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READ-E-BOOK » Романы для взрослых » Justine Ou Les Malheurs De La Vertu

Электронная книга - «Justine Ou Les Malheurs De La Vertu». Краткое содержание книги:

Rejetant la douce nature rousseauiste, Sade dévoile le mal qui est en nous et dans la vie. La vertueuse Justine fait la confidence de ses malheurs et demeure jusque dans les plus scabreux détails l'incarnation de la vertu. Apologie du crime, de la liberté des corps comme des esprits, de la cruauté 'extrême sensibilité des organes connue seulement des êtres délicats', l'oeuvre du marquis de Sade étonne ou scandalise. C'est aussi une oeuvre d'une poésie délirante et pleine d'humour noir.
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Ce discours… cet ordre terrible ne me laissait plus de ressources, je le sentais; mais n'eussé-je pas été coupable de ne pas employer celle que m'indiquait mon cœur, et que me laissait encore ma situation? Je me jette donc aux pieds de dom Sévérino, j'emploie toute l'éloquence d'une âme au désespoir, pour le supplier de ne pas abuser de mon état; les pleurs les plus amers viennent inonder ses genoux, et tout ce que j'imagine de plus fort, tout ce que je crois de plus pathétique, j'ose l'essayer avec cet homme… A quoi tout cela servait-il, grand Dieu! devais-je ignorer que les larmes ont un attrait de plus aux yeux du libertin? devais-je douter que tout ce que j'entreprenais pour fléchir ces barbares ne devait réussir qu'à les enflammer?…

– Prenez cette g…, dit Sévérino en fureur, saisissez-la, Clément, qu'elle soit nue dans une minute, et qu'elle apprenne que ce n'est pas chez des gens comme nous que la compassion étouffe la nature.

Clément écumait; mes résistances l'avaient animé; il me saisit d'un bras sec et nerveux; entremêlant ses propos et ses actions de blasphèmes effroyables, en une minute il fait sauter mes vêtements.

– Voilà une belle créature, dit le supérieur en promenant ses doigts sur mes reins; que Dieu m'écrase si j'en vis jamais une mieux faite! Amis, poursuit ce moine, mettons de l'ordre à nos procédés; vous connaissez nos formules de réception, qu'elle les subisse toutes, sans en excepter une seule; que pendant ce temps les huit autres femmes se tiennent autour de nous, pour prévenir les besoins, ou pour les exciter.

Aussitôt un cercle se forme, on me place au milieu, et là, pendant plus de deux heures, je suis examinée, considérée, touchée par ces quatre moines, éprouvant tour à tour de chacun ou des éloges, ou des critiques.

Vous me permettrez, madame, dit notre belle prisonnière en rougissant, de vous déguiser une partie des détails obscènes de cette odieuse cérémonie; que votre imagination se représente tout ce que la débauche peut en tel cas dicter à des scélérats; qu'elle les voie successivement passer de mes compagnes à moi, comparer, rapprocher, confronter, discourir, et elle n'aura vraisemblablement encore qu'une faible idée de ce qui s'exécuta, dans ces premières orgies, bien légères sans doute, en comparaison de toutes les horreurs que j'allais bientôt éprouver.

– Allons, dit Sévérino dont les désirs prodigieusement exaltés ne peuvent plus se contenir, et qui dans cet affreux état donne l'idée d'un tigre prêt à dévorer sa victime, que chacun de nous lui fasse éprouver sa jouissance favorite.

