Descendez-le a la prochaine [fr]
- Автор: Дар Фредерик
- Год: 1953
- Язык: французский
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Descendez-le a la prochaine [fr]». Краткое содержание книги:
Comment ont-ils pu savoir ça ? Mystère et boule de gomme. Mais en regardant les choses sur place, je sais que je pourrai le découvrir… Bien, bien, bien, ça commence à remuer… Comme la vermine sur un cadavre.
Et j’aime quand ça remue !
La femme de Pellegrini doit se laisser gagner par l’inquiétude.
— J’ai peur, avoue-t-elle…
Je dois avouer que cette ronde des heures, ce silence ambiant, coupé de temps à autre par une sonnerie d’appel lointaine, ou par un gémissement semblant sourdre des murs porte sur le système nerveux…
— Allons donc, dis-je en m’avançant vers son lit… Peur de quoi, ma petite bonne femme ? Je suis là, non ?
Je brandis mon revolver…
— Et même un peu là !
— J’ai peur, répète-t-elle…
Elle ajoute :
— Restez à côté de moi…
Officiellement, je suis le toubib habituel de la môme Blavette, et je passe la nuit à son chevet, cette version pour le personnel de la clinique…
Donc, il n’y a pas d’inconvénient à ce que je reste à ses côtés ; mais je n’y tiens pas, préférant demeurer embusqué derrière mon rideau…
— Non, non, souffle-t-elle, comme si elle lisait dans ma pensée, ne partez pas, ne partez pas !
Elle me saisit la main. Ses paumes sont moites…
Elle m’attire contre elle… Qu’est-ce qu’elle s’imagine, la mère Pellegrini ? Que je vais lui offrir une partie de cinéma ?
Comme si j’avais que ça à penser !
Ah ! les gonzesses, toutes les mêmes ! Une ambiance un peu touffue, une lumière faiblarde, un tête-à-tête avec un ouistiti pas trop mal baraqué et les voilà parties !
Je sens son souffle sur mon visage. Elle serait plus rassurée si je pieutais avec elle… Bien sûr, remarquez qu’elle vaut le voyage, seulement je ne suis pas là pour ça, et puis si on se fait marron entre collègues, où on ira pêcher de la moralité, hein ?
— Touchez comme mon cœur bat fort, soupire-t-elle en me plaçant la pogne sur son sein gauche. Je palpe le morcif ; c’est pas de la fonte renforcée, mais ça tient droit tout de même…
Un petit vertige me chavire et je sens que d’ici moins d’un quart d’heure, le bon Pellegrini va en porter une paire si bath qu’il ne pourra pas même passer sous l’Arc de Triomphe quand il ira à Paris.
Seulement mon ange gardien est fidèle au poste ; juste comme je vais y aller de mon voyage, on frappe à la lourde.
CHAPITRE X
DU PÉTARD, ENFIN !
Je plonge la main dans ma poche, là où il y a mon feu.
— Entrez !
La porte s’ouvre. C’est l’infirmière et l’une de ses collègues.
— Je viens pour la piqûre ! dit-elle.
Pourquoi ai-je l’impression, soudain, que quelque chose ne tourne pas rond ?
Il a été convenu avec le toubib qu’on donnerait des soins à Thérèse Pellegrini comme s’il s’agissait réellement d’une blessée, mais les piqûres qu’on lui fait sont des piqûres à l’eau de mer.
— Ça vous fortifiera toujours, a affirmé le docteur…
Donc, rien de surprenant à ce que la petite infirmière préposée à la chambre 8 (qui est celle que nous occupons) entre avec une seringue à la main… Par contre, ce qui est plus étrange, c’est qu’elle se fasse accompagner d’une collègue.
— Qui est mademoiselle ? je demande…
— Une collègue à moi qui me remplacera tout à l’heure, dit-elle ; comme elle est nouvelle, je lui montre le service…
Rien à redire non plus à cela !
