Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Сказки народов мира » Les Mille Et Une Nuits Tome II
Les Mille Et Une Nuits Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Mille Et Une Nuits Tome II

Электронная книга - «Les Mille Et Une Nuits Tome II». Краткое содержание книги:

Les Mille Et Une Nuits Tome II
1 ... 20 21 22 23 24 25 26 27 28 ... 145
Перейти на страницу:

À ces mots, que le prince prononça avec tant de vivacité qu’il ne donna pas le temps au joaillier de lui parler, le joaillier lui dit: «Prince, on ne peut prendre plus de part à vos maux que j’en prends, et si vous voulez avoir la patience de m’écouter, vous verrez que je puis y apporter du soulagement.» À ce discours, le prince se tut et lui donna audience. «Je vois bien, reprit alors le joaillier, que l’unique moyen de vous rendre content, est de faire en sorte que vous puissiez entretenir Schemselnihar en liberté. C’est une satisfaction que je veux vous procurer, et j’y travaillerai dès demain. Il ne faut point vous exposer à entrer dans le palais de Schemselnihar; vous savez, par expérience, que c’est une démarche fort dangereuse. Je sais un lieu plus propre à cette entrevue, et où vous serez en sûreté.» Comme le joaillier achevait ces paroles, le prince l’embrassa avec transport: «Vous ressuscitez, dit-il, par cette charmante promesse, un malheureux amant qui s’était déjà condamné à la mort. À ce que je vois, j’ai pleinement réparé la perte d’Ebn Thaher: tout ce que vous ferez sera bien fait; je m’abandonne entièrement à vous.»

Après que le prince eut remercié le joaillier du zèle qu’il lui faisait paraître, le joaillier se retira chez lui, où dès le lendemain matin la confidente de Schemselnihar le vint trouver, Il lui dit qu’il avait fait espérer au prince de Perse qu’il pourrait voir bientôt Schemselnihar. «Je viens exprès, lui répondit-elle, pour prendre là-dessus des mesures avec vous. Il me semble, continua-t-elle, que cette maison serait assez commode pour cette entrevue.

– Je pourrais bien, reprit-il, les faire venir ici; mais j’ai pensé qu’ils seront plus en liberté dans une autre maison que j’ai, où actuellement il ne demeure personne. Je l’aurai bientôt meublée assez proprement pour les recevoir.

– Cela étant, repartit la confidente, il ne s’agit plus à l’heure qu’il est que d’y faire consentir Schemselnihar. Je vais lui en parler, et je viendrai vous en rendre réponse en peu de temps.»

Effectivement, elle fut fort diligente. Elle ne tarda pas à revenir, et elle rapporta au joaillier que sa maîtresse ne manquerait pas de se trouver au rendez-vous vers la fin du jour. En même temps, elle lui mit entre les mains une bourse, en lui disant que c’était pour acheter la collation. Il la mena aussitôt à la maison où les amants devaient se rencontrer, afin qu’elle sût où elle était et qu’elle y pût amener sa maîtresse; et dès qu’ils se furent séparés, il alla emprunter chez ses amis de la vaisselle d’or et d’argent, des tapis, des coussins fort riches et d’autres meubles, dont il meubla cette maison très-magnifiquement. Quand il y eut mis toute chose en état, il se rendit chez le prince de Perse.

Représentez-vous la joie qu’eut le prince lorsque le joaillier lui dit qu’il le venait prendre pour le conduire à la maison qu’il avait préparée pour le recevoir lui et Schemselnihar. Cette nouvelle lui fit oublier ses chagrins et ses souffrances. Il prit un habit magnifique et sortit sans suite avec le joaillier, qui le fit passer par plusieurs rues détournées, afin que personne ne les observât, et l’introduisit enfin dans la maison, où ils commencèrent à s’entretenir jusqu’à l’arrivée de Schemselnihar.

Ils n’attendirent pas longtemps cette amante trop passionnée. Elle arriva après la prière du soleil couché, avec sa confidente et deux autres esclaves. De pouvoir vous exprimer l’excès de joie dont les deux amants furent saisis à la vue l’un de l’autre, c’est une chose qui ne m’est pas possible. Ils s’assirent sur le sofa, se regardèrent quelque temps sans pouvoir parler, tant ils étaient hors d’eux-mêmes. Mais quand l’usage de la parole leur fut revenu, ils se dédommagèrent bien de ce silence. Ils se dirent des choses si tendres, que le joaillier, la confidente et les deux autres esclaves en pleurèrent. Le joaillier néanmoins essuya ses larmes pour songer à la collation, qu’il apporta lui-même. Les amants burent et mangèrent peu; après quoi, s’étant tous deux remis sur le sofa, Schemselnihar demanda au joaillier s’il n’avait pas un luth ou quelque autre instrument. Le joaillier, qui avait eu soin de pourvoir à tout ce qui pouvait lui faire plaisir, lui apporta un luth. Elle mit quelques moments à l’accorder, et ensuite elle chanta.

