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Je m’appelle Requiem et je t’…

Электронная книга - «Je m’appelle Requiem et je t’…». Краткое содержание книги:

Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m’appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ?
Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n’ai rien à voir avec eux, d’autant que j’ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons.
Bon pas tous, parce que je dois d’abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu’ils dandinent du prose et qu’ils ont des yeux de biche.
Chasser le diable et ses comparses n’est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre.
Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas…
Biographie de l'auteur
L'individu qui se cache derrière le pseudonyme de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n'est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime et l'humour… noir. Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. Résultat, on se passionne, on se gondole, on frémit, bref on se régale. La preuve c'est Nadine Monfils, la mère de Mémé Cornemuse et d'Evis Cadillac qui signe la préface.
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— Un motard ? Tu pourrais me le décrire, je lui trouverais sans aucun problème un rôle dans mon bouquin.

Cécile sourit, elle se prend au jeu, elle devient ma muse, mon égérie. Elle se sent investie d’une mission, alors elle se lâche, elle extrapole, extériorise, la littérature la pénètre.

— Tu as vu Le cave se rebiffe ? Ça te dit quelque chose ?

— Oui, le film de Grangier dialogué par Audiard, une pépite, pourquoi ?

— Un beau brun, grand l’air con…

Je saisis le trait d’humour de la petite, je fais appel à ma mémoire d’éléphant[16], là ça me revient derechef, j’y vais de ma tirade.

— Ça court les rues les grands cons !

— Ouais ! Mais celui-là c’est un gabarit exceptionnel ! Si la connerie se mesurait…

Nous partons tous deux d’un fou rire, et comme je ne t’apprends rien en te disant que femme qui rit est à moitié dans ton lit, j’ai plus qu’à mettre l’autre moitié dans mon paddock, et je sens que cela ne saurait tarder.

— Alix, tu es un charmant, ce bon moment se termine malheureusement. J’ai passé une soirée merveilleuse, vraiment.

Je ne réponds rien, lis la suite mon pote et apprends, c’est cadeau. C’est Requiem qui régale.

Je me lève, viens près d’elle, lui tends une main qu’elle saisit sans réfléchir. Mes yeux plongent dans la lagune du bleu de ses iris[17]. Nous nous dirigeons vers l’ascenseur, toujours liés par nos doigts entrelacés, légèrement moites de désir. La température monte plus vite que la cabine de l’élévateur. Nous voici l’un contre l’autre, bouche contre bouche, nos langues s’essorent, nos bassins se pressent, elle se frotte contre mon sexe tendu de désir. Toi te connaissant, tu serais déjà parti, ton calbar serait à demi-écrémé, moi non, je sais me tenir !

Je sais prendre mon temps. Enfin nous arrivons devant la carrée, je glisse ma carte magnétique dans la fente, pas celle de Cécile, pervers, celle de la porte ! On se déloque fébrilement, c’est tout juste si elle ne m’arrache pas mes frusques. Rapidos, ce qui nous servait de vêtements il y a encore peu gît au pied du lit. La petite a un corps de rêve, bien ferme. Ah ce petit cul mon pote. Bon j’arrête là, un peu de pudeur, puis surtout j’ai pitié de toi, dont la sexualité se réduit à une peau de chagrin depuis des lustres. Heureusement que tu as les sites pornos pour t’éponger le poireau. Tu te rends compte, moi, un cureton, je baise plus que toi ! Et en plus pas du coït expédié en cinq ou dix minutes, non du marathon orgasmique, le pentathlon des sens, l’odyssée du plaisir, le raid du raide, l’anthologie de la sexologie, L’épornopée du Dard !

Pourquoi je te raconte ça ? Je ne sais pas, excuse-moi, je ne devrais pas, je suis prêtre c’est vrai. Et toi, mon fidèle et peut-être unique lecteur, tu te dis que je suis un salaud. Il y a encore quelques pages je pleurais la môme Martine, et là je me vautre dans la luxure. Sodome et go mort en quelque sorte. Tu remarqueras quand même que j’ai glané quelques informations, et puis merde, c’est ma façon à moi d’exorciser mes démons. On se rejoint d’ici deux heures au chapitre suivant, le temps de terminer la petite.

26

Chapitre légèrement sportif

Cécile est repartie au petit matin, juste après que je lui ai célébré un dernier office. Je flemmarde dans le pucier, récapitule tout le merdier, depuis que la môme Martine est venue me trouver à l’église. Merde, c’est vrai que le Patron je l’ai un peu laissé tomber depuis quelques jours. Il comprendra, je suis en chasse, je colle au train des démons. J’ai passé une bonne soirée, une nuit pas dégueulasse. Je te cause surtout du côté glandulaire, parce que côté enquête, mis à part les liens avérés entre la baronne du selfie et la poutre de Bamako, je n’ai pas appris grand-chose.

