à la périphérie des glaciers, était déposé sur des centaines de kilomètres. Au printemps le mélange de neige fondue et de lœss permettait la pousse rapide d’une herbe drue qui séchait vite sous l’ardeur du soleil et fournissait des centaines de milliers d’hectares de fourrage aux millions d’animaux qui s’étaient adaptés au froid glaciaire du continent.

Les steppes continentales de la péninsule n’accueillaient les bêtes laineuses qu’à la fin de l’automne. Les étés y étaient trop chauds et, en hiver, la neige trop abondante pour paître. Nombre d’animaux étaient poussés vers le nord pendant la saison froide, jusqu’aux frontières des steppes à lœss, au climat rigoureux mais sec. La faune forestière, capable de se nourrir d’arbustes, d’écorces et de lichens, restait sur les pentes boisées, plus clémentes mais peu propices aux grands troupeaux.

En altitude, mouflons, bouquetins et chamois se partageaient les alpages, tandis que dans les forêts plusieurs espèces d’oiseaux au vol rapide animaient les sous-bois de leurs ramages mais encore fournissaient aux champions du tir à la fronde un gibier de choix. Le lagopède des saules, plus lourd, constituait également dans les plaines une belle cible pour les frondeurs, tandis que l’on chassait au filet les oies et canards migrateurs. Enfin dans le ciel, portés par les courants chauds, planaient, nonchalants mais attentifs, de nombreuses espèces d’oiseaux de proie et de charognards.

Il y avait d’autres hôtes dans les bois et dans les steppes voisines de la caverne : hermines, loutres, gloutons, martres, renards, fouines, zibelines, blaireaux, chats sauvages, tous prédateurs d’écureuils, porcs-épics, lièvres, lapins de garenne, castors, rats musqués, hamsters géants, grandes gerboises, et autres petits rongeurs maintenant disparus.

Les grands carnivores étaient essentiels à la sélection des vastes troupeaux. Il y avait les loups et leurs féroces cousins, les lycaons. Il y avait les félins : lynx, panthères, léopards des neiges, tigres, lions des cavernes, de loin les plus grands. Les ours bruns maraudaient près de la caverne, mais leurs gigantesques parents, les ours des cavernes, étaient désormais absents. Quant à la grande hyène des cavernes, elle prélevait ici comme partout sa part du festin.

La richesse de cette terre était infinie, et l’homme ne représentait qu’une part infime de la vie multiforme de l’ancien jardin d’Eden. Créature chétive, hors la taille de son cerveau, il était le moins doué des chasseurs. Mais malgré son manque de griffes et de crocs, la lenteur de sa course et sa dérisoire agilité, le prédateur bipède avait eu tôt fait de gagner le respect de ses concurrents quadrupèdes. Son odeur seule suffisait à éloigner tout animal d’envergure ayant vécu dans le voisinage de l’homme. Les chasseurs du clan étaient aussi aptes à se défendre qu’à porter l’attaque quand la sécurité du clan était menacée et, lorsqu’ils désiraient quelque belle fourrure pour l’hiver, ils n’hésitaient pas à traquer les félins les plus redoutables.

C’était une belle journée ensoleillée, qui sentait bon les prémices de l’été. Les frondaisons présentaient encore un vert tendre qui irait se fonçant avec la chaleur. Les mouches bourdonnaient au-dessus des restes de repas. La brise apportait des senteurs marines, et les ombres des branches dansaient sur la pente éclaboussée de soleil devant la caverne. Une fois la caverne adoptée et les cérémonies achevées, les tâches de Mog-ur se trouvèrent soudain allégées. De temps à autre il lui incombait encore la responsabilité de quelque rituel à l’occasion d’une expédition de chasse, d’une conjuration des mauvais esprits ou encore lorsqu’un membre du clan était blessé ou malade, afin d’en appeler aux totems protecteurs pour seconder les remèdes magiques d’Iza. Les chasseurs étaient partis, emmenant avec eux la plupart des femmes. Ils ne seraient pas de retour avant plusieurs jours et, pour cette raison, les femmes les accompagnaient afin de préparer la chair des bêtes abattues, car naturellement le gibier se transportait plus facilement une fois séché et prêt à être conservé pendant l’hiver. La chaleur du soleil et le vent qui balayait constamment les steppes desséchaient rapidement la viande découpée en fines lanières. La fumée abondante que produisaient les feux d’herbes et de bouse était plutôt destinée à éloigner les mouches qui pondaient dans la viande fraîche et la faisaient s’avarier. En outre, les femmes avaient la charge de la majeure partie des fardeaux sur le chemin du retour.

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Sorte de filet que l’on traîne sur les plages. (NScan)

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