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Tango chinetoque

Электронная книга - «Tango chinetoque». Краткое содержание книги:

Moi, vous me connaissez ?
J'ai pas l'habitude de vous mener en bateau, et quand ça m'arrive, c'est moi qui rame !
Alors si je vous affirme que vous n'avez pas encore jamais lu un bouquin comme celui-ci, vous pouvez me croire !
Dans le Tango chinetoque, vous allez trouver des trucs qui vous feront dresser les poils des bras sur la tronche ! Vous y verrez comment, en Chine, on fabrique mille kilomètres d'autoroute par jour ! Comment un mouton tombe amoureux de Béru ! Comment Béru opère de l'appendicite un zig qui n'en a pas besoin ! Vous y verrez comment le Gros et moi on se paye une virouze dans le cosmos ! Parfaitement ! Et puis, l'amour à la chinoise, ça ne vous dit rien ?
Cette extraordinaire aventure se passe en Chine, mais on ne rit pas jaune pour autant. Et si le coq gaulois se fait déplumasser le dargif par moments, ça ne l'empêche pas de chanter fort !
Non, franchement, je plains Louis XVI qui est mort trop tôt pour avoir pu lire ça !
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J'ai ce petit mouvement de mitraillette, mis au point par Hollywood, qui rappelle les hommes à la prudence. Un léger petit soubresaut de l'arme et ils font dare-dare un retour sur eux-mêmes, réalisant en bloc : que la vie est courte, qu'elle est précaire et qu'ils n'en possèdent qu'une.

Mon pilote n'est pas du style torpille humaine car il lève ses bras sans insister.

— Regarde s'il est armé ! ordonné-je au Gros.

La Béruche fouille l'hélicoptère et prélève un gros revolver fortement culassé.

— Et voilà, Môssieur est à poil ! annonce l'Obèse.

— Tiens-le en respect !

Je suis le grand patron autour du bloc opératoire. Bérurier redevient le docile enfant de chœur videur de burettes et balanceur d'encensoir.

Il appuie le canon de sa soufflante dans le dossart du pilote. Ayant retrouvé l'usage de mes deux mains, je farfouille dans le poste de pilotage et je finis par dénicher ce que je cherche, à savoir une carte de la région.

Je la parcours simultanément de l'index et des yeux, ce qui n'est incompatible ni avec ma religion, ni avec mes opinions politiques.

— Si elle est écrite en chinetoque, ricane le Dodu, t'as intérêt à téléphoner à S.V.P.

Elle est rédigée en caractères d'imprimerie normaux et je découvre, blottie dans une boucle de la rivière Pseudo Avékomo, la petite ville de Fou Zi Toû. Effectivement elle n'est pas très éloignée des rizières du Pou Lo Pô.

Je place mon doigt sur la carte à l'endroit marqué Fou Zi Toû, puis, ayant mon montré ce point stratégique au pilote, je lui désigne son siège de pilote.

Il feint de ne pas comprendre, ce qui énerve Bérurier.

— Pas la peine de vouloir gagner du temps ! la joie, lui vocifère-t-il sous les narines. Démarre en vitesse, sinon je te fais prendre une altitude que t'as encore jamais atteinte !

Et comme le garçon ne bronche toujours pas, Béru, d'un geste impatienté, lui arrache une oreille et d'un autre, à peine plus mesuré, l'envoie dinguer dans son fauteuil. Il applique alors le revolver sur la tempe du pilote et ouvre largement sa main gauche. Il compte à rebours, fermant un doigt à chaque chiffre énoncé.

— Cinq ! Quatre ! Trois !..

A deux il vrille rageusement le canon du pétard dans le crâne de l'obstiné.

— Deux… et un !

En guise de réponse, l'autre tire sur la manette des gaz.

— Va remonter le marchepied ! commandé-je en m'asseyant sur le siège voisin.

Béru gagne la porte.

— Attendez ! Partez pas tout de suite ! s'égosille-t-il.

— Que se passe-t-il ?

— Vlà l'invité d'honneur de la semaine !

Une masse sombre saute dans l'appareil avec un bêlement exténué. C'est notre ami Cyprien le bélier qui vient à nouveau de retrouver son cher Bérurier.

Quand on est San-Antonio, faut savoir tout faire. Sinon il vaut mieux se chercher une place d'encaustiqueur de passages cloutés et pas faire tarter le public avec des histoires à la mords-moi le neutron ! Je sais donc, entre cent quatorze millions de choses, faire le poing au Palais de la Mutualité et le point quand je suis en bateau ou en aéronef. C'est pourquoi, m'étant avisé que le pilote cherche à nous faire du contrecarre, je le remets au pli en même temps que dans le droit chemin grâce à une baffe bien sentie. Ce qui l'amollit, c'est moins la beigne que ma sagacité. Aussi n'insiste-t-il plus et nous drive-t-il là où je lui ai demandé de nous mener.

