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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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On l’apprendra bien assez vite, pensa Marie, en proie à un pressentiment de plus en plus sombre.

Paris

« Mesdames et messieurs », commença Guy Blanchard face aux caméras. Il remit son oreillette d’aplomb. « C’est aujourd’hui une bonne occasion pour les Françaises, les Français, mais également pour l’Europe et le reste du monde, de découvrir que le sigle CNES ne renvoie pas seulement au Centre national d’études spatiales mais également au Centre national d’exploitation du système électrique, le centre de conduite des réseaux électriques français. Je figure en toute humilité au nombre de ses dirigeants. Sans le Centre national d’exploitation du système électrique, l’autre CNES n’aurait pas même assez d’électricité pour faire du café. »

Satisfait, il jeta un regard à la horde de journalistes qui s’amassait dans la salle de presse. Il était féru de caméras et de flashes.

« Bien entendu, la panne qui a touché toute l’Europe avant-hier soir n’a pas épargné le système français. Nous tenons à nous excuser des désagréments occasionnés aux populations contraintes à vivre sans lumière ni chauffage. Cependant, comme beaucoup ont pu entre-temps le constater, nous sommes parvenus à rétablir l’approvisionnement dans de nombreuses régions en une nuit, tout du moins partiellement, à l’inverse de nos voisins et de la plupart des pays européens. La coupure complète donne beaucoup de travail aux personnes concernées. Un exemple seulement : la France tire l’essentiel de son énergie, comme vous le savez, du nucléaire. Remettre en marche les réacteurs en un temps si court n’a pas été une tâche aisée pour les responsables, mais cela a été fait de façon exemplaire.

— Monsieur Blanchard », résonna la voix de son assistante dans son oreillette.

Sans se laisser décontenancer, il poursuivit son exposé.

« Nous sommes l’un des rares pays d’Europe à y être parvenus.

— Monsieur Blanchard, c’est très important. » La voix dans son oreille l’agaça.

« En partant des réseaux français qui sont stables, il sera possible de reconstituer ceux du reste de l’Europe.

— Arrêtez la conférence de presse. C’est une urgence. »

Quelle urgence ? pensa-t-il avant de dire à son auditoire : « C’est tout pour l’instant. Je vous remercie pour votre présence. »

Des questions surgirent de toutes parts. Sans y prêter attention, il quitta le pupitre et se hâta vers la pièce voisine.

Son assistante le reçut les yeux écarquillés.

Blanchard l’apostropha. « Si ce n’est pas au moins le président de la République en personne, vous pouvez dire adieu à votre travail.

— C’est bien pire, répondit-elle. Vous devez immédiatement aller en haut, dans la salle de conduite.

— Que se passe-t-il ? Dites-le moi, enfin !

— Ils n’en savent rien. C’est bien le problème. »

Blanchard prit l’ascenseur.

Dans la salle garnie de moniteurs et dont les postes de travail étaient pleins d’écran, les opérateurs discutaient frénétiquement. Quelques-uns se penchaient devant les ordinateurs sur les bureaux et regardaient les écrans. D’autres téléphonaient nerveusement. On voyait sur le grand mur la situation des dernières heures. Quelques régions rouges, d’autres vertes. Tous les écrans des postes de travail étaient bleus.

Ses jambes étaient en coton.

Décontenancé, Turner regardait le podium vide d’où Blanchard avait si brusquement disparu, sans répondre aux questions.

« Que s’est-il encore passé ? » demanda-t-il à Shannon.

