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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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Pensif, l’ingénieur Emilio Dani hocha la tête. Le docteur Ugo Livasco regarda le directeur avec une expression figée, avant de prendre la parole.

« Je comprends vos préoccupations. Mais il serait possible que celui qui a fait ça, qui que ce soit, ait commis la même chose dans les autres pays. Nous nous devons de les avertir.

— Mais ces gratte-papiers de Bruxelles…

— Europol est à La Haye, corrigea Livasco.

— Peu importe ! Ils n’ont rien de mieux à faire que de fanfaronner pour faire parler d’eux ! Tedesci enrageait. Je vais de ce pas appeler mon ami, le président du Conseil. C’est à lui de décider ce qu’il faut faire. Ça relève de la sécurité de l’État. »

Le visage de Livasco s’assombrit. Un discret sourire s’esquissa sur ses lèvres. « Je crains que ça ne relève pas de ses attributions. Mais appelez donc votre ami. Quant à moi, je téléphone à Europol.

— Vous dépendez bien du ministère de l’Intérieur ? questionna Tedesci.

— Bien entendu. Il en sera également informé. Puis il en informera à son tour le président du Conseil.

— Je crains que vous ne me compreniez pas. Tenez-vous à poursuivre votre carrière dans la police ? »

Le sourire de Livasco se fit sarcastique. Il fixa le directeur. « On verra bien laquelle de nos carrières continuera. »

Curazzo observa un collaborateur de Solarenti lui murmurer quelque chose à l’oreille. Le chef du management de crise se dirigea vers eux. Tedesci l’attendait, la mine sombre.

« J’ai encore une bonne nouvelle », fit Solarenti en jetant un regard aux deux policiers et désignant un graphique vert représentant le réseau.

« Les codes ont dû être transmis au système par l’intermédiaire des compteurs, d’où ils se sont peu à peu propagés à tout le pays. »

Des champs rouges s’étendaient sur le réseau, à partir de trois épicentres, pour se confondre et toucher toutes les lignes.

« En raison de la signature horodatée du log, on pourrait remonter au début de cette propagation et identifier les compteurs à l’origine de tout ça. »

La couleur rouge se retira jusqu’à ne laisser que trois points rouges dans tout le pays.

« Est-ce à dire, demanda Livasco, que nous connaissons les trois points précis où les agresseurs ont libéré le signal ? »

Solarenti acquiesça. « Chacune des adresses. Trois en tout. »

Deuxième jour — dimanche

Turin

« Nous y sommes », dit Valerio Binardi. Devant lui une lourde porte d’entrée en chêne. À côté, une sonnette sans nom. Derrière lui, six hommes du Groupe central d’opérations de sécurité, ou NOCS, l’unité antiterroriste de la police d’État italienne. Gilets pare-balles, fusils automatiques en joue, bélier.

Six autres attendaient aux fenêtres ouvertes de l’appartement du dessus, prêts à descendre en rappel dans le domicile de l’étage inférieur en passant par les fenêtres. À l’intérieur et sur les toits des bâtiments d’en face étaient postés six tireurs d’élite équipés de viseurs infrarouges. Des troupes étaient positionnées dans l’entrée et autour du pâté de maisons. Le poste de commandement mobile et les véhicules d’intervention étaient garés au coin de la rue.

Le top action arriva par radio.

Le bélier fit sortir la porte de ses gonds. Immédiatement, des grenades assourdissantes explosèrent dans le couloir. Il faisait sombre dans l’appartement. Binardi courut jusqu’à la première porte et l’ouvrit. Les toilettes. Personne. La seconde. La salle de bain. Personne. Celle du salon était ouverte. Ses collègues venaient d’y entrer par les fenêtres. Derrière lui, il entendit le piétinement des rangers. Quelques rapides regards à travers le salon. Il n’y avait personne. Un canapé et quelques étagères. Encore deux portes closes. Binardi d’un côté avec son équipe, la seconde équipe de l’autre. Une chambre avec un lit superposé. De l’étage supérieur, des yeux d’enfants réveillés en sursaut regardaient le policier. Instinctivement, il pointa son arme. Le petit se mit à crier. Puis un second dans le lit du dessous. Rapidement, Binardi regarda autour de lui, couvrit son collègue qui avait déjà bondi vers le lit, regardait dessous, soulevait les couvertures. Personne d’autre dans la chambre. Ils gardèrent leurs armes en joue. Les enfants se tapirent en criant dans les recoins les plus profonds de leurs couches.

Vingt secondes plus tard, Binardi entendit l’annonce suivante dans l’oreillette de son casque : « Deux adultes dans une chambre, manifestement, on les a réveillés. Personne d’autre.

— Sécurisé », répondit Binardi. Il sentit décroître le flot d’adrénaline qui parcourait son corps.

De toute évidence, ils auraient pu se contenter de sonner à la porte.

La Haye

Bollard éteignit le vidéoprojecteur. Depuis la nuit dernière, il était évident qu’il leur fallait économiser la moindre goutte de diesel du générateur de secours.

Après sa conversation téléphonique avec ses collègues italiens et suédois, il était rentré chez lui, non sans avoir communiqué son numéro de téléphone. Il était allé au lit dans sa chambre glaciale, nourrissant l’espoir de recevoir, au cours de la journée suivante, l’annonce de la fin de l’alerte. La sonnerie du téléphone le tira d’un sommeil sans rêves à quatre heures du matin. Les Suédois d’abord, puis les Italiens moins d’une demi-heure plus tard. Dans les deux pays, on avait constaté des manipulations des signaux dans les compteurs.

Ça ne faisait pas bien longtemps que les dangers des compteurs communicants donnaient lieu à de houleux débats. Selon la plupart des experts, ces systèmes étaient trop compliqués et suffisamment protégés pour être vulnérables sur de longues périodes et dans de grandes proportions. L’ensemble des réseaux électriques européens correspond au critère n-1. Ainsi, à chaque instant, un des ouvrages électriques peut tomber en panne — un transformateur, une ligne, une centrale — sans pour autant que les autres soient surchargés. En aucun cas ce type d’incident ne doit empêcher le courant de transiter. En raison d’importants défauts, ou d’intempéries, plusieurs de ces incidents peuvent avoir lieu en même temps. Malgré tous les règlements et les mesures de précaution, les manquements humains peuvent également conduire à des accidents. Et provoquer alors des pannes électriques. Jusqu’à nos jours, très rares ont été en Europe les attaques suivies de conséquences commises contre la distribution d’électricité. Ce genre d’opérations a très largement émané de mouvements nationaux extrémistes, comme au cours de la « nuit de feu », dans le Tyrol du Sud. Mais, en ce moment, c’était autre chose.

Trente minutes plus tard, Bollard était assis à son poste de travail. Il prévenait tous ceux qu’il pouvait joindre. Pendant ce temps-là, les bureaux italien et suédois envoyèrent un compte-rendu de leurs premières découvertes. À sept heures, une grande partie de l’équipe s’était réunie. Il ne manquait que le directeur d’Europol, Carlos Ruiz. L’Espagnol s’était envolé jeudi pour un sommet d’Interpol à Washington. Il participait à la réunion grâce à une ligne téléphonique d’appoint.

« Nous devons mettre en place une action coordonnée, annonça Bollard. Les collègues suédois et italiens ont chacun identifié trois points d’entrée dans le réseau. Les unités spéciales d’intervention peuvent examiner les logements concernés sous deux heures. Les investigations sur les occupants, ou les précédents, tournent à plein régime. À l’issue de cette réunion, on informera officiellement la Commission européenne, Interpol et les autres administrations, selon la procédure. »

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