Et l'infâme, me plaçant sur un canapé dans l'attitude propice à ses exécrables projets, me faisant tenir par deux de ses moines, essaie de se satisfaire avec moi de cette façon criminelle et perverse qui ne nous fait ressembler au sexe que nous ne possédons pas, qu'en dégradant celui que nous avons. Mais, ou cet impudique est trop fortement proportionné, ou la nature se révolte en moi au seul soupçon de ces plaisirs: il ne peut vaincre les obstacles; à peine se présente-t-il, qu'il est aussitôt repoussé… Il écarte, il presse, il déchire, tous ses efforts sont superflus; la fureur de ce monstre se porte sur l'autel où ne peuvent atteindre ses vœux; il le frappe, il le pince, il le mord; de nouvelles épreuves naissent du sein de ces brutalités; les chairs ramollies se prêtent, le sentier s'entrouvre, le bélier pénètre; je pousse des cris épouvantables; bientôt la masse entière est engloutie, et la couleuvre, lançant aussitôt un venin qui lui ravit ses forces, cède enfin, en pleurant de rage, aux mouvements que je fais pour m'en dégager. Je n'avais de ma vie tant souffert.

Clément s'avance; il est armé de verges; ses perfides desseins éclatent dans ses yeux:

– C'est moi, dit-il à Sévérino, c'est moi qui vais vous venger, mon père; c'est moi qui vais corriger cette pécore de ses résistances à vos plaisirs.

Il n'a pas besoin que personne me tienne; un de ses bras m'enlace et me comprime sur un de ses genoux qui, repoussant mon ventre, lui expose plus à découvert ce qui va servir ses caprices. D'abord il essaie ses coups, il semble qu'il n'ait dessein que de préluder; bientôt, enflammé de luxure, le cruel frappe autant qu'il a de forces: rien n'est exempt de sa férocité; depuis le milieu des reins jusqu'aux gras des jambes, tout est parcouru par ce traître; osant mêler l'amour à ces moments cruels, sa bouche se colle sur la mienne et veut respirer les soupirs que les douleurs m'arrachent… Mes larmes coulent, il les dévore, tour à tour il baise, menace, mais il continue de frapper; pendant qu'il opère, une des femmes l'excite; à genoux devant lui, de chacune de ses mains elle y travaille diversement; mieux elle y réussit, plus les coups qui m'atteignent ont de violence; je suis prête à être déchirée que rien n'annonce encore la fin de mes maux: on a beau s'épuiser de toutes parts, il est nul; cette fin que j'attends ne sera l'ouvrage que de son délire; une nouvelle cruauté le décide: ma gorge est à la merci de ce brutal, elle l'irrite, il y porte les dents, l'anthropophage la mord: cet excès détermine la crise, l'encens s'échappe. Des cris affreux, d'effroyables blasphèmes en ont caractérisé les élans, et le moine énervé m'abandonne à Jérôme.

– Je ne serai pas pour votre vertu plus dangereux que Clément, me dit ce libertin en caressant l'autel ensanglanté où vient de sacrifier ce moine, mais je veux baiser ces sillons; je suis si digne de les entrouvrir aussi, que je leur dois un peu d'honneur; je veux bien plus, continua ce vieux satyre en introduisant un de ses doigts où Sévérino s'est placé, je veux que la poule ponde, et je veux dévorer son œuf… existe-t-il?… Oui, parbleu!… Oh! mon enfant, qu'il est douillet!…

Sa bouche remplace les doigts… On me dit ce qu'il faut faire, j'exécute avec dégoût. Dans la situation où je suis, hélas! m'est-il permis de refuser! l'indigne est content… il avale, puis, me faisant mettre à genoux devant lui, il se colle à moi dans cette posture; son ignominieuse passion s'assouvit dans un lieu qui m'interdit toute plainte. Pendant qu'il agit ainsi, la grosse femme le fouette, une autre, placée à hauteur de sa bouche, y remplit le même devoir auquel je viens d'être soumise.

– Ce n'est pas assez, dit l'infâme, il faut que dans chacune de mes mains… On ne saurait trop multiplier ces choses-là…

Les deux plus jolies filles s'approchent; elles obéissent voilà les excès où la satiété a conduit Jérôme. Quoi qu'il en soit, à force d'impuretés il est heureux, et ma bouche, au bout d'une demi-heure, reçoit enfin, avec une répugnance qu'il vous est facile de deviner, le dégoûtant hommage de ce vilain homme.

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