Tu sais ce que je vais faire ?

Me prendre déjà une bonne douche, dire quelques prières histoire de pas trop froisser le Vieux et puis m’enfiler un petit déjeuner digne de Bérurier. Ensuite, retour au club, je vais y passer la matinée, faut que j’avance, foi de Requiem. La toute fin d’après-midi sera nettement plus tristoune. J’irai au crématorium, on incinère Martine, un service strict minimum. Sa famille n’a pas voulu de passage par l’église, juste deux ou trois chansons, puis zou, mise à la flamme. Même si je ne peux célébrer un office en sa mémoire, je l’accompagnerai.

Arrivé dans la salle de sport, je me change puis, je cours, je lève, je pousse, je tire, mais surtout je sue, je suinte, pire qu’un obèse en plein cagnard. Je me donne à fond, pas question de faire semblant. Je ne me suis pas découvert d’un coup l’âme d’un bodybuilder, non loin de moi cette idée. Mais si tu voyais cette petite rousse à la peau laiteuse, un derme légèrement éclaboussé de taches de son, une sylphide aux éphélides. Des yeux vert émeraude qui feraient défaillir un joaillier, un corps aux formes généreuses, je lui donne la petite trentaine. Et comme tout connard de mâle qui se respecte, vu que la divine rouquine me reluque, je me donne comme un furieux.

Je suis certain que là, je suis plus sexy que Bruce Willis dans Die Hard, prêt à te flinguer un hélico avec une bagnole. J’ai une de ces niaques, mon crâne lisse perle sous l’effort, mes veines gonflées propulsent mon sang, une bête, un sexe symbole, I am the best[18].

J’ai cru que j’allais crever, les muscles tétanisés sur un engin dont je te passe l’usage final, non pas que je te prenne pour un con mais, moi-même, à part donner des douleurs dans les avant-bras, je ne vois pas trop à quoi cela sert. Au bord de l’apoplexie, je vois que je ne suis plus le centre d’attraction de la fille, non, la poutre de Bamako vient de faire son entrée dans les lieux. Son cuissard moulant fait office de vitrine. Et le chibre du type hypnotise littéralement celle que je prenais pour une fée il y a encore quelques secondes. Je suis déçu…

Mais bon, pourquoi une femme n’aurait-elle pas le droit d’être envoûtée par une queue monumentale ? Pourquoi ne pourrait-elle pas fantasmer sur ce morceau de chair évocateur de tant de plaisir ? Pourquoi ne rêverait-elle pas, telle une fière amazone, de chevaucher ce pieu démoniaque pour une cavalcade sans fin ? Pourquoi, alors que nous les hommes, et même moi prêtre plus souvent défroqué qu’autre chose, nous sommes les premiers à nous extasier devant un cul féminin ?

Sur ces pensées hautement philosophiques, je ralentis le rythme de mes mouvements, je sens le sang affluer de nouveau dans mes muscles, cela fait du bien. Du regard je ne quitte ni la fille aux cheveux de feu[19], ni le poney humain[20] qui s’est installé non loin d’elle, ils sont tous deux dans mon champ de vision. D’un côté c’est très bien, d’un autre, cela m’oblige à rester soudé à ma machine infernale, ahanant comme un con.

Quand je pense que les nanas répètent sans cesse — en causant de nos braquemarts — que ce n’est pas la taille qui compte, je veux bien, mais je peux te dire qu’elle ne lâche pas des yeux l’entrejambe de l’ancien bidasse. Et lui ne la lâche pas du regard non plus. C’est la première fois que je vois ce type s’intéresser à autre chose qu’au reflet de sa musculature dans la glace. Là pépère il bouffe des yeux la mignonne, visiblement à son goût. Je me demande ce que son esprit pervers imagine, je suis sûr et certain que dans sa calebasse de détraqué il cogite sur le scénario de leur prochain snuff movie

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16

Assortie à la trompe, je ne suis pas le légionnaire, mais j’sais tenir ma place dans les transports amoureux, fais-moi confiance ma chérie.

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17

J’entre en lice pour le Renaudot !

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18

J’avoue, je me la pète un peu, péché d’orgueil, si tu veux, mais si moi je ne l’écris pas, qui le fera ?

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19

Oui, je pense que tu as remarqué que je fantasme sur les rousses, si tu es rousse, libertine, et à forte poitrine, contacte mon éditeur qui te donnera la date et le lieu de mon prochain office.

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20

Ne te méprends pas, aucun fantasme ce coup-ci, tout juste une légère jalousie…

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