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Face aux feux du Soleil [The Naked Sun - fr]

Электронная книга - «Face aux feux du Soleil [The Naked Sun - fr]». Краткое содержание книги:

Nous connaissons déjà Elijah Baley et Daneel R. Olivaw qui menèrent une difficile enquête dans Les cavernes d’acier.
C’est désormais sur la lointaine planète Solaria qu’ils vont devoir exercer leur talent. Sur ce monde, les hommes n’acceptent plus de se rencontrer physiquement mais se « visionnent » grâce à des projections télévisées.
Or, un meurtre a été commis, un meurtre apparemment impossible puisque aucun Solarien n’aurait eu la force nerveuse suffisante pour s’approcher d’un de ses compatriotes. Qui plus est, un robot semble impliqué, ce qui est absurde, puisque les lois de la robotique interdisent à ces êtres de métal de causer le moindre tort aux hommes.
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— Tout d’abord, mettez-vous en rapport avec ce Dr Thool et demandez-lui quel était l’état de santé de Mme Delmarre à l’époque où son mari fut assassiné. Quelle avait été la durée du traitement et tout ce qui s’y rapporte ?

— Est-ce quelque chose de bien défini que vous recherchez ?

— Non. J’essaie simplement de récolter une moisson de renseignements et, sur ce monde, ce n’est pas chose aisée.

« Secundo, trouvez-moi qui va prendre la place de Gruer en tant que Chef de la Sûreté et débrouillez-vous pour que, à la première heure demain matin, nous ayons avec lui une conversation par stéréovision.

« Quant à moi, ajouta-t-il, l’esprit morose et le ton très chagrin, je vais me coucher et peut-être, avec un peu de chance, trouver le sommeil. (Puis, brusquement, avec une certaine pétulance :) Pensez-vous que je puisse dénicher un roman microfilmé en ces lieux ?

— Je me permets de vous suggérer d’appeler le robot chargé de la bibliothèque, répondit suavement Daneel.

De se sentir obligé d’avoir affaire à un robot mit Baley de méchante humeur. Il aurait bien préféré feuilleter à loisir.

— Non, non, dit-il, pas de classiques ! Des petits romans quelconques, traitant de la vie courante sur Solaria, telle qu’elle se passe actuellement. Et sortez-m’en une demi-douzaine.

Le robot obéit (bien obligé), mais, tout en manipulant les contrôles voulus pour sortir de leurs casiers les microfilms demandés, les amener dans l’extracteur puis les remettre dans la main de Baley, il continuait de réciter, d’un ton respectueux, toutes les autres rubriques de son catalogue.

« Peut-être le maître désirait-il un roman d’aventures, des premiers temps de l’exploration du Cosmos, suggérait-il, ou un remarquable traité de chimie avec des atomes microfilmés et animés, ou un livre d’anticipation ou un atlas galactique. » La liste des ouvrages semblait interminable.

Baley attendait, avec une impatience croissante, d’avoir sa demi-douzaine de volumes. Quand il l’eut : « Cela suffira » dit-il, et il prit de ses propres mains (oui, ses propres mains !) une visionneuse et s’en fut.

Le robot ne manqua pas de le suivre, en demandant :

— Avez-vous besoin de mon aide, maître, pour la mise au point ?

Baley se retourna et, d’un ton sec :

— Non. Restez où vous êtes.

Le robot s’inclina et demeura sur place.

Couché dans son lit, la veilleuse allumée, Baley en vint presque à regretter sa décision. La visionneuse n’était pas d’un modèle qu’il connût et il se mit à l’utiliser sans même avoir la moindre idée de la manière dont on insérait le film. Mais, avec obstination, il s’employa à comprendre le mécanisme, démontant presque la visionneuse, puis la remontant pièce à pièce, et réussit tout de même à obtenir un résultat.

Il pouvait, tout au moins, déchiffrer le microfilm, et si la mise au point laissait encore à désirer, ce n’était qu’un petit inconvénient comparé au plaisir de se sentir débarrassé des robots pendant un moment.

Au cours de l’heure suivante, il passa quatre des six films et n’en éprouva que déception.

Il avait ébauché une théorie. Il n’y avait pas de meilleur moyen, s’était-il dit, de prendre conscience de la vie et de la pensée intrinsèques des Solariens que de lire leurs romans. Il avait besoin de ces aperçus s’il voulait mener son enquête intelligemment.

