Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]
- Автор: Азимов Айзек
- Серия: Fondation #5
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-30438-8
- Переводчик: Jean Bonnefoy
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]». Краткое содержание книги:
— Merci, monsieur Kendray. Il n’y aura pas de problème. Je vous le garantis. »
Chapitre 4
Sur Comporellon
13.
Ils étaient passés. La station d’entrée avait diminué pour n’être plus qu’une étoile de plus en plus pâle derrière eux, et d’ici deux heures, ils allaient traverser la couche de nuages.
Un vaisseau gravitique n’a pas besoin de ralentir l’allure en décrivant avec lenteur une longue spirale descendante mais il ne peut pas non plus dégringoler en piqué. Être libéré de la pesanteur ne signifie pas être libéré de la résistance de l’air. Le vaisseau pouvait descendre en ligne droite mais il convenait néanmoins d’être prudent : il ne fallait pas aller trop vite.
« Où allons-nous nous poser ? » demanda Pelorat, l’air perplexe. « Je suis incapable de m’y retrouver au milieu de tous ces nuages, mon bon ami.
— Moi pas plus que vous, dit Trevize, mais je dispose d’une carte holographique officielle de Comporellon qui me donne le contour des masses continentales ainsi qu’un tracé en relief accentué des massifs montagneux et des fonds marins – sans parler également des découpages politiques. La carte est dans l’ordinateur et tout va marcher tout seul. Le calculateur va faire correspondre le contour des côtes de la planète avec la carte, de manière à orienter convenablement le vaisseau, puis il nous mènera jusqu’à la capitale en suivant une trajectoire en forme de cycloïde.
— Si nous nous rendons à la capitale, nous plongeons aussitôt dans le tourbillon politique. Si la planète est anti-Fondation, comme le sous-entendait le gaillard de la station d’entrée, nous courons au-devant des ennuis.
— D’un autre côté, elle a toutes chances d’être le centre intellectuel de la planète et, si nous désirons des informations, c’est là que nous les trouverons et nulle part ailleurs. Quant à être anti-Fondation, je doute qu’ils seront en mesure de le montrer trop ouvertement. Le Maire ne m’aime peut-être pas beaucoup mais elle ne peut pas non plus se permettre de voir un conseiller maltraité. Elle n’aura pas envie de voir s’établir un précédent. »
Joie venait d’émerger des toilettes, les mains encore humides de leur passage à l’eau. Elle rajusta ses sous-vêtements sans aucune trace de gêne et dit : « Au fait, je suppose que les excréments sont entièrement recyclés.
— Pas le choix, répondit Trevize. A votre avis, combien de temps dureraient nos réserves d’eau sans recyclage des déchets ?
Et sur quoi, d’après vous, poussent ces gâteaux à l’agréable parfum de levure que nous mangeons pour donner du piment à nos portions congelées ?… J’espère que ça ne vous coupera pas l’appétit, ma compétente Joie.
— Pourquoi ça ? D’où viennent à votre avis la nourriture et l’eau, sur Gaïa, ou sur cette planète, ou sur Terminus ?
— Sur Gaïa, dit Trevize, les excréments sont bien entendu aussi vivants que vous.
— Pas vivants. Conscients. Il y a une différence. Le niveau de conscience est naturellement très bas. »
Trevize renifla avec dédain mais ne chercha pas à répondre. Il lança : « Je vais dans le poste de pilotage tenir compagnie à l’ordinateur. Non pas qu’il ait besoin de moi. »
— Pouvons-nous venir vous aider à lui tenir compagnie ? s’enquit Pelorat. Êtes-vous sûr qu’il peut nous faire atterrir à lui tout seul ? Est-ce qu’il va détecter les autres vaisseaux, les tempêtes, les… enfin, je ne sais pas ?
Trevize afficha un large sourire : « Le vaisseau est bien plus en sécurité sous le contrôle de l’ordinateur que sous le mien… Mais certainement, venez. Ça vous fera du bien de voir comment ça se passe. »
Ils étaient à présent du côté éclairé de la planète car, comme l’expliqua Trevize, il était plus facile de faire correspondre la carte de l’ordinateur avec le terrain réel à la lumière que dans l’obscurité.