Les autres journalistes n’avaient pas l’air moins désemparés. Un brouhaha de questions et de suppositions remplit la pièce. Des voix isolées posaient des questions haut et fort, demandaient à voir les responsables. Le podium restait vide. Après quelques minutes, les journalistes commencèrent à remballer leurs affaires. Shannon et Turner en firent de même. En sortant, la plupart d’entre eux disaient du mal de cette prestation de communication aussi dénuée de professionnalisme. Shannon ne pipait mot. Elle n’aurait su dire pourquoi, mais elle avait le sentiment que la fin abrupte des louanges autosatisfaites de Blanchard dissimulait quelque chose. Un homme de sa trempe aime les caméras et la publicité. Il fallait une raison sérieuse pour qu’il y renonçe si rapidement. Ils n’avaient pas encore atteint la sortie que le pressentiment de Shannon se renforça. Ils entendirent les klaxons des voitures venant de l’extérieur, et elle vit à travers les portes vitrées de l’entrée des gens sur le trottoir, allant et venant, discutant en faisant de grands gestes, certains tapant nerveusement sur leurs téléphones portables.

Dehors, la journée était grise, il soufflait un vent froid et désagréable. Shannon n’eut pas besoin de chercher longtemps pour découvrir la cause de cette agitation. Aucune des vitrines n’était éclairée, les feux de circulation ne fonctionnaient plus. Les autos formaient déjà un embouteillage.

« Rien de neuf, soupira Turner. Ce type ne vient-il pas d’expliquer que tout cela était du passé ?

— O.K., nous retournons à l’intérieur, proposa Shannon. Ils nous doivent bien une explication. »

Elle fit volte-face en direction du bâtiment et vit les vigiles en verrouiller les portes.

Ischgl

Après le petit-déjeuner, ils s’étaient assis sur le banc devant le chalet. Qui n’avait pas de place s’installait dans une chaise longue. Angström trouvait la situation irréelle. Mais que pouvaient-ils faire d’autre ? Geindre et se lamenter ne serait d’aucune aide. L’ambiance était tendue. Ils avaient vite renoncé à ce qu’ils s’étaient promis le matin même pour, finalement, commander une bouteille de prosecco. Seuls elle et Manzano ne buvaient pas. Van Kaalden et Terbanten préparait une sortie en skis de fond pour l’après-midi. Angström pensa qu’elles ne seraient plus en état de faire quoi que ce soit, une fois débouchée la troisième bouteille.

Vers midi, deux hommes en uniforme s’approchèrent d’eux, se faufilant entre les chalets.

« Piero Manzano et Sonja Angström ? » demanda le plus petit des deux.

Angström se redressa. Manzano se présenta.

« Nous sommes de la police. Nous venons vous chercher. Dans la vallée, un hélicoptère se tient prêt à décoller. »

Les bavardages des hôtes cessèrent. Ils allèrent chercher leurs bagages dans le chalet. Angström prit congé de ses amies, qu’elle serra dans ses bras.

« Bonne semaine, leur souhaita-t-elle.

— Bon retour. »

Elle lut sur leurs visages l’angoisse et l’inquiétude qu’elles avaient jusqu’alors conjurées en buvant. Cette séparation faisait tout ressurgir. Elle observa la manière qu’avait Manzano d’enlacer le vieux Bondoni. Elle ne pensait pas ces deux hommes capables de cela. Sans doute étaient-ils conscients de la gravité de cet instant.

« Et je peux vraiment te laisser ici ? lui demanda Manzano.

— Je ne suis pas seul, mais en charmante compagnie. »

Manzano se tourna vers Lara. « Est-ce O.K. s’il reste ici ? Vous vous étiez sans doute imaginé vos vacances autrement… »

Lara Bondoni posa le bras sur les épaules de son père. « Je le vois bien trop rarement. C’est juste dommage que vous deviez partir. »

Elle se sépara de son père et enlaça Manzano.

« Bonne chance ! »

Saint-Laurent-Nouan

Yves Marpeaux, à la tête de l’une des trois équipes de la centrale nucléaire, se tenait en retrait. L’attachée de presse et le directeur de la centrale étaient présents. Le poste de contrôle clignotait comme un sapin de Noël. Presque tous les employés se tenaient devant les écrans avec de gros manuels ouverts, cherchant des explications aux messages d’erreur. Le chef de quart passait entre eux, discutait ici, donnait des instructions là. Puis il téléphona. Finalement, il alla vers Marpeaux et le directeur.

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