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Je m’appelle Requiem et je t’…

Электронная книга - «Je m’appelle Requiem et je t’…». Краткое содержание книги:

Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m’appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ?
Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n’ai rien à voir avec eux, d’autant que j’ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons.
Bon pas tous, parce que je dois d’abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu’ils dandinent du prose et qu’ils ont des yeux de biche.
Chasser le diable et ses comparses n’est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre.
Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas…
Biographie de l'auteur
L'individu qui se cache derrière le pseudonyme de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n'est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime et l'humour… noir. Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. Résultat, on se passionne, on se gondole, on frémit, bref on se régale. La preuve c'est Nadine Monfils, la mère de Mémé Cornemuse et d'Evis Cadillac qui signe la préface.
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Les images de Martine reviennent se fracasser sur mes rétines, une envie de le flinguer là, sur place, me prend. Mais avant d’éliminer définitivement ce nuisible je veux couper l’anaconda qui lui sert de bite et lui fourrer au fond de la gorge. Je sais, le Vieux là-haut n’appréciera pas, mais bon, il n’y a pas de guerre propre comme ils disent. Le genre de frappe chirurgicale que je préconise pour cette espèce d’empaffé, c’est l’amputation !

La rouquine bombe le torse en exécutant parfaitement ses mouvements. Dans une sorte de parade nuptiale, elle fait saillir ses seins aux pointes érigées. Pauvre gosse, si tu savais que tu es en train d’attirer le pire des démons. Si tu percevais la lueur sadique dans les yeux de ce monstre sur-équipé, t’en lâcherais une filante dans le fond de ton slip en coton ma douce.

Bordel, comment cette fille ne voit-elle pas la bête tapie en face d’elle, le prédateur prêt à fondre sur sa proie. Ce type possède un charisme phénoménal, proportionnel à la taille de sa lance d’incendie, je te le concède. Mais merde, je n’en reviens pas de la fascination qu’il exerce sur cette nénette.

Lui de son côté bande ses muscles, étale la marchandise, vante la camelote. Les deux excités en deviennent indécents. À se demander s’il ne va pas finir par la prendre au milieu de tous, ruisselant de sueur sur le tapis de sol ou accrochée aux agrès.

Je me tire. Je passe près de la gisquette aux cheveux orange, elle ne m’accorde pas la moindre œillade, mais moi, je zyeute le bracelet entourant son poignet. La clé du casier cent-quatorze s’y balance.

Direction les vestiaires. En moins de temps qu’il n’en faut à ta femme pour retirer son string en ma présence, je déverrouille le placard de la fille et déniche ses papelards. Camille Vure, domiciliée au 368 rue Mercurio. C’est tout ce que je voulais savoir, où elle créchait. Mon petit doigt m’informe que je ferais bien de surveiller cette amatrice de salami.

Pas besoin de chercher, je sais où me mettre en planque pour la voir passer, et surtout vérifier si elle est suivie. Mon seul souci c’est d’être venu les mains vides, je n’ai rien à offrir à la mariée, si cela devait tourner vilain, je ne suis pas outillé — ne te fends pas la gueule comme un con, je parle de calibre, pas de bite, Ducon — et si je vais chercher mon composteur je risque de la louper…

Le bodybuilder à la trompe démesurée et sa proie ne vont pas tarder. Tu vas me rétorquer qu’il va peut-être lui offrir un verre au bar du club, histoire de faire plus ample connaissance. Je te répondrai que par principe un salopard de cet acabit évite de trop se faire voir avec sa future victime. Et puis si je ne m’abuse, docteur, le Beauty-Body est son lieu de chasse, donc il doit préférer la jouer discret. Si je me plante, la tournée est pour moi, promis.

Non loin du bâtiment, une ruelle en cul-de-sac donne sur des bureaux désaffectés, c’est là, à l’abri des regards, que je prends mon mal en patience, tandis que la petite rousse doit se liquéfier en attendant le bon vouloir du mâle.

27

Chapitre retour à la case départ

Te dire ce que je fous là, je ne sais pas. Ma langue pèse pas loin de deux tonnes, comme l’impression d’avoir une douzaine de parpaings dans la gueule. Je vois que dalle, il fait nuit noire. J’essaie de bouger, je ne peux pas, je suis saucissonné sur une chaise, dans le schwarz le plus complet, je cherche à comprendre, récapitule ma journée…

Je suis allé au club ce matin. Je pousse un peu de fonte, tranquillement, je discute comme si de rien n’était avec Cécile. Ensuite je flashe sur une petite.

Je booste mes neurones, tente de me souvenir, de tout remettre en place pour savoir où je suis. Camille Vure, une rousse plutôt choucarde… l’arrivée de la poutre de Bamako qui repère la gamine… qui tombe sous le charme du dépravé… Je me mets en planque pour entreprendre une filature… Si je suis là, c’est parce que j’ai dû merder à ce moment-là.

