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Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]

Электронная книга - «Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]». Краткое содержание книги:

Mission surhumaine pour Golan Trevize : choisir le meilleur avenir pour l’humanité. Un avenir qui ne recréera pas les erreursde l’Empire galactique, entre le matérialisme de la Première Fondation et le mentalisme de la Seconde. Un avenir qui a pour modèle Gaïa, la planète pensante, et pour nom : Galaxia. Trevize a choisi mais il voudrait savoir pourquoi. Et la réponse à ses interrogations se trouve sur la Terre. Mais où la trouver, cette planète des origines, mystérieusement disparuede toutes les archives galactiques ? Trevize et ses deux compagnons, l’historien Pelorat et Joie, la belle Gaïenne, deviennent, bien malgré eux, trois personnagesen quête de Terre... Une quête qui va les mener de planète en planètejusqu’à ce but mythique, jusqu’à la révélation finale, qui leur fera découvrir que l’aventurene fait que commencer.
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Il appela un taxi en pianotant comme destination la simple mention : « Centre ville. »

Un véhicule vint glisser jusqu’à eux sur ses skis diamagnétiques, oscillant légèrement sous les rafales de vent, tremblant sous la vibration de son moteur pas tout à fait silencieux. Il était gris sombre avec l’insigne blanc des taxis sur les portes arrière. Son chauffeur était vêtu d’un manteau noir et d’un bonnet de fourrure blanc.

Émergeant soudain, Pelorat remarqua in petto : « Le décor de cette planète semble être en noir et blanc.

— Il se peut que ce soit plus riant dans le centre. »

Le chauffeur leur parla par un petit micro, peut-être pour éviter d’avoir à descendre la vitre. « On va en ville, les gars ? »

Son galactique à l’accent un rien chantant n’était pas déplaisant et facile à comprendre – toujours un soulagement sur une planète nouvelle.

« C’est exact », dit Trevize, et la porte arrière s’ouvrit en coulissant.

Joie entra, suivie de Pelorat, puis de Trevize. La porte se referma et une bouffée d’air chaud les submergea.

Joie se frotta les mains et poussa un long soupir de satisfaction.

Le taxi démarra lentement et le chauffeur nota : « Ce vaisseau, là, avec lequel vous êtes arrivés, c’est un gravitique, non ?

— Vu sa façon de descendre, en douteriez-vous ? répondit Trevize, très sec.

— Alors, il vient de Terminus ? poursuivit le chauffeur.

— Connaissez-vous une autre planète capable d’en construire un ? »

Le chauffeur sembla digérer cette réponse tandis que le véhicule prenait de la vitesse. Puis il reprit : « Vous répondez toujours à une question par une question ? »

Trevize ne put résister : « Pourquoi pas ?

— En ce cas, comment me répondriez-vous si je vous demandais si vous vous appelez Golan Trevize ?

— Je répondrais : qu’est-ce qui vous fait demander ça ? »

Le chauffeur arrêta son taxi à la périphérie du spatioport et répondit : « La curiosité ! Et je vous repose la question : êtes-vous Golan Trevize ? »

La voix de ce dernier devint guindée, hostile : « De quoi vous mêlez-vous ?

— Mon ami, dit le chauffeur, nous ne bougerons pas d’ici tant que vous n’y aurez pas répondu. Si vous n’y répondez pas clairement par oui ou par non d’ici deux secondes, je coupe le chauffage dans le compartiment arrière et nous continuerons de patienter. Êtes-vous Golan Trevize, conseiller de Terminus ? Si vous répondez par la négative, il vous faudra me présenter vos papiers d’identité.

— Oui, je suis Golan Trevize, répondit l’interpellé, et au titre de conseiller de la Fondation, j’escompte être traité avec toute la courtoisie due à mon rang. Dans le cas contraire, vous vous mettez dans de très mauvais draps, mon ami. Et maintenant ?

— Maintenant, nous pouvons poursuivre dans un climat moins tendu. « Le taxi se remit en route. » Je choisis mes passagers avec soin et j’avais escompté embarquer deux hommes uniquement. La femme constituait une surprise et j’aurais pu commettre une erreur. En fait, tant que je vous ai sous la main, je peux vous laisser m’expliquer sa présence, le temps que nous gagnions votre destination.

— Vous ignorez ma destination.

