Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Nouveau Soleil de Teur. Livre 2 [The Urth of the New Sun - fr]
Le Nouveau Soleil de Teur. Livre 2 [The Urth of the New Sun - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Nouveau Soleil de Teur. Livre 2 [The Urth of the New Sun - fr]

Электронная книга - «Le Nouveau Soleil de Teur. Livre 2 [The Urth of the New Sun - fr]». Краткое содержание книги:

Après bien des péripéties, voici Sévérian de retour sur Teur. Un Sévérian métamorphosé, fort de pouvoirs quasi divins et entraînant dans son sillage la Fontaine Blanche — cet objet astronomique qui est l’exact opposé d’un trou noir, un jaillissement de matière né de la semande de l’Autarque.
Mais cela suffira-t-il à redonner vie à Teur et à son soleil moribond ?
Dans cette deuxième et dernière partie de la coda imaginée par Gene Wolfe pour couronner son Livre du Second Soleil de Teur, Sévérian sera le moteur de bouleversements cosmiques — un nouveau Déluge, une plongée dantesque dans les Corridors du Temps — qui, ultime révélation, lui apprendront que les sauveurs des mondes sont forcés d’en être aussi les sacrificateurs.
1 ... 30 31 32 33 34 35 36 37 38 ... 51
Перейти на страницу:

Il y eut une lumière chatoyante d’un bleu d’azur. La Griffe était revenue – non pas celle qu’avait détruite l’artillerie ancienne, non plus que celle que j’avais donnée au chiliarque des prétoriens de Typhon, mais la Griffe du Conciliateur, le joyau que j’avais découvert dans ma sabretache, marchant sur une route sombre en compagnie de Dorcas, tout près du mur de Nessus. Je voulus le dire à quelqu’un ; mais j’avais la bouche scellée et ne pouvais trouver le mot. Peut-être étais-je trop distant de moi-même, du Sévérian de chair et d’os que Catherine avait mis au monde dans une cellule des oubliettes, en dessous de la tour Matachine. La Griffe persista, brillant et ondoyant contre le noir du vide.

Non, ce n’était pas la Griffe qui se balançait mais moi qui étais doucement, très doucement bercé tandis que le soleil me caressait le dos.

Sa lumière devait m’avoir ranimé, comme elle m’aurait fait lever de mon lit de mort. Le Nouveau Soleil devait venir, et j’étais ce Nouveau Soleil. Je redressai la tête, ouvris les yeux et recrachai un flot de liquide cristallin semblable à aucune eau sur Teur ; ou plutôt, on aurait dit non pas de l’eau, mais une atmosphère plus riche, roborative comme les brises de Yesod.

Puis je ris de joie à l’idée que je me trouvais au paradis, et en riant me rendis compte que je n’avais encore jamais ri auparavant, que toutes les joies que j’avais connues n’avaient été que les intuitions vagues, affaiblies et dénaturées de celle-ci. Plus que la vie, j’avais souhaité un Nouveau Soleil pour Teur ; et le Nouveau Soleil de Teur était là, dansant autour de moi comme dix mille esprits pétillants, la crête de chaque vague illuminée de son or. Le soleil de Yesod lui-même n’avait pas été aussi éclatant ! Sa gloire éclipsait toutes les étoiles et fulgurait comme l’œil de l’Incréé : le pyrolâtre qui l’aurait contemplée en aurait perdu la vue.

Me détournant de cette gloire, je poussai, comme l’ondine, un cri de triomphe et de désespoir mêlés. Autour de moi flottaient les débris de Teur : arbres arrachés, bardeaux de planches épars, poutres fracassées, corps gonflés d’hommes et d’animaux. Autour de moi s’étendaient ce que les marins qui m’avaient affronté sur Yesod devaient avoir anticipé ; et moi, qui le voyais maintenant plus crûment qu’eux-mêmes, je ne les haïssais plus d’avoir brandi contre moi les lames usées par le travail de leurs coutelas, contre moi et contre la venue du Nouveau Soleil ; en revanche, je me sentis d’autant plus surpris que Gunnie m’eut défendu. (Ce n’était pas la première fois que je me demandais si son intervention avait pesé dans la balance ; aurait-elle lutté contre moi, c’est à moi en personne qu’elle se serait attaquée, et non pas aux eidolons ; et si j’étais mort, Teur aurait péri avec moi.)

Très loin j’entendis, ou crus entendre, un cri qui me répondait au-dessus du murmure des vagues aux mille voix. Je commençai à me diriger vers lui mais m’arrêtai bientôt, gêné par ma cape et mes bottes ; je me débarrassai de ces dernières en quelques secousses (elles étaient pourtant excellentes et presque neuves) et les laissai couler. La cape de l’officier ne tarda pas à les suivre, un geste que j’allais regretter par la suite. Le fait de nager, de courir ou de marcher sur de grandes distances m’a toujours rendu conscient de mon corps ; et je le sentais fort et plein d’énergie. La blessure empoisonnée de l’assassin s’était guérie comme celle de l’averne d’Agilus.