Mais maintenant, il lui fallait abandonner toute sa théorie. Il venait de visionner quatre romans et n’avait, jusqu’à présent, rien appris d’intéressant. Ce n’étaient que gens affligés de problèmes qui n’en étaient pas, qui se conduisaient comme des déments et agissaient de façon imprévisible.

Exemple : pourquoi une femme devait-elle se sentir obligée de démissionner parce qu’elle venait de découvrir que son enfant avait embrassé la même carrière ? Pourquoi refusait-elle de s’expliquer, jusqu’au moment où des complications incroyables et ridicules en découlaient ?

Autre exemple : pourquoi un docteur et une artiste se trouvaient-ils humiliés d’être unis l’un à l’autre et qu’y avait-il de si héroïque dans l’entêtement du docteur voulant se consacrer à des recherches de robotique ?

Il introduisit le cinquième roman dans la visionneuse, et régla la vision binoculaire. Il était abruti de fatigue.

Il était si épuisé, en fait, que par la suite il ne se rappela rien de ce cinquième roman (une histoire d’angoisse, croyait-il) sinon qu’au commencement le propriétaire d’un nouveau domaine entrait dans sa demeure et se faisait visionner, par un respectueux robot, les comptes d’exploitation du précédent propriétaire.

En tout cas, il avait dû s’endormir, la visionneuse en marche et toutes les lumières allumées. Probablement, un robot était entré respectueusement, avait ôté la visionneuse avec douceur et éteint la lumière. Mais, de toute façon, il dormit et rêva de Jessie. Tout était comme avant. Il n’avait jamais quitté la Terre. Ils se préparaient à aller à la cantine communautaire. Ensuite, ils iraient voir, avec des amis, un spectacle hyperpsychique. Ils prendraient les rames de circulation urbaine, verraient des gens, et tout le monde était heureux, personne n’avait le moindre souci en tête.

Et Jessie était si belle. Elle avait perdu du poids, semblait-il. Pourquoi était-elle si mince et si belle ?

Et il y avait aussi quelque chose d’assez curieux.

Le soleil semblait les baigner de son éclat. Etonné, il levait la tête, mais il n’y avait de visible que la voûte supportant le niveau supérieur. Et pourtant, ils étaient baignés de soleil, de son éclat flamboyant, qui allumait toute chose, et personne n’en avait peur.

Baley se réveilla, l’esprit en désarroi. Il laissa les robots servir le petit déjeuner et ne dit pas un mot à Daneel. Plongé dans ses pensées, il ne disait rien, ne posait pas de question et avala un excellent café, sans même en prendre conscience.

Pourquoi avait-il rêvé de ce soleil, à la fois visible et caché ? A la rigueur, il pouvait comprendre qu’il eût rêvé de la Terre et de Jessie, mais qu’est-ce que le soleil avait à faire là-dedans ? Et pourquoi, par-dessus le marché, s’en préoccupait-il ?

— Elijah, dit Daneel doucement.

— Hein ?

— Corwin Attlebish sera en liaison stéréo avec vous d’ici une demi-heure. J’ai pris toutes les dispositions nécessaires.

— Qui diable est Corwin Machintrucchouette ? explosa Baley, en remplissant sa tasse de café.

— C’était le Premier Adjoint de l’inspecteur Gruer, Elijah. Il fait, pour l’instant, fonction de Chef de la Sûreté.

— Bon, eh bien ! Allons-y.

— Comme je viens de vous le dire, le rendez-vous est pour dans une demi-heure.

— Je me fiche si c’est dans une heure ou dans un siècle. Allons-y tout de suite, c’est un ordre.

— Je vais essayer de le toucher, Elijah. Il est possible, néanmoins, qu’il ne veuille pas accepter d’entrer tout de suite en communication.

— Bah ! Essayons toujours, Daneel. On verra bien.

Le Chef de la Sûreté par intérim accepta la communication et, pour la première fois depuis qu’il était sur Solaria, Baley rencontra un Spacien, qui ressemblait à l’idée courante que s’en faisaient les Terriens.

Attlebish était grand, mince et bronzé. Il avait les yeux noisette, le menton puissant et dominateur.

Il ressemblait légèrement à Daneel. Mais, tandis que Daneel était en quelque sorte idéalisé, presque divin, Corwin Attlebish gardait sur son visage des stigmates d’humanité.

Attlebish était en train de se raser. Le petit crayon abrasif lançait son jet de microscopiques particules sur les joues et le menton, coupant nettement les poils, puis réduisait le tout en une poussière impalpable. Baley reconnut l’instrument qu’il n’avait jamais vu utiliser auparavant et qu’il ne connaissait que par ouï-dire.

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