— Eh bien, non, justement. Vous vous rendez au ministère des Transports.

— Je n’ai aucunement l’intention de m’y rendre.

— Cela n’a pas la plus petite importance, conseiller. Si j’étais chauffeur de taxi, je vous emmènerais où vous désirez aller. Ne l’étant pas, je vous emmène où moi je veux vous emmener.

— Pardonnez-moi, dit Pelorat en se penchant en avant, vous avez tout à fait l’air d’un chauffeur de taxi. Vous en conduisez un.

— N’importe qui pourrait conduire un taxi. Tout le monde n’a pas la licence pour le faire. Et toutes les voitures qui ressemblent à des taxis ne sont pas des taxis.

— Cessons de jouer aux énigmes, intervint Trevize. Qui êtes-vous et que faites-vous ? Rappelez-vous que vous devrez en rendre compte à la Fondation.

— Pas moi, rectifia le chauffeur. Mes supérieurs, peut-être. Je suis un agent des forces comporelliennes de sécurité. J’ai ordre de vous traiter avec tout le respect dû à votre rang, mais vous devez vous rendre là où je vous emmène. Et faites très attention à vos réactions car ce véhicule est armé et j’ai également ordre de me défendre contre toute attaque.

16.

Ayant atteint sa vitesse de croisière, le véhicule progressait en souplesse dans un silence absolu, et Trevize restait figé dans un silence tout aussi absolu. Sans avoir à tourner la tête, il était conscient du regard que lui jetait de temps en temps Pelorat, le visage rempli d’incertitude, un regard qui disait : « Bon, alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Je vous en prie, dites-le-moi. »

Un bref coup d’œil à Joie, tranquillement assise, lui indiqua qu’elle semblait apparemment insouciante. Mais enfin, elle représentait un monde entier à elle toute seule. Même si elle se trouvait à des distances galactiques, Gaïa tout entière était nichée sous sa peau. Elle avait des ressources susceptibles d’être mobilisées en cas d’alerte.

Mais que s’était-il donc passé ?

Sans aucun doute, le fonctionnaire de la station d’entrée, suivant la routine, avait transmis son rapport – en omettant Joie –, rapport qui avait éveillé l’intérêt de la Sécurité et, détail incongru, du ministère des Transports. Pourquoi ?

On était en temps de paix et il n’avait connaissance d’aucune tension spécifique entre Comporellon et la Fondation. Lui-même était un important fonctionnaire de la Fondation…

Minute, il avait dit au fonctionnaire du poste d’entrée – Kendray, c’était son nom – qu’il avait une mission importante auprès du gouvernement comporellien. Il avait bien insisté là-dessus, dans sa tentative de franchir le barrage. Kendray devait également l’avoir signalé, soulevant fatalement toutes sortes de curiosités.

Il aurait dû prévoir cela.

Qu’en était-il de son don supposé de prévoir juste ? Commençait-il à se prendre pour la boîte noire que Gaïa voyait en lui – ou prétendait voir en lui ? Était-il en train de s’enfoncer dans un bourbier, guidé par un excès de confiance né de la superstition ?

Comment avait-il pu un seul instant se laisser piéger par cette absurdité ? Ne s’était-il jamais trompé de sa vie ? Connaissait-il le temps du lendemain ? Gagnait-il de grosses sommes aux jeux de hasard ? La réponse était non, non et non.

Dans ces conditions, était-ce uniquement dans le cas de choses vastes, informelles, qu’il avait toujours raison ? Comment savoir ?

Au diable tout cela ! Après tout, le seul fait qu’il ait déclaré avoir une importante mission d’État – non, c’était de « sécurité de la Fondation » qu’il avait parlé…

Eh bien, dans ce cas, le seul fait que sa présence fût justifiée par la sécurité de la Fondation, au terme d’un voyage secret, non annoncé, aurait sans aucun doute attiré leur attention… Certes, mais jusqu’à ce qu’ils sachent au juste de quoi il retournait, sans doute auraient-ils agi avec la plus extrême circonspection. Se montrant cérémonieux et le traitant comme un haut dignitaire. Il eût été hors de question de l’enlever et d’employer la menace.

Or, c’était très exactement ce qu’ils étaient en train de faire. Pourquoi ?

Qu’est-ce qui leur donnait assez d’assurance pour traiter de cette façon un conseiller de Terminus ?

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