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Le Mystère De La Chambre Jaune

Электронная книга - «Le Mystère De La Chambre Jaune». Краткое содержание книги:

Des cris et des coups de feu se font entendre dans une chambre annexe au laboratoire du pavillon du château où dort la belle Mathilde, fille du célèbre professeur Stangerson. Tout de suite, son père accompagné de l’un de ses domestiques, le père Jacques, se précipite à la porte qu’il trouve clause. Très vite rejoints par le concierge du Glandier et son épouse, ils parviennent à enfoncer la porte.
Une fois dans la «chambre jaune», ils découvrent Mathilde râlant, allongée sur le sol et pleine de sang. On peut apercevoir des marques impressionnantes d’ongles sur son cou. Le criminel a filé. Pourtant, la porte est prise d’assaut par quatre personnes et l’unique fenêtre grillagée de la pièce est verrouillée avec ses volets clos qu’on ne peut fermer que de l’intérieur. Aucune fuite n’est possible! Le jeune Rouletabille décide de se rendre sur le lieu du crime afin de retrouver la trace du malfaiteur.
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– Voilà qui est étrange! murmura M Dax.

– Étrange», répéta M. de Marquet.

M. Stangerson, avec un pâle et glacé sourire, dit:

«Ce n’est point de ce côté, monsieur, que vous trouverez le mobile du crime.»

M Dax:

«En tout cas, fit-il d’une voix impatiente, le mobile n’est pas le vol!

– Oh! nous en sommes sûrs!», s’écria le juge d’instruction.

À ce moment la porte du laboratoire s’ouvrit et le brigadier de gendarmerie apporta une carte au juge d’instruction. M. de Marquet lut et poussa une sourde exclamation; puis:

«Ah! voilà qui est trop fort!

– Qu’est-ce? demanda le chef de la Sûreté.

– La carte d’un petit reporter de L’Époque, M. Joseph Rouletabille, et ces mots: «L’un des mobiles du crime a été le vol!»

Le chef de la Sûreté sourit:

«Ah! Ah! le jeune Rouletabille… j’en ai déjà entendu parler… il passe pour ingénieux… Faites-le donc entrer, monsieur le juge d’instruction.»

Et l’on fit entrer M. Joseph Rouletabille. J’avais fait sa connaissance dans le train qui nous avait amenés, ce matin-là, à Épinay-sur-Orge. Il s’était introduit, presque malgré moi, dans notre compartiment et j’aime mieux dire tout de suite que ses manières et sa désinvolture, et la prétention qu’il semblait avoir de comprendre quelque chose dans une affaire où la justice ne comprenait rien, me l’avaient fait prendre en grippe. Je n’aime point les journalistes. Ce sont des esprits brouillons et entreprenants qu’il faut fuir comme la peste. Cette sorte de gens se croit tout permis et ne respecte rien. Quand on a eu le malheur de leur accorder quoi que ce soit et de se laisser approcher par eux, on est tout de suite débordé et il n’est point d’ennuis que l’on ne doive redouter. Celui-ci paraissait une vingtaine d’années à peine, et le toupet avec lequel il avait osé nous interroger et discuter avec nous me l’avait rendu particulièrement odieux. Du reste, il avait une façon de s’exprimer qui attestait qu’il se moquait outrageusement de nous. Je sais bien que le journal L’Époque est un organe influent avec lequel il faut savoir «composer», mais encore ce journal ferait bien de ne point prendre ses rédacteurs à la mamelle.

M. Joseph Rouletabille entra donc dans le laboratoire, nous salua et attendit que M. de Marquet lui demandât de s’expliquer.

«Vous prétendez, monsieur, dit celui-ci, que vous connaissez le mobile du crime, et que ce mobile, contre toute évidence, serait le vol?

– Non, monsieur le juge d’instruction, je n’ai point prétendu cela. Je ne dis pas que le mobile du crime a été le vol et je ne le crois pas.

– Alors, que signifie cette carte?

– Elle signifie que l’un des mobiles du crime a été le vol.

Qu’est-ce qui vous a renseigné?

– Ceci! si vous voulez bien m’accompagner.»