L'hélicoptère, suis-je étourdi, j'oubliais de vous le signaler, est un Pétahouchenoque VI à virginateur compensé. Il possède une vitesse de croisière de cinq cent six kilomètres trois cent vingt-cinq, une autonomie de huit heures quatre minutes onze secondes, et un rayon d'action de quatre mille kilomètres dans le sens de la longueur et de trois mille dans celui de la largeur. Il peut transporter deux cent huit personnes, plus un enfant ou M. Paul Reynaud ; c'est-à-dire six à trois hommes et un mouton on y tient à l'aise ! De plus, l'appareil est pourvu de tous les perfectionnements puisqu'il comporte : une chambre syndicale, un colcoze (toujours mon lapin), un stand de tir, un trottoir cyclable, une salle de ping-pong et une soute à colis.

— Quel est le programme, si c'est pas un effet de mon indiscrétion ? demande Béru, lequel continue, mutin en diable, à chatouiller la nuque du pilote avec le canon de son propre pistolet.

— Il est chargé, mon pote, murmuré-je, depuis l'épicentre de mes réflexions. Nous allons près des rizières du Pou Lo Pô.

Il est vrai que je n'ai guère eu le loisir de le mettre au courant de la progression de notre enquête. Je lui fais part des révélations de O.S.S. 116 et il exulte.

— Alors on brûlerait ?

— Je l'espère.

Il médite un instant et ajoute.

— Puisqu'on sait à peu près où qu'elle se trouve cette p… de base, si on rentrerait à tome du temps présent puisqu'on a un coucou à notre disposition ?

— Nous devons vérifier l'exactitude du tuyau, Gros. Nous devons livrer du précis. Quant à ce zinc, on peut pas se permettre une grande croisière avec lui, d'ici pas longtemps les radars vont manier leurs grandes oreilles pour nous détecter, tu penses bien !

— Oui, c'est vrai…

Une heure de trajet. Le pilote me montre le plancher de l'index.

— Fou Zi Toû ! annonce-t-il laconiquement.

De ma main posée à plat, je lui fais signe de se poser. Il perd de l'altitude, virevolte un instant et se pose comme une feuille de marronnier sur une pelouse.

Je mate par les vitres. Nous nous trouvons non loin d'un stade, dans la banlieue d'une agglomération. Ici la nuit est obscurcie par de gros nuages malades. J'ouvre la porte de l'hélicoptère. Un épais silence règne sur Fou Zi Toû.

— Fin de section, tout le monde descend ? demande Béru.

— Pas tout le monde, dis-je en revenant au poste de pilotage. J'arrache les appareils de radio et je les piétine. Après quoi je foudroie notre pilote d'un bon coup de crosse sur la coquille. Instantanément il s'endort d'un sommeil aussi profond que le gouffre de Padirac.

— En route, Gros !

CHAPITRE QUATORZE

Il fait tiède et doux. Nous longeons une voie ferrée et nos pas résonnent sur l'asphalte. Pourquoi, soudain, ai-je l'impression de me trouver quelque part en France. Il y a dans l'air immobile une odeur de suie et de pluie pas encore tombée. Une confuse clarté pointe à l'horizon. Ça me rappelle des parties de pêche à la ligne faites jadis, quand j'étais mouflet, en compagnie de mon oncle Gustave. La nuit avait cette touffeur secrète, à la fois, tendre et angoissante. Nos pas éveillaient les mêmes échos.

Je dormais encore en marchant, regrettant, mon lit, mais pris pourtant par mon goût de l'aventure. Je me rappelle les berges tristes dans le brouillard, les sautés, biscornus au bord de l'eau, la torpeur mystérieuse de l'onde à la surface de laquelle bondissait çà et là un poisson avec un bruit de gravier jeté à l'eau. Il y avait la forte odeur de la sacoche de Tatave bourrée d'ustensiles et qui sentaient le poisson. Des écailles séchées adhéraient aux parois de la sacoche…

— Tu crois qu'on va la dénicher facile, la gonzesse que t'a causé le Vieux ? demande Béru.

— Faudra tout d'abord trouver sa rue.

— Le hic c'est qu'on ne peut pas demander notre chemin à M'sieur l'agent !

— On ne peut le demander à personne. Ah ! Misère, vivement le langage unique ! Mais c'est pas demain la veille. Ils s'accrochent tous à leur langue, à leur syntaxe. J'ai hâte d'écrire en espéranto, moi, Béru. S'ils pigeaient au moins ça, les hommes : tout ce qu'elle leur apporterait, l'uniformité du langage, ils se dégrouileraient d'étudier l'unisson et de devenir moins c… !

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