Alors ? D’où vient que ça grince dans toute ma personne ? Ne serait-ce pas la voix de la jeune fille ? Elle contient, semble-t-il, un je ne sais quoi d’anxieux… De très vaguement anxieux… C’est imperceptible pour n’importe qui, mais j’ai pour moi un atout féminin : l’intuition. Ça ne tourne pas rond…
La jeune fille a saisi le bras de Thérèse, elle a remonté sa manche, elle passe un coton imbibé d’éther sur l’avant-bras… Pendant ce temps, la nouvelle se tient légèrement en retrait, regardant avec attention. Elle est pleine de bonne volonté, cette petite, ça se voit à ses yeux… Mais pourquoi diantre tient-elle sa main droite immobile dans la poche de sa blouse blanche ?
Je contourne le lit en bâillant.
— J’ai l’impression qu’il y a un léger mieux, dis-je…
Je suis près de la nouvelle. Brusquement je lui empoigne le bras droit. Elle fait un saut de carpe, mais quand je tiens quelqu’un serré, vaut mieux aller chercher tout de suite une hache pour me faire lâcher prise.
Je lui tords le bras, elle pousse un cri léger…
Je glisse ma main libre dans sa poche et j’en ramène un chouette soufflant.
— Drôle d’instrument de travail pour une infirmière, je ricane.
L’autre donzelle a posé sa seringue sur la table de chevet et s’est écroulée sur le lit, le visage blême et ruisselant de sueur.
— Mon Dieu, hoquette-t-elle, comme j’ai eu peur… Cette femme est venue à moi, dit-elle, elle tenait cette seringue à la main.
— Le docteur demande que vous fassiez tout de suite cette piqûre au 8, m’a-t-elle dit. Je ne la connaissais pas. J’ai répondu que j’allais demander au docteur, car il m’avait laissé des instructions précises… Alors, elle a braqué son revolver et a dit que si je refusais d’obéir…
La donzelle au flingue n’en mène pas large.
Thérèse non plus, dans son lit.
— Regarde, dis-je à la fausse infirmière, je vous ai possédée pour une fois. Cette histoire de blessée, c’était des charres. Un piège dans lequel tu es tombée…
« Laissez-nous, fais-je à l’autre infirmière et à la mère Pellegrini, cette dame et moi avons à parler… A parler très sérieusement ! »
Elles quittent la chambre.
Je joue négligemment avec les deux feux.
— Tu travailles pour le compte des Bunks, n’est-ce pas ? je demande.
Motus.
Je me demande ce qu’ils leur font prendre comme sérum de silence, dans cette bande de pieds nickelés ! Pas moyen de la leur faire ouvrir…
Tant pis pour eux, depuis mon coup de la môme Rachel, je suis devenu un extrémiste.
— Très bien, on va continuer le nettoyage, décidé-je… J’y mettrai le temps, mais je finirai par vous posséder tous, ma petite !
Je la plaque sur le lit de deux beignes corsées. Puis, au moyen des draps je l’attache solidement.
Cela fait, j’empoigne la seringue.
— C’est toi qui vas en profiter, trésor…
Elle se crispe ; son visage devient d’un sale gris. Je lui relève ses jupes. Elle a des guiboles présentables, bien moulées… Des fesses dures, en pomme…
Je plante l’aiguille dans le gras de la cuisse. Elle frémit.
— Bon, dis-je, cette fois, on peut discuter. Tu parles ou j’appuie sur la seringue ; je crois que tu saisis parfaitement, non ?
— Oui, souffle-t-elle.
— Tu es française ?
Je préfère commencer par une question anodine afin de la mettre progressivement dans le circuit.
— Oui.
— Tu fais partie de l’équipe aux Bunks ?
— Oui.
— Tu sais où on a embarqué l’attaché russe ?
— Je ne suis pas au courant…
— Bon, si tu te mets à faire la mauvaise tête !
— Mais je vous jure !
Elle a presque crié ça.
Quelque chose me pousse à croire qu’elle ne ment pas. Elle est folle de terreur, cette gonzesse, elle met les pouces. Cette fois, en voilà au moins une qui est à ma portée…