Je m’appelle Requiem et je t’…
- Автор: Petrosky Stanislas
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Lajouanie
- ISBN: 978-2370470720
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Je m’appelle Requiem et je t’…». Краткое содержание книги:
Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n’ai rien à voir avec eux, d’autant que j’ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons.
Bon pas tous, parce que je dois d’abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu’ils dandinent du prose et qu’ils ont des yeux de biche.
Chasser le diable et ses comparses n’est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre.
Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas…
Biographie de l'auteur
L'individu qui se cache derrière le pseudonyme de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n'est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime et l'humour… noir. Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. Résultat, on se passionne, on se gondole, on frémit, bref on se régale. La preuve c'est Nadine Monfils, la mère de Mémé Cornemuse et d'Evis Cadillac qui signe la préface.
24
Chapitre où la chance frappe à ma porte, mais pas que…
Régis se ramène avec deux cafés, il a l’air toujours aussi abattu, j’entrevois ma gueule dans le miroir au-dessus du lavabo. Je dois avouer que je ne suis pas mieux que mon pote.
Des cernes sous les yeux et un teint gris, tu croirais que j’ai passé la nuit avec la maquilleuse de Marilyn Manson. En plus j’ai les calots injectés de sang, entre les abus de la veille avec mister Jack et le temps que je viens de passer sur l’écran, je ne t’explique pas les dégâts.
— Alors tu as trouvé quelque chose ?
Je fais quoi ? Aller, je ne vais pas être chien, de toute façon plus on sera à chercher, plus on aura de chance de faire tomber ce fumier et son complice.
— Regarde, j’ai isolé le catcheur et recadré certaines parties de son corps…
— J’avais déjà remarqué cette particularité, mais bon, je ne sais pas si on a déjà chopé un mec grâce à une identification de sa queue ?
Il se marre, moi aussi, cela peut te paraître outrancier, ignoble, pourri, dégueulasse, salaud, les photos de la môme sont là, dans la bécane, et nous on se fend la poire sur une vanne plus que pourrie. C’est un exutoire, l’humour parfois c’est un bouclier. Comme un parapet face aux abysses de la connerie humaine.
— Non, laisse tomber son vilebrequin pour l’instant. Mate un peu, tu vois ? Du fond de teint. Il dissimule ses tatouages, là, c’est un cilice, j’en suis sûr…
— C’est quoi ton truc ? De la silice ?
— Non, un cilice, c’est un gadget de l’Opus Dei, un groupuscule un poil intégriste de chez nous. C’est une chaîne métallique munie de clous que tu serres sur ta jambe, cela pénètre tes chairs. Ça pique bien sa race, c’est pour mortifier et soumettre le corps qu’ils disent les mecs…
— Tu as déjà porté ça toi ?
— T’es con ou quoi ? Un, je ne fais pas partie de l’Opus Dei, deux je me mortifie à l’aide de spiritueux ambrés, je préfère.
— Tu crois que ce mec fait partie de l’Opus machin ?
— Régis… c’est juste un tatouage ! C’est pas un vrai. Ce mec est un cinglé qui doit trouver cela joli. Je ne serais pas étonné par contre que ce pourri en utilise sur certaines de ses victimes.
— Ouais, c’est bien, on sait que le gars a les yeux noirs et qu’il est tatoué, on va vite le mettre en cabane, c’est moi qui te le dis !
— Ne sois pas défaitiste, c’est déjà ça. Pense que tes collègues vont peut-être trouver quelque chose avec la vidéo…
— Je l’espère vraiment, je sais que tu connaissais la petite Rutebeuf, je… je te jure qu’on va les serrer.
J’hésite un instant, une fois de plus, puis merde, il joue le jeu, je dois le jouer aussi.
— Régis, ce type, il me cherche, je suis persuadé que je lui ai donné la communion dimanche…
— La communion ? Rappelle-moi s’il te plaît, l’eucharistie comme vous dites, c’est bien le partage du corps du Christ qui absout les péchés, enfin un truc dans le genre ?
— Fais pas chier…
— Bon sans déconner Estéban, tu prends quelques affaires et tu te tires du presbytère, ça pue ton affaire. Tu vas crécher à l’hôtel en attendant, pas de risque inutile. Ce sont de vrais méchants, on a vu de quoi ils sont capables.
— Tu as raison, allez, je file, je vais ramasser quelques fringues, prendre une piaule et je vais me calmer les nerfs en poussant un peu de fonte, ça va me faire du bien.