Là s’arrêta Scheherazade à cause du jour qui commençait à paraître. La nuit suivante, elle poursuivit ainsi:

CLXXX NUIT.

Dans le temps que Schemselnihar charmait le prince de Perse, en lui exprimant sa passion par des paroles qu’elle composait sur-le-champ, on entendit un grand bruit, et aussitôt un esclave, que le joaillier avait amené avec lui, parut tout effrayé et vint dire qu’on enfonçait la porte; qu’il avait demandé qui c’était, mais qu’au lieu de répondre on avait redoublé les coups. Le joaillier, alarmé, quitta Schemselnihar et le prince pour aller lui-même vérifier cette mauvaise nouvelle. Il était déjà dans la cour, lorsqu’il entrevit dans l’obscurité une troupe de gens armés de baïonnettes et de sabres, qui avaient enfoncé la porte et venaient droit à lui. Il se rangea au plus vite contre un mur, et, sans en être aperçu, il les vit passer au nombre de dix.

Comme il ne pouvait pas être d’un grand secours au prince de Perse et à Schemselnihar, il se contenta de les plaindre en lui-même et prit le parti de la fuite. Il sortit de sa maison et alla se réfugier chez un voisin qui n’était pas encore couché, ne doutant point que cette violence ne se fît par ordre du calife, qui avait sans doute été informé du rendez-vous de sa favorite avec le prince de Perse. De la maison où il s’était sauvé, il entendait le grand bruit que l’on faisait dans la sienne, et ce bruit dura jusqu’à minuit. Alors, comme il lui semblait que tout y était tranquille, il pria le voisin de lui prêter un sabre, et muni de cette arme il sortit, s’avança jusqu’à la porte de la maison, entra dans la cour, où il aperçut avec frayeur un homme qui lui demanda qui il était. Il reconnut à la voix que c’était son esclave: «Comment as-tu fait, lui dit-il, pour éviter d’être pris par le guet?

– Seigneur, je me suis caché dans un coin de la cour, et j’en suis sorti d’abord que je n’ai plus entendu de bruit. Mais ce n’est point le guet qui a forcé votre maison; ce sont des voleurs qui, ces jours passés, en ont pillé une dans ce quartier-ci. Il ne faut pas douter qu’ils n’aient remarqué la richesse des meubles que vous avez fait apporter ici, et qu’elle ne leur ait donné dans la vue.»

Le joaillier trouva la conjecture de son esclave assez probable. Il visita sa maison, et vit en effet que les voleurs avaient enlevé le bel ameublement de la chambre où il avait reçu Schemselnihar et son amant, qu’ils avaient emporté sa vaisselle d’or et d’argent, et enfin qu’ils n’y avaient pas laissé la moindre chose. Il en fut désolé: «Ô ciel! s’écria-t-il, je suis perdu sans ressource! Que diront mes amis, et quelle excuse leur apporterai-je, quand je leur dirai que les voleurs ont forcé ma maison et dérobé ce qu’ils m’avaient si généreusement prêté? Ne faudra-t-il pas que je les dédommage de la perte que je leur ai causée? D’ailleurs, que sont devenus Schemselnihar et le prince de Perse? Cette affaire fera un si grand éclat, qu’il est impossible qu’elle n’aille pas jusqu’aux oreilles du calife. Il apprendra cette entrevue, et je servirai de victime à sa colère.» L’esclave qui lui était fort affectionné tâcha de le consoler. «À l’égard de Schemselnihar, lui dit-il, les voleurs apparemment se seront contentés de la dépouiller, et vous devez croire qu’elle se sera retirée en son palais avec ses esclaves; le prince de Perse aura eu le même sort. Ainsi vous pouvez espérer que le calife ignorera toujours cette aventure. Pour ce qui est de la perte que vos amis ont faite, c’est un malheur que vous n’avez pu éviter. Ils savent bien que les voleurs sont en si grand nombre, qu’ils ont eu la hardiesse de piller non seulement la maison dont je vous ai parlé, mais même plusieurs autres des principaux seigneurs de la cour; et ils n’ignorent pas que, malgré les ordres qui ont été donnés pour les prendre, on n’a pu encore se saisir d’aucun d’eux, quelque diligence qu’on ait faite. Vous en serez quitte en rendant à vos amis la valeur des choses qui ont été volées, et il vous restera encore, Dieu merci, assez de bien.»

1 ... 20 21 22 23 24 25 26 27 28 ... 145
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)