Et le jeune homme nous pria de le suivre dans le vestibule, ce que nous fîmes. Là, il se dirigea du côté du lavatory et pria M. le juge d’instruction de se mettre à genoux à côté de lui. Ce lavatory recevait du jour par sa porte vitrée et, quand la porte était ouverte, la lumière qui y pénétrait était suffisante pour l’éclairer parfaitement. M. de Marquet et M Joseph Rouletabille s’agenouillèrent sur le seuil. Le jeune homme montrait un endroit de la dalle.

«Les dalles du lavatory n’ont point été lavées par le père Jacques, fit-il, depuis un certain temps; cela se voit à la couche de poussière qui les recouvre. Or, voyez, à cet endroit, la marque de deux larges semelles et de cette cendre noire qui accompagne partout les pas de l’assassin. Cette cendre n’est point autre chose que la poussière de charbon qui couvre le sentier que l’on doit traverser pour venir directement, à travers la forêt, d’Épinay au Glandier. Vous savez qu’à cet endroit il y a un petit hameau de charbonniers et qu’on y fabrique du charbon de bois en grande quantité. Voilà ce qu’a dû faire l’assassin: il a pénétré ici l’après-midi quand il n’y eut plus personne au pavillon, et il a perpétré son vol.

– Mais quel vol? Où voyez-vous le vol? Qui vous prouve le vol? nous écriâmes nous tous en même temps.

– Ce qui m’a mis sur la trace du vol, continua le journaliste…

– C’est ceci! interrompit M. de Marquet, toujours à genoux.

– Évidemment», fit M. Rouletabille.

Et M. de Marquet expliqua qu’il y avait, en effet, sur la poussière des dalles, à côté de la trace des deux semelles, l’empreinte fraîche d’un lourd paquet rectangulaire, et qu’il était facile de distinguer la marque des ficelles qui l’enserraient…

«Mais vous êtes donc venu ici, monsieur Rouletabille; j’avais pourtant ordonné au père Jacques de ne laisser entrer personne; il avait la garde du pavillon.

– Ne grondez pas le père Jacques, je suis venu ici avec M. Robert Darzac.

– Ah! vraiment…» s’exclama M. de Marquet mécontent, et jetant un regard de côté à M. Darzac, lequel restait toujours silencieux.

«Quand j’ai vu la trace du paquet à côté de l’empreinte des semelles, je n’ai plus douté du vol, reprit M. Rouletabille. Le voleur n’était pas venu avec un paquet… Il avait fait, ici, ce paquet, avec les objets volés sans doute, et il l’avait déposé dans ce coin, dans le dessein de l’y reprendre au moment de sa fuite; il avait déposé aussi, à côté de son paquet, ses lourdes chaussures; car, regardez, aucune trace de pas ne conduit à ces chaussures, et les semelles sont à côté l’une de l’autre, comme des semelles au repos et vides de leurs pieds. Ainsi comprendrait-on que l’assassin, quand il s’enfuit de la «Chambre Jaune», n’a laissé aucune trace de ses pas dans le laboratoire ni dans le vestibule. Après avoir pénétré avec ses chaussures dans la «Chambre Jaune», il les y a défaites, sans doute parce qu’elles le gênaient ou parce qu’il voulait faire le moins de bruit possible. La marque de son passage aller à travers le vestibule et le laboratoire a été effacée par le lavage subséquent du père Jacques, ce qui nous mène à faire entrer l’assassin dans le pavillon par la fenêtre ouverte du vestibule lors de la première absence du père Jacques, avant le lavage qui a eu lieu à cinq heure et demie!

«L’assassin, après qu’il eut défait ses chaussures, qui, certainement le gênaient, les a portées à la main dans le lavatory et les y a déposées du seuil, car, sur la poussière du lavatory, il n’y a pas trace de pieds nus ou enfermés dans des chaussettes, ou encore dans d’autres chaussures. Il a donc déposé ses chaussures à côté de son paquet. Le vol était déjà, à ce moment, accompli. Puis l’homme retourne à la «Chambre Jaune» et s’y glisse alors sous le lit où la trace de son corps est parfaitement visible sur le plancher et même sur la natte qui a été, à cet endroit, légèrement roulée et très froissée. Des brins de paille même, fraîchement arrachés, témoignent également du passage de l’assassin sous le lit…

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