Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Les petits dieux [Small Gods - fr]
Les petits dieux [Small Gods - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les petits dieux [Small Gods - fr]

Электронная книга - «Les petits dieux [Small Gods - fr]». Краткое содержание книги:

Or il advint qu’en ce temps-là le grand dieu Om s’adressa à Frangin, l’Elu :
“Psst !”
Frangin s’arrêta au milieu d’un coup de binette et fit du regard le tour du jardin du temple. “Pardon ?” lança-t-il.
C’était une belle journée de printemps prime. Les moulins à prière tournaient joyeusement dans le vent qui tombait des montagnes. En altitude, un aigle solitaire décrivait des cercles.
Frangin haussa les épaules et retourna à ses melons.
Le grand dieu Om s’adressa derechef à Frangin l’Elu :
“T’es sourd, mon gars ?”
Une lourde responsabilité attend le jeune novice : prévenir une guerre sainte. Car il est des hérétiques, voyez-vous, pour prétendre, contrairement au dogme de l’Eglise, que le monde est plat et qu’il traverse l’univers sur le dos d’une immense tortue…
1 ... 26 27 28 29 30 31 32 33 34 ... 83
Перейти на страницу:

— Une connaissance on ne peut plus parfaite de la nature humaine, approuva Vorbis, le menton posé sur une main. Si ce n’était la faiblesse de son sexe, elle aurait fait un excellent inquisiteur, on dirait. »

Frangin opina. Oh, oui. Oui, pas de doute.

« Et maintenant, reprit le diacre du même ton, tu vas me dire ce que tu as vu dans le désert.

— Oui. Il y a eu six éclairs lumineux. Puis une pause d’environ cinq battements de cœur. Et après, huit éclairs. Une autre pause. Et deux éclairs. »

Vorbis hocha la tête d’un air pensif.

« Trois quarts, dit-il. Gloire au grand dieu. Il est mon bâton et mon guide dans les instants difficiles. Et toi, tu peux disposer. »

Frangin n’espérait pas que le diacre lui explique la signification des signaux lumineux, et il n’allait pas la demander. C’était la Quisition qui posait les questions. Elle était connue pour ça.

Le lendemain, le bateau doubla un cap, et la baie d’Ephèbe s’ouvrit devant lui, la ville posée sur l’horizon comme une tache pâle qui se révéla, à mesure que le temps passait et que la distance diminuait, un essaim de maisons d’un blanc aveuglant tout en haut d’un rocher.

Le sergent Simonie parut y trouver un intérêt considérable. Frangin n’avait pas échangé le moindre mot avec lui. On n’encourageait pas la fraternisation entre prêtres et soldats ; il flottait une odeur d’impiété autour des soldats…

À nouveau livré à lui-même tandis que l’équipage se préparait pour l’entrée au port, Frangin observait attentivement le sergent. La plupart des soldats étaient un peu négligés et souvent grossiers envers le petit clergé. Simonie, non. Pour commencer, il étincelait. Son plastron blessait les yeux. Sa peau avait l’air récurée.

Le sergent, debout à la proue, contemplait intensément la ville de plus en plus proche. Il était inhabituel de le voir très loin de Vorbis. Partout où se trouvait Vorbis se trouvait aussi le sergent, la main sur l’épée, les yeux passant les alentours en revue pour… Pour quoi ?

Et toujours muet, sauf quand on s’adressait à lui. Frangin essaya de lier connaissance.

« Elle est très… blanche, non ? fit-il. La ville. Très blanche. Sergent Simonie ? »

Le sergent se retourna lentement et regarda fixement Frangin.

Le regard de Vorbis était redoutable. Il s’enfonçait dans les crânes jusqu’aux impuretés qu’ils recelaient sans vraiment s’intéresser aux personnes sinon comme véhicules de leurs péchés. Mais celui de Simonie exprimait la haine pure et simple.

Frangin recula.

« Oh. Pardon », marmonna-t-il. Il retourna, la mine sombre, vers le bout arrondi, et s’arrangea pour ne pas croiser le chemin du militaire.

De toute façon, il allait y avoir davantage de ses collègues sous peu…

Les Ephébiens les attendaient. Des soldats s’alignaient sur le quai, les armes brandies à la limite de l’insulte caractérisée. Et ils étaient nombreux.

Frangin suivit tout le monde tandis que la voix de la tortue s’insinuait dans sa tête.

« Alors les Ephébiens veulent la paix, hein ? fit Om. Ça ne m’en a pas l’air. Ça ne m’a pas l’air qu’on va dicter notre loi à un ennemi vaincu. Ça m’a l’air qu’on a pris la pâtée et que ça nous suffit. Ça m’a l’air qu’on sollicite la paix. Voilà de quoi ça m’a l’air, à moi.