« C’est évident, remarqua Pelorat.
— Pas si évident que ça. L’ordinateur évalue tout aussi rapidement à l’aide des infrarouges qu’émet la surface même dans l’obscurité. Toutefois, les longueurs d’ondes plus élevées des infrarouges ne lui permettent pas une résolution aussi fine que ne l’autoriserait la lumière visible. Si vous voulez, l’ordinateur ne voit pas avec autant de finesse et d’acuité dans l’infrarouge, et quand nécessité ne fait pas loi, j’aime autant, dans la mesure du possible, lui faciliter la tâche.
— Et si la capitale se trouve sur le côté obscur ?
— Il y a une chance sur deux, répondit Trevize, mais si tel est le cas, une fois la corrélation établie côté éclairé, nous pourrons descendre en rase-mottes jusqu’à la capitale sans dévier du bon cap même si elle se trouve dans la nuit. De plus, bien avant d’être à proximité, nous intercepterons des faisceaux de micro-ondes et recevrons des messages destinés à nous diriger sur l’astroport le plus adéquat… Il n’y a aucun souci à se faire.
— En êtes-vous sûr ? demanda Joie. Vous me faites descendre sans papiers et sans planète natale reconnue par ces gens – et je suis bien décidée à ne jamais leur mentionner Gaïa, sous aucun prétexte. Alors, que fait-on si l’on me demande mes papiers une fois que nous serons à la surface ?
— Cela a peu de chances de se produire. Tout le monde supposera que l’affaire a été réglée à la station d’entrée.
— Mais s’ils demandent ?
— Eh bien, en temps opportun, nous ferons face au problème. Dans l’intervalle, inutile de s’en inventer.
— Lorsque nous serons en face des problèmes susceptibles d’apparaître, il pourrait bien être trop tard pour les résoudre.
— Je compte sur mon astuce pour éviter qu’il soit trop tard.
— A propos d’astuce, comment avez-vous réussi à nous faire franchir la station d’entrée ? »
Trevize regarda Joie puis laissa lentement se dessiner sur ses lèvres un sourire qui lui donnait l’air d’un adolescent frondeur. « Juste un peu de cervelle.
— Comment avez-vous fait, mon garçon ? demanda Pelorat.
— Il s’agissait de le séduire de la manière adéquate. J’avais essayé la menace puis le pot-de-vin discret. J’avais fait appel à sa logique et à sa fidélité à la Fondation. Rien à faire. Alors, en dernier ressort, je lui ai raconté que vous trompiez votre épouse, Pelorat.
— Mon épouse ? Mais, mon bon ami, je n’ai point d’épouse à l’heure actuelle.
— Je sais, mais pas lui.
— Par “ épouse ”, s’enquit Joie, je suppose que vous voulez parler d’une femme qui est la compagne régulière d’un homme en particulier.
— Un petit peu plus que cela, Joie, dit Trevize. Une compagne légale, qui jouit de droits applicables en vertu de cette compagnie.
— Joie, intervint Pelorat, nerveux, je n’ai pas d’épouse. J’en ai eu une de temps à autre dans le passé, mais je n’en ai plus depuis un bon bout de temps. Si vous vouliez bien accepter de subir le rituel légal…
— Oh ! Pel », dit Joie en balayant la question d’un mouvement de la main, « pourquoi m’en préoccuperais-je ? J’ai d’innombrables compagnons qui me sont aussi proches que votre bras droit est proche compagnon du gauche. Il n’y a que les Isolats qui se sentent aliénés au point de devoir recourir à des conventions artificielles pour donner force de loi à un bien faible substitut à ce compagnonnage authentique.
— Mais moi, je suis un Isolat, Joie chérie.
— Vous le serez moins un jour, Pel. Jamais franchement Gaïa, peut-être, mais moins Isolat, sûrement, et vous aurez alors une flopée de compagnes.