Si ce n’est qu’il était seulement fort et plein d’énergie. Le pouvoir inhumain qu’il tirait de mon étoile avait disparu, même s’il avait probablement permis ma guérison avant cela. Lorsque je voulus atteindre la partie de moi-même qui avait été naguère là, ce fut comme lorsqu’on cherche à faire bouger une jambe amputée.

Le cri retentit de nouveau. Je répondis et, mécontent de ma médiocre progression (pour autant que j’en pouvais juger, chaque vague me faisait reculer d’une distance égale à chaque brasse que je faisais), j’emplis mes poumons d’air et nageai sous l’eau pendant un moment.

J’ouvris presque aussitôt les yeux, car on aurait dit que l’eau ne piquait plus, comme si elle était sans sel ; lorsque j’étais enfant, j’avais nagé ainsi dans la grande citerne en dessous du donjon de la Cloche et même dans les hauts-fonds stagnants de Gyoll. Cette eau me paraissait aussi claire que l’air, en dépit des nuances bleu-vert qu’elle prenait vers les profondeurs. Vaguement, comme l’on peut voir un arbre se refléter dans un bassin calme, je contemplai le fond, où quelque chose de blanc se déplaçait avec tant de lenteur et si erratiquement que je ne savais pas si cette chose nageait ou simplement dérivait. La pureté et la tiédeur des eaux furent précisément ce qui m’alarma ; je me mis à craindre d’oublier qu’il ne s’agissait pas d’air et de finir par me perdre comme je m’étais autrefois perdu au milieu des racines sombres et entortillées des nénuphars bleu pâle.

C’est alors que je fis surface, bondissant au-dessus des vagues de deux bonnes coudées ; j’aperçus ainsi encore à quelque distance un radeau en piteux état auquel deux femmes s’accrochaient tandis qu’un homme, debout dessus, parcourait l’horizon mouvant du regard en s’abritant les yeux de la main.

En une douzaine de brasses je fus auprès d’eux. Le radeau était constitué de tous les objets flottants qu’ils avaient pu rassembler, attachés ensemble par tous les moyens possibles. Il avait pour élément principal une grande table comme celle qu’un exulte aurait pu déployer lors d’un souper intime dans ses appartements ; et ses huit pieds, lourds et trapus, pointant maintenant en l’air par paires, faisaient songer à des parodies de mâts.

Après avoir grimpé sur le dos d’une armoire (plus gêné qu’autre chose par l’aide bien intentionnée que l’on m’apporta), je vis que les survivants comprenaient un homme chauve et gras et deux femmes plutôt jeunes, l’une petite et favorisée d’un visage joyeux et rond de poupée, et l’autre grande, la peau sombre, les joues creuses.

« Vous voyez, leur dit le gros homme, tous ne sont pas perdus. Il y en aura d’autres, retenez bien cela.

— Et toujours pas d’eau, grommela la femme à la peau sombre.

— Nous trouverons quelque chose, n’ayez crainte. En attendant, n’avoir rien à partager en quatre n’est pas tellement pire que n’avoir rien à partager en trois, pourvu que ce soit fait équitablement.

— Ce doit être de l’eau douce partout autour de nous », dis-je.

Le gros homme secoua la tête. « J’ai bien peur que ce ne soit la mer, s’gneur. Les grandes marées à cause de l’Etoile de Jour, des marées qui ont envahi les campagnes, à l’heure actuelle. Les eaux de Gyoll s’y sont mélangées, c’est certain, si bien qu’il n’y a pas autant de sel que dans le vieil Océan, s’gneur.

— Est-ce que nous ne nous connaissons pas ? Votre visage m’est familier. »

Il s’inclina aussi maladroitement que n’importe quel légat tout en se retenant fermement à l’un des pieds de la table. « Odilo, s’gneur, pour vous servir. Maître-intendant, s’gneur, et chargé par notre autarque bien-aimé, dont les sourires sont les espérances de ses humbles serviteurs, de la responsabilité entière, complète et intégrale de l’hypogée Apotropaïque, s’gneur. C’est sans aucun doute là que vous m’avez vu, s’gneur, lors de quelque visite en notre Manoir Absolu, bien que je n’aie pas eu l’occasion de vous y servir, s’gneur, honneur dont je me serais souvenu jusqu’au jour de mon décès, s’gneur.

— Qui pourrait bien être celui-ci », ajouta la femme à la peau sombre.

J’hésitai. Je ne voulais pas feindre d’être l’exulte pour lequel Odilo me prenait manifestement ; mais rien n’aurait été plus maladroit que de m’annoncer comme l’autarque Sévérian, même si j’avais été cru.

1 ... 30 31 32 33 34 35 36 37 38 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)