Un festin pour les corbeaux
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #12
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0125-6
- Переводчик: Jean Sola
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Un festin pour les corbeaux». Краткое содержание книги:
Car Sansa, depuis le régicide auquel elle a été mêlée à son insu, se cache au Val d’Arryne, sous l’identité d’Alayne Stone, prétendue bâtarde de Lord Petyr Baelish, Littlefinger. Plus pour longtemps, cependant : ce dernier a concocté un plan qui, s’il fonctionne, devrait faire revenir la jeune fille sur le devant de la scène.
Et pendant que tous les Loups s’agitent, Cersei Lannister tente de maintenir en un seul morceau l’empire qu’a laissé Lord Tywin, son père. N’a-t-elle pas joué une fois de trop avec le feu en réarmant la Foi et ses ecclésiastiques pour le moins radicaux ?
Un festin pour les corbeaux, douzième tome du Trône de Fer, clôt un chapitre important de la magistrale saga de George R.R. Martin.
Une lanterne était suspendue juste au-delà du seuil de la cabine, et il se débrouilla pour s’y cogner le crâne en entrant. « Aïe ! » lâcha-t-il, et Vère demanda : « Tu t’es blessé ? Montre voir. » Elle se pencha tout près…
… et l’embrassa sur la bouche.
Sam se surprit à lui retourner son baiser. J’ai prononcé les vœux, songea-t-il, mais les mains de Vère fourrageaient déjà ses noirs et tiraillaient sur le laçage de ses chausses. Il dégagea ses lèvres le temps de dire : « Nous ne pouvons pas », mais Vère riposta : « Nous pouvons », et plaqua de nouveau sa bouche sur la sienne. La Brise cannelle tournoyait autour d’eux, et il perçut le goût du rhum sur la langue de sa compagne, et puis elle eut là-dessus les seins dénudés et il était en train de les palper. J’ai prononcé les vœux, songea-t-il à nouveau, mais l’un des tétons de Vère sut venir se loger entre ses lèvres. Celui-ci était rose et dur, et lorsque Sam se mit à le sucer, du lait lui emplit la bouche, s’y mêlant à la saveur du rhum, et il n’avait jamais rien goûté d’aussi délicat, d’aussi suave et d’aussi succulent. Si je fais ça, je ne vaux pas mieux que Dareon, songea-t-il, mais c’était trop bon pour qu’il s’interrompe. Et subitement, sa queue se trouva à l’air libre, émergeant de ses chausses comme un gros mât rose. Elle avait l’air si comique, érigée là, qu’il y avait presque de quoi rire, mais Vère le fit basculer en arrière sur sa paillasse, retroussa ses jupes sur ses cuisses et s’accroupit sur lui en exhalant une espèce de vague gémissement. C’était encore meilleur que ses tétons. Elle est si humide, songea-t-il, haletant. Je ne savais pas qu’une femme pouvait être aussi humide à cet endroit-là. « Je suis ta femme, maintenant », souffla-t-elle en allant et venant sur lui. Et Sam émit une plainte et pensa : Non, non, tu ne peux pas l’être, j’ai prononcé les vœux, j’ai prononcé les vœux… mais le seul mot qu’il proféra fut : « Oui. »
Après, elle s’endormit, l’enlaçant dans ses bras et la tête sur sa poitrine. Sam avait besoin de dormir lui aussi, mais il était ivre de rhum, de lait maternel et de Vère. Il avait beau savoir qu’il devait retourner en tapinois à son propre hamac dans la cabine des hommes, il éprouvait un tel bien-être avec elle lovée contre lui qu’il lui était en quelque sorte impossible de bouger.
D’autres personnes entrèrent, tant hommes que femmes, et il les écouta s’embrasser, rire et s’accoupler. Des insulaires d’Eté. C’est leur façon de porter le deuil. Ils répliquent à la mort par la vie. Il avait lu ça quelque part, voilà fort longtemps. Il se demanda si Vère était au courant, si ce n’était pas plutôt Kojja Mo qui lui avait indiqué la conduite à tenir.
Tout en respirant le parfum de sa chevelure, il fixa la lanterne qui se balançait au plafond. L’Aïeule en personne ne saurait me guider pour me tirer sans dommage de ce guêpier. La meilleure chose qu’il pouvait faire était de s’esquiver pour aller se jeter dans la mer. Si je me noie, personne ne saura jamais que je me suis couvert d’opprobre en rompant mes vœux, et Vère pourra toujours se trouver un homme de meilleure qualité, un qui ne soit pas un gros lard de pleutre.