— À la Citadelle, tout le monde parlait d’une victoire éclatante », dit Frangin. Il s’aperçut qu’il arrivait maintenant à formuler des phrases quasiment sans remuer les lèvres ; Om captait apparemment les mots dès qu’ils parvenaient à ses cordes vocales.

Plus loin devant lui, Simonie ne lâchait pas le diacre d’une semelle et détaillait d’un œil méfiant chaque garde éphébien.

« Marrant, ça, fit Om. Les vainqueurs ne parlent jamais de victoire éclatante. Parce que ce sont eux qui voient à quoi ressemble le champ de bataille quand tout est fini. Ce sont seulement les perdants qui ont des victoires éclatantes. »

Frangin ne savait que répondre. « Ça ne ressemble pas à des réflexions divines, risqua-t-il.

— C’est le cerveau de la tortue.

— Quoi ?

— Tu ne sais donc rien ? Le corps n’est pas seulement une enveloppe commode où ranger l’esprit. La forme influe sur les pensées. C’est toute cette morphologie envahissante.

— Quoi ? »

Om soupira. « Si je ne me concentre pas, je pense comme une tortue !

— Quoi ? Lentement, tu veux dire ?

— Non ! Les tortues sont cyniques. Elles s’attendent toujours au pire.

— Pourquoi ?

— Aucune idée. Parce que c’est souvent ce qui leur arrive, j’imagine. »

Frangin contemplait Éphèbe autour de lui. Des gardes aux casques surmontés de plumets comme des queues de chevaux vicieux marchaient au pas de chaque côté de la colonne. Quelques citadins regardaient négligemment depuis le bord de la route.

Ils ressemblaient étrangement aux habitants d’Omnia, aucunement à des démons à deux pattes.

« Ce sont des gens comme nous, dit-il.

— Félicitations pour l’anthropologie comparée.

— Frère Nonroid a dit que les Ephébiens mangent de la chair humaine. Il ne mentirait pas, tout de même. »

Un petit garçon observait Frangin d’un air songeur tout en s’explorant une narine. S’il s’agissait d’un démon sous forme humaine, c’était un acteur de premier ordre.

Le long de la route venant des quais se dressaient régulièrement des statues de pierre blanche. Frangin n’avait encore jamais vu de statues. Sauf celles des SeptArches, évidemment, mais ce n’était pas la même chose.

« Qu’est-ce que c’est ?

— Ben, le dodu en toge, c’est Tuvelpit, le dieu du vin. Ils l’appellent Smimto à Tsort. Et la nana avec les cheveux coiffés, c’est Astoria, la déesse de l’amour. Rien dans le crâne. L’affreux, c’est Offler, le dieu crocodile. Pas du coin, celui-là. Il est klatchien d’origine, mais les Ephébiens ont entendu parler de lui et trouvé malin de l’adopter. Vise les dents. De bonnes dents. Oui, de bonnes dents. Ensuite, celle avec la coiffure en fosse aux serpents, c’est…

— Tu en parles comme s’ils étaient réels, dit Frangin.

— C’est le cas.

— Il n’y a pas d’autre dieu que toi. Tu l’as dit à Ossaire.

— Ben… Tu sais… J’ai un peu exagéré. Mais ils ne valent pas grand-chose. Il y en a un qui passe le plus clair de son temps à jouer de la flûte et à courir après les filles qui vont traire les vaches. Je ne trouve pas ça très divin, moi. Tu trouves ça divin, toi ? Moi pas. »

La route montait en lacets raides autour de la colline rocheuse. Le plus gros de la cité paraissait bâti sur des affleurements ou taillé à même le roc, si bien que le patio d’un habitant servait de toit à un autre. Les rues se réduisaient à une succession de marches basses, praticables pour un homme ou un âne, mais mortelles pour les charrettes. Éphèbe était une ville pour piétons.

Davantage d’habitants les observaient en silence. Les statues des dieux aussi. Éphèbe avait des dieux comme d’autres cités des rats.

Frangin aperçut le visage de Vorbis. L’exquisiteur regardait fixement droit devant lui. Frangin se demanda ce qu’il voyait.

Tout était si nouveau !

Et diabolique, évidemment. Même si les dieux des statues ne ressemblaient guère à des démons – mais il entendait la voix de Nonroid lui faisant remarquer qu’ils n’en étaient que plus démoniaques. Le péché se glissait dans l’innocent comme le loup dans la peau d’un mouton.

1 ... 26 27 28 29 30 31 32 33 34 ... 83
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)