Je quitte mon pote et sa gueule de croque-mort et comme le garçon sérieux que je suis, je sinue à travers la ville avant de rejoindre le club de fitness. Bien sûr que je vais me défouler, mais je viens surtout marauder. Souviens-toi que j’ai trouvé la carte de ce club dans les fouilles du grand con, Martine le fréquentait. Et surtout vu la carrure de la poutre de Bamako, il doit faire de la musculation, et pas qu’un peu. Alors je vais croire à mon destin, ou mieux, me dire que le Patron va peut-être se bouger l’étole et me filer un coup de pouce.
J’enfile ma tenue moule-bite et j’entre dans la salle. Plus de peuple que précédemment. La bécane de la dernière fois est prise, je me rabats sur un banc de développé couché, je regarde quand même combien il y a sur les barres, histoire de ne pas avoir l’air trop con à ne pouvoir les soulever.
— Vous avez l’habitude de ce genre d’exercice ?
Je me retourne et vois la nana de la dernière fois, pas le boudin truffé à la bourgeoise, non l’autre, la coach.
— Je m’appelle Cécile, je travaille ici. je suis là pour vous aider à vous entraîner, à ne pas avoir de problème d’où ma question. Un accident est vite arrivé.
— Enchanté Cécile, moi c’est Alix, comme Alix Karol l’as des services secrets du tiers-monde[13]. Pas trop l’habitude de ce genre d’exercices, mais je pratique la musculation depuis pas mal de temps.
— Cela ce voit, vous êtes bien sculpté. Je pense que l’on peut commencer avec vingt kilos de poids, la barre en fait dix, cela vous fait trente en tout. On augmentera ensuite si besoin.
Continue à me dire que je suis bien foutu en me regardant dans les yeux avec les tétons qui pointent et je vais te sculpter un obélisque dans le calcif…
— C’est vous la pro Cécile.
Je m’allonge et écoute les conseils, puis je me mets en mouvement. Ce n’est que trente kilos, mais au bout de vingt-cinq allers-retours, tu les sens passer. Elle reste à côté de moi, me surveille. J’essaie quand même de regarder ce qui se passe autour de moi discrètement.
— Ça va ? On peut augmenter un peu, on passe à quarante ?
— Oui pas de souci…
Là tu vois, je m’en veux, c’est parti plus vite que prévu. C’est de la logorrhée précoce, de l’éjaculat verbal, de la connerie. Pour impressionner, faire le kéké, j’ai dit oui. Déjà que ça commençait à tirer, je vais être ridicule. Pis merde, je ne peux plus dire non maintenant, on verra bien.
Elle dévisse les arrêts, les retire, enfourne un disque de cinq kilos de chaque côté, resserre le tout.
— Allez Alix, faites-moi des merveilles.
Accompagne-moi dans les vestiaires, sous la douche, où tu veux et je vais t’en faire des prouesses, je vais t’en coller des tractions, des extensions, des expulsions, des propulsions, je vais te travailler les fessiers moi. Putain c’est lourd cette merde. Je me concentre, faut penser à autre chose, pas à la douleur dans mes pectoraux, oublier mes bras, regarder ailleurs. Je suis là pour ça en plus.
— Ben alors, on n’a pas la force ?
Bordel de chiérie, heureusement que la miss est là. In extremis elle a rattrapé la barre que j’ai failli me foutre sur la gueule. Un peu plus fini le Requiem, ad patres, retour à la maison mère en voyage express. Le con ! Cécile n’a pas l’air comme ça avec sa carcasse de musaraigne, ses bras aussi épais que des baguettes chinoises, mais elle a sauvé ton curé, mon poteau.
Ne va surtout pas croire que j’ai eu une baisse de tonus, une défaillance, pas de ça chez moi. Tu as vu la bête ? Non c’est simplement que je viens de voir entrer un drôle de zig dans la salle. Quand je disais qu’il fallait que le Vieux me file un coup de piston, ben c’est fait.
Le type a le cheveu gris, taillé ras, tu vois que la gonflette fait partie de sa vie, le moindre de ses muscles est saillant, habitué à bosser. Il est sur une bécane qui doit servir à muscler les cuisses et les mollets. Adossé à la machine, les jambes en l’air, il pousse sur un bloc qui grâce à une poulie entraîne de la fonte. Il a l’air d’en chier. Mais surtout dans l’effort son cuissard remonte, ça y est, tu entraves ?
13
Si tu n’as jamais lu ce chef d’œuvre de Patrice Dard, finis mon livre et cours te l’offrir.