D’un coup la lumière éclate, je suis tétanisé comme un lapin pris dans les phares d’une bagnole. Saloperies de lentilles ! Il me faut quelques secondes pour m’acclimater et voir autour de moi. Je dois être dans les locaux abandonnés de la ruelle, là où je me planquais.

Karl Amelmou est face à moi, le sourire mauvais aux lèvres.

— Qui es-tu ?

— Je m’appelle Requiem et je t’emmerde.

— Requiem ce n’est pas un nom, alors tu vas me dire qui tu es et ce que tu fous à me surveiller.

— Crève charogne !

Cette praline qu’il m’envoie mon pote, je déguste, et pas qu’un peu. Facile de frapper un mec ficelé, qui ne peut pas te renvoyer l’ascenseur, bougre de pourriture. J’avais déjà mal aux calots, comme une irritation, les yeux qui n’arrêtent pas de couler, là c’est un torrent, je sens même que je viens de perdre une lentille.

— Putain, mais c’est quoi ça, tes yeux changent de couleur ? Attends… mais c’est pas possible ? Bordel, bien sûr, t’es le cureton qui voulait aider l’autre chienne ! Tu as vu comme on s’est bien occupé d’elle ? Ton tour va venir. Tu sais que je tourne aussi des films homo ? Tu vas manger grave ! T’agite-pas mon pote.

Je ne peux pas bouger connard, sinon crois-moi que je te ferais passer définitivement l’envie de me sodomiser en cinémascope.

Il sort son téléphone, me regarde. De sa main libre il se masse la queue à travers ses vêtements en se léchant la lèvre supérieure, puis éclate de rire.

— Allô, Bérengère ? Tu sais, le chauve qui nous observe depuis quelque temps à la salle, celui qui drague la petite Cécile, eh bien je l’ai sous la main, là, et devine…

Je n’entends pas ce que lui répond l’autre morue, je devine juste que le petit jeu des énigmes l’emmerde prodigieusement.

— C’est le curé de la pute, oui, en personne. Non, je n’ai pas envie de le refroidir comme ça, on pourrait tourner quelques chouettes séquences. Il y a tout ce qu’il faut au Galion pour faire un bon petit film. C’est pas qu’il m’excite, mais j’ai envie de le faire souffrir. Et puis avec la rousse on va s’éclater. Oui elle est endormie dans mon Van, je lui ai fait une injection de Rémifentanil[21]. Je vais shooter aussi l’autre emmerdeur pour le transport. On se retrouve d’ici une bonne heure, O.K Bonnie ? La bête de foire pose son téléphone sur le coin d’un vieux bureau, l’air taquin. Il cherche à me provoquer, je le vois dans son regard. Il fourre la main dans sa poche, et en ressort une petite boîte jaune, il l’ouvre et vient vers moi, j’aperçois des pilules de couleur jaune en forme d’amande, dessus est gravé C 20.

— Tu ne sais pas ce que c’est ça ?

— Certainement un truc que tu vas me faire gober pour que je pionce le temps du voyage…

— Non mon chéri, tu te goures. Pour que tu ne me fasses pas chier, que tu ne joues pas au héros le temps qu’on aille là-bas, je vais te faire une piqûre, en moins de vingt secondes tu vas t’effondrer. Mais ça c’est du Cialis©, on en prescrit aux mecs qui ont du mal à bander. Moi perso’, je n’ai pas de souci de ce côté. Mais si je prends deux cachetons, une double dose, je peux rester en érection plus de trois heures, voire quatre sans aucun problème. Je te dis ça parce que je voulais que tu saches que tu vas être plus que défoncé avant de crever, tu vas regretter de t’être mêlé de nos affaires curé !

Je dois t’avouer que là, je ressens comme une crispation au niveau de la rondelle. J’ai vu de quoi ce type est capable, ce qu’il a dans le calcif. J’imagine déjà ce que je risque de subir. Et puis le tout va être enregistré, ça craint pour ma réputation. Bordel je ne peux pas finir comme ça ! Et ce cinglé qui me regarde en se marrant. Il tire de la poche intérieure de sa veste une petite trousse qu’il pose près de lui. Il sort une seringue qu’il tapote afin d’en extraire les bulles d’air. Cette fois c’est la fin des haricots mes amis. Je vais claquer, je vais finir le cul en chou-fleur, ce n’est pas Dieu possible. Oh, Patron, vous faites quoi là-haut ? Je peux canner entre les pognes de ce Caligula de pacotille c’est ça ? Vous allez vous bouger la sainte auréole bordel ?

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21

Anesthésiant analgésique de très courte durée et très puissant.

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