1942-Le jour se lève
- Автор: Галло Макс
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «1942-Le jour se lève». Краткое содержание книги:
« Les rations alimentaires sont si insuffisantes que fréquemment les soldats italiens viennent mendier auprès de leurs camarades allemands les nourritures qui leur font défaut.
« Alors que ces soldats doivent se passer de “roulantes”, les officiers italiens continuent d’exiger des repas comportant plusieurs plats !
« Beaucoup d’officiers estiment superflu de se montrer pendant la bataille et de donner à leurs hommes l’exemple du courage. »
Mais malgré ce constat critique, Rommel, en cette fin juillet 1942, tire un bilan positif de son offensive. Il n’a pas conquis El-Alamein, mais l’Afrikakorps résiste.
Entre le 26 mai et le 30 juillet 1942, il a capturé 60 000 soldats de l’armée britannique, détruit plus de 2 000 chars et véhicules blindés.
Seulement, les pertes allemandes sont très lourdes et l’Afrikakorps ne peut espérer recevoir des renforts significatifs en hommes et en matériel.
Lucidement, Rommel conclut :
« En bref, après d’importants succès initiaux, la grande bataille du printemps et de l’été 1942 aboutit à une impasse. »
Et puis, il y a l’épuisement.
« Je me réjouis de chaque jour de répit qui m’est accordé, écrit-il le 2 août 1942. Nous avons une quantité de malades. Beaucoup des plus anciens officiers s’effondrent maintenant. Moi-même, je me sens très fatigué, exténué, quoi que j’aie en ce moment la possibilité de m’occuper un peu de ma santé…
« Le maintien sur nos positions d’El-Alamein nous a apporté les plus durs combats que nous avons livrés jusqu’ici en Afrique. Nous sommes tous atteints de diarrhée en ce moment, mais c’est tolérable. Ma jaunisse d’il y a un an était pire. »
Le Feldmarschall Rommel est un optimiste.
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Au Caire, en ce début du mois d’août 1942, de Gaulle, penché sur une grande carte de l’Afrique du Nord, de la Tunisie à l’Égypte, du Tchad à la Cyrénaïque, pointe du doigt la position de l’Afrikakorps de Rommel.
De Gaulle interroge du regard le nouveau commandant de la 8e armée britannique, le général Montgomery.
« Si Rommel nous attaque, nous nous battrons à El-Alamein, dit Montgomery. Nous resterons ici, vivants ou morts. »
De Gaulle l’approuve.
Il est temps que les Britanniques comprennent l’importance décisive de l’Afrique.
Il rappelle à Montgomery les actions du général Leclerc qui, après avoir pris l’oasis de Koufra dès le mois de mars 1941 – ce verrou stratégique entre la Cyrénaïque et l’Égypte –, a conquis le Fezzan, lançant à partir du Tchad des colonnes motorisées.
« Elles arrivent par surprise au pied d’un poste italien, l’attaquent, s’en emparent, le détruisent, libèrent les combattants indigènes et font prisonniers les Italiens. »
Et puis il y a eu Bir Hakeim.
« L’ennemi s’était cru vainqueur de la France parce qu’il avait pu, d’abord, rompre sous l’avalanche des moteurs notre armée préparée d’une manière absurde et commandée d’une manière indigne. »
L’ennemi à Bir Hakeim a compris son erreur.
« Les cadavres allemands et italiens qui ont jonché les positions du général Kœnig font présager à l’ennemi de combien de larmes et de combien de sang la France lui fera payer ses outrages. »
Dans les environs du Caire, de Gaulle vient de passer en revue toutes les troupes françaises présentes en Égypte.
« Il s’est établi entre eux et moi, dit-il, un contact, un accord des âmes qui a fait déferler en nous une espèce de vague de joie qui a rendu élastique le sable qu’ont foulé nos pas. »
Montgomery répond qu’il est prêt à accueillir sous ses ordres la 1re Division légère Française Libre (1re DFL). Elle sera équipée et prendra part aux combats.
Enfin !
Les Britanniques prennent acte que, depuis le 14 juillet 1942, la France Libre a choisi comme dénomination « France Combattante ».
De Gaulle veut qu’elle soit présente – fût-ce symboliquement – sur tous les théâtres d’opérations.
Ainsi il a donné l’ordre au sous-marin Surcouf – le plus grand sous-marin du monde – des Forces navales Françaises Libres de gagner le Pacifique afin de participer aux batailles navales qui opposent Américains et Japonais.
Et lors de leur affrontement à Midway, le 3 juin 1942, les Américains ont coulé quatre porte-avions japonais et perdu un seul porte-avions.
C’est le grand tournant de la guerre navale dans le Pacifique.
Et, début de la reconquête, les Marines américains débarquent le 6 août 1942 dans l’île de Guadalcanal.
Mais le sous-marin Surcouf a disparu corps et biens.
Mais les Anglais, en même temps qu’ils reconnaissent la France Combattante, tentent de prendre partout la place des Français dans ce qui est encore « l’Empire ».
Et de Gaulle défend bec et ongles la souveraineté française à Madagascar, au Levant – de Damas à Beyrouth –, en Afrique.
Il constate que les États-Unis – aux Antilles, en Afrique du Nord, à Alger comme à Marrakech, à Dakar – prennent langue avec les « vichystes », comme si leur souci était d’écarter de Gaulle, de s’appuyer sur les hommes de Pétain et de l’amiral Darlan, pour organiser une « transition » pacifique, de la collaboration avec l’Allemand à la collaboration avec les Américains.
De Gaulle se refuse à accepter cette politique et la combat comme le plus dangereux des périls, non pour lui mais pour la France.
« La démocratie se confond exactement pour moi avec la souveraineté nationale », dit-il.
Et il répète « la libération nationale ne peut être séparée de l’insurrection nationale », cette phrase qui, prononcée à Radio-Londres le 18 avril 1942, a inquiété le président Roosevelt.
N’est-ce pas là le propos d’un « apprenti dictateur » qui révèle son rêve d’un coup d’État ?
En réponse, de Gaulle dit à Churchill – et celui-ci en fera part à Roosevelt :
« Vous pouvez, si vous voulez, me faire coucher à la Tour de Londres, mais vous ne pouvez pas me faire coucher avec Vichy. »
De Gaulle sait que l’opinion publique, en Angleterre comme aux États-Unis, soutient la France Libre parce qu’elle est la France Combattante, présente sur tous les fronts. Les combats de Bir Hakeim ont plus fait pour le rendre légitime que tous les discours.
Le 14 juillet 1942, le défilé militaire des Free French a été acclamé par la foule londonienne. En France, dans les villes de la zone libre, la population, suivant une consigne gaulliste lancée par Radio-Londres, a pavoisé, chanté La Marseillaise.
« Les drapeaux, c’est la fierté ! Les défilés, c’est l’espoir ! La Marseillaise, c’est la fureur. Il nous faut et il nous reste, fierté, espoir, fureur ! », dit de Gaulle.
Aux États-Unis, l’association France for Ever organise, ce 14 juillet, une grande réunion en présence du général Pershing. Et de Gaulle dans un message salue ce « grand soldat qui sut faire avec Foch et avec Haig le front unique des Alliés dans la bataille de France », en 1917-1918.
Mais pour consolider la France Combattante, il faut aller plus loin. De Gaulle rencontre Molotov – en visite à Londres –, ministre des Affaires étrangères et collaborateur direct de Staline.
De Gaulle n’a aucune illusion sur les méthodes du gouvernement soviétique. Mais sous la « glace » communiste, il y a la Russie, dont il faut rechercher l’appui pour faire contrepoids aux Anglo-Saxons.