C’est dans son hamac personnel de la cabine des hommes qu’il fut réveillé le lendemain matin par les beuglements de Xhondo concernant le vent. « Le vent s’est levé ! continua de rugir le second. Réveil et travail, Noir Sam ! Le vent s’est levé ! » Il compensait les lacunes de son vocabulaire en forçant le volume vocal. Sam se laissa rouler hors de son hamac pour se mettre debout, et il déplora aussitôt son geste. Il avait des maux de tête épouvantables, l’une des ampoules de sa paume s’était ouverte pendant la nuit, et il avait l’impression qu’il allait se mettre à vomir.
Xhondo se montrant dépourvu de la moindre commisération, Sam se trouva réduit à la nécessité de renfiler tant bien que mal ses noirs. Il les découvrit par terre, sous son hamac, empilés en vrac en un seul tas humide. Il les flaira pour en évaluer la pestilence et inhala des relents de sel et de mer et de bitume, de toile mouillée, de moisissure, de fruit, de poisson et d’alcool de mûres, d’épices étranges et de bois exotiques, ainsi qu’un capiteux bouquet de ses suées successives à lui. Toutefois, l’odeur de Vère s’y mêlait aussi, la senteur proprette de ses cheveux, la senteur suave de son lait, et cela le rendit tout aise de les porter. Il aurait néanmoins volontiers donné tant et plus pour avoir des chaussettes bien chaudes et sèches. Des espèces de champignons s’étaient mis à proliférer entre ses orteils.
La caisse de livres avait été loin de suffire à payer le passage pour quatre de Braavos à Villevieille. Mais comme La Brise cannelle manquait de main-d’œuvre, Quhuru Mo avait consenti à les prendre, pourvu qu’ils travaillent à bord durant le trajet. Sam avait protesté que mestre Aemon était trop faible, le petit encore au berceau, et que Vère avait une peur panique de la mer, mais Xhondo s’était contenté de répondre en riant : « Noir Sam est grand gros homme. Noir Sam travaillera pour quatre. »
Pour parler franc, Sam était si gauche de ses doigts qu’il doutait être seulement capable d’accomplir le boulot d’un seul bon ouvrier, mais il s’y essaya de son mieux. Il récurait les ponts et les ponçait avec des pierres pour les lisser, il hissait les chaînes d’ancre, il enroulait des cordages et pourchassait les rats, il ravaudait des voiles déchirées, calfatait les voies d’eau avec du goudron bouillant, désarêtait du poisson et hachait des fruits pour le cuisinier. Vère s’efforçait aussi de se rendre utile. Elle était plus douée pour le gréement que Sam, malgré le fait que de temps à autre la seule vue de tant d’eau déserte alentour l’obligeait encore à fermer les yeux.
Vère, songea Sam, qu’est-ce que je vais faire de Vère ?
La journée, torride et poisseuse, n’en finissait pas, rendue plus interminable encore par les martèlements de la migraine. Sam la meubla à s’occuper de cordages, de voiles et à exécuter les autres tâches que lui imposa Xhondo, tout en essayant de ne pas laisser ses yeux s’égarer ni vers le baril de rhum qui contenait le corps de mestre Aemon… ni du côté de Vère. Il lui était impossible de regarder la jeune sauvageonne en face, là, tout de suite, après ce qu’ils avaient fait la nuit précédente. Quand elle monta sur le pont, il alla se réfugier en bas. Quand elle se rendit à l’avant, il gagna l’arrière. Quand elle lui adressa un sourire, il se détourna, submergé par la honte. J’aurais dû sauter dans la mer pendant qu’elle était encore endormie, songea-t-il. J’ai toujours été un lâche, mais je n’avais jamais été un parjure jusqu’à maintenant.
Si mestre Aemon n’était pas mort, Sam aurait pu lui demander ce qu’il devait faire. Si Jon Snow s’était trouvé à bord, ou même Pyp et Grenn, il aurait pu s’adresser à eux. A la place, il avait Xhondo. Xhondo ne comprendrait pas ce que j’étais en train de me dire. Et s’il le comprenait, il me conseillerait tout simplement de baiser de nouveau la fille. « Baiser » était le premier mot de la Langue Commune que Xhondo avait appris, et il adorait s’en servir.
C’était une chance, en tout cas, pour Sam que La Brise cannelle soit un aussi gros bâtiment. A bord du Merle, Vère lui aurait mis la main dessus en un rien de temps. « Bateaux-cygnes », tel était le nom qu’on donnait dans les Sept Couronnes aux grands vaisseaux des îles d’Eté, eu égard aux battements de leurs voiles blanches et à leurs figures de proue qui représentaient pour la plupart des oiseaux. En dépit de leur masse énorme, ils chevauchaient les vagues avec une grâce qui n’appartenait qu’à eux. Par bon vent vif arrière, La Brise cannelle était capable de distancer à la course n’importe quelle galère, mais elle était réduite à l’impuissance quand elle se trouvait encalminée. Ce qui ne l’empêchait pas d’offrir à un couard d’